De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé le village de Qlailé, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. Photo Kawnat HAJU / AFP
Israël s'est acharné samedi sur les cazas de Saïda, Nabatiyé et Tyr au Liban-Sud, au lendemain de la prolongation de 45 jours de la trêve au terme de la deuxième journée de négociations directes entre les délégations libanaise et israélienne à Washington. Le Hezbollah, lui, semble avoir baissé la cadence de ses attaques.
Samedi matin, Israël a diffusé un ordre d'évacuation de neuf villages situés dans les cazas de Saïda et Nabatiyé qui ne se trouvent pas dans la « zone tampon », avant de poursuivre ses frappes dans le reste du Liban-Sud, notamment dans la région de Tyr. Il s'agit notamment des villages de Qaaqaïyet al-Snoubar, Kaouthariyet al-Sayyad, Marwaniyé, Ghassaniyé, Teffahta, Arzi (Saïda), Babiliyé, Ansar (Nabatiyé), Baïssariyé.
Exode massif depuis Nabatiyé et Saïda
L'armée israélienne a par la suite annoncé avoir lancé des frappes « contre des infrastructures du Hezbollah dans le sud du pays ». Notre correspondant Mountasser Abdallah a rapporté une série d'attaques sur les régions de Nabatiyé et Saïda, précédées d'un mouvement d'exode massif des habitants. Les forces israéliennes se sont également acharnées sur le caza de Tyr, où elles ont bombardé de nombreuses localités.
L'armée de l’État hébreu a aussi affirmé avoir « éliminé des combattants du Hezbollah alors qu'ils opéraient depuis une zone où des roquettes avaient été tirées en direction du territoire israélien, au Liban-Sud ». Elle a parallèlement effectué de nombreuses frappes sur le caza de Bint Jbeil, notamment près de l'hôpital de Tebnine, tandis qu'une personne a été tuée et que deux autres ont été blessées dans une attaque aérienne contre cette même localité. Une autre frappe entre les villages de Srifa et Hariss (Bint Jbeil), a fait un mort et deux blessés. Enfin, deux personnes ont été tuées dans des raids sur Chehabiyé (Tyr), ainsi que sur des villages du caza de Marjeyoun, notamment à Majdel Selm.
Avant ces frappes, un calme précaire régnait depuis la veille à minuit sur l’ensemble des localités du Liban-Sud, sans qu’aucune violation ni survol d’avions de guerre israéliens ou de drones n’aient été signalés.
Des dizaines de blessés vendredi à Tyr
Vendredi, l'aviation israélienne avait bombardé plusieurs quartiers du nord de Tyr et des localités avoisinantes. Selon l'AFP, 37 personnes ont été blessées vendredi soir dans des frappes sur une zone résidentielle de Tyr, qui ont été précédées d'ordres d'évacuation.
Selon notre correspondant, une de ces attaques, qui a blessé au moins 23 personnes, a été particulièrement traumatisante après que les habitants ont pris une frappe d'avertissement pour le bombardement annoncé par l'armée israélienne. Dans les faits, un avion de chasse a d’abord tiré un missile d’avertissement sur le bâtiment menacé. Après que les habitants se sont éloignés d’environ 1 000 mètres du lieu touché, le missile a explosé, poussant les habitants, les personnes présentes et les secouristes qui attendaient sur place à croire que la frappe avait déjà été exécutée.
Plusieurs habitants ainsi que des équipes de secours et d’ambulances sont revenus vers le bâtiment pour comprendre ce qui s’était passé, mais l’aviation israélienne a effectué à ce moment-là sa véritable frappe, détruisant complètement l'immeuble. Des éclats de verre et de pierres ont alors été projetés en direction des habitants qui se dirigeaient encore vers les lieux.
Les attaques du Hezbollah en baisse
De son côté, et alors qu'il avait revendiqué 33 attaques vendredi contre des positions de l'armée israélienne au Liban-Sud, le Hezbollah n'a fait état que de dix attaques jusqu'à samedi après-midi. Il a ainsi affirmé avoir pris pour cible un rassemblement de soldats israéliens dans la localité de Khiam (Marjeyoun), des véhicules militaires à Taybé (Marjeyoun), des soldats israéliens à Naqoura (Tyr) ainsi que le site de Blat (Marjeyoun).
Cette baisse des activités militaires du Hezbollah intervient au lendemain de la prolongation du cessez-le-feu de 45 jours, au terme de la 3e séance de négociations directes entre le Liban et Israël à Washington. La veille, Mahmoud Comati, membre du Conseil politique du Hezbollah, avait dénoncé un « complot » contre le parti, tandis que le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite Amal-Hezbollah, avait estimé qu'avec ces négociations, les autorités libanaises « mettent en jeu la souveraineté » du pays et que le Liban est dirigé « par un pouvoir fabriqué à Washington. »
Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars 2 969 tués et 9 112 blessés, dont 18 tués et 124 blessés au cours des dernières 24 heures.



