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Liban

Samy Gemayel : Le Liban est gouverné depuis l’étranger, l’État est lâche et soumis

Commémoration de l’assassinat de Bachir Gemayel

« Le Liban ne peut pas s’agenouiller devant le Hezbollah », affirme pour sa part Nadim Gemayel, fils du fondateur des Forces libanaises, lors de la cérémonie.


16/09/2019

Le chef des Kataëb Samy Gemayel et le député d’Achrafieh Nadim Gemayel s’en sont violemment pris, samedi, au Hezbollah, à l’occasion du 37e anniversaire de l’assassinat, le 14 septembre 1982, du fondateur des Forces libanaises Bachir Gemayel, élu à la présidence de la République 22 jours plus tôt. Ils s’exprimaient lors d’une cérémonie tenue sur les lieux de l’attentat qui a coûté la vie à Bachir Gemayel, à quelques pas de la place Sassine, à Achrafieh.

« Toutes les fautes qui ont été commises par le passé et contre lesquelles tu nous as mis en garde se reproduisent aujourd’hui. L’absence de l’État et la reddition face aux armes qui ont détruit notre pays et notre peuple sont encore là et ouvrent la voie aux armes illégitimes qui se déploient sur l’ensemble du territoire », a lancé Samy Gemayel, neveu du président assassiné, devant une assistance composée de l’ancien président de la République Amine Gemayel et des principaux cadres du parti Kataëb. Beaucoup de partisans, jeunes et moins jeunes, ont également pris part à la commémoration. Regroupés place Sassine peu avant la cérémonie, ils se sont rendus à pied vers le lieu de l’attentat, arborant des drapeaux du parti. La cérémonie a été suivie par une messe organisée à Bickfaya, fief de la famille Gemayel.

Cette année, la commémoration de l’assassinat intervient au moment où le pays fait face à une grave crise, notamment après que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, eut enflammé la scène politique locale en faisant publiquement allégeance à l’Iran lors d’un discours tenu la semaine dernière.

« Certains prennent à notre place des décisions qui concernent notre avenir. Celui qui en a décidé ainsi nous a clairement dit que les décisions relatives à la guerre et la paix sont prises à l’étranger. Notre pays est gouverné depuis l’étranger, et notre État est lâche et soumis », a dit Samy Gemayel, en allusion aux propos de Hassan Nasrallah.

S’adressant à Bachir Gemayel, le chef des Kataëb a ajouté : « Certains se livrent à de mauvais choix et se cachent derrière ton image, à l’heure des compromis, des marchés douteux et de la soumission. » « Si Bachir était encore vivant, aurait-il livré le pouvoir de décision de l’État ? Aurait-il été élu par ceux qui ne croient pas en la souveraineté du Liban et qui sont entrés dans la logique des quotes-parts, en échange de sièges en carton et en abandonnant la cause ? » s’est-il interrogé, en référence aux Forces libanaises avec lesquelles les relations ne sont pas au beau fixe depuis un moment.

« Nous suivons ton exemple. Tu nous as appris à dire la vérité, aussi difficile soit-elle, et aujourd’hui le Liban a plus que jamais besoin que la vérité soit dite », a ajouté le chef des Kataëb.


(Lire aussi : Solange Gemayel, gardienne de l’héritage de Bachir)



« L’État se débine, comme en 1975 »

Prenant également la parole lors de l’événement, Nadim Gemayel, fils du défunt, a tiré à boulets rouges sur le parti chiite. « Le Liban ne peut pas s’agenouiller devant le Hezbollah, a-t-il lancé. Le temps est venu de nous unir face aux armes illégitimes et à la tentative d’une nouvelle occupation du Liban que l’on essaye d’imposer à la nation. » « Il y a un parti qui reçoit des ordres de l’extérieur du Liban, et dont les objectifs non libanais nous imposent des choix non libanais, et l’État se débine, comme en 1975 », a estimé le député Kataëb.

« Il est temps de nous unir, partis, communautés et citoyens, face aux armes illégales et à la tentative de mettre la main sur le Liban et l’État (…) En 1975, nous avons uni nos rangs pour libérer le Liban de l’occupation palestinienne et en 2005, pour nous débarrasser des Syriens au Liban. La ligne nationale et souverainiste est fragmentée. Sans une union de nos efforts, nous ne serons pas pris au sérieux », a ajouté Nadim Gemayel, dans une volonté de dessiner une ligne directrice dans la continuité de celle adoptée par son père. « Il faut en finir avec cet État qui n’arrive pas à tenir debout », a-t-il conclu, tout en appelant les politiques à « assumer leurs responsabilités avant qu’il ne soit trop tard ».

Dans le public, plusieurs anciens combattants qui ont côtoyé Bachir Gemayel ont salué les discours à l’unanimité. Parmi eux, Roukoz Bou Moussallem, 58 ans, blessé de guerre qui se dit fier d’avoir combattu pour les Kataëb. « À travers cette commémoration, nous disons que nous sommes là et que nous respectons et maintenons l’apprentissage de Bachir Gemayel. Nous faisons face, en leur disant qu’ils ne peuvent plus nous mentir ou nous mener là où nous ne voulons pas aller. Le Liban appartient aux chrétiens et aux musulmans, c’est une des leçons de l’école Bachir Gemayel », a souligné M. Bou Moussallem.

Michel Raggi, chef du bureau des Kataëb à Achrafieh, a pour sa part estimé que les défis qui se posent aujourd’hui aux Kataëb sont les mêmes que ceux pour lesquels le parti se battait durant la guerre civile. « Le contexte politique a certes changé, mais les défis sont les mêmes. Ce qui a changé, ce sont les partis qui étaient sur la scène politique depuis 1975 et jusqu’à nos jours. Nous avons combattu l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), puis les Syriens. Aujourd’hui, on assiste aux mêmes comportements, mais on est passé des Palestiniens et des Syriens aux Iraniens », a indiqué M. Raggi.


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LA VERITE

Dans ce pays CHAMOUN GEMAYEL ET EDDE ont represente les Chretiens du Liban et ont fait face a toutes les attaques venant des 'etrangers' refugies au Liban

Ils avaient avec eux des soutiens de puissances occidentales qui avaient a coeur le Liban et pas son asservissement

Aujourdh'ui il reste les Gemayel qui veulent dire tout leur amour pour un Liban libre et independant mais ils sont ecrases malheureusement par des Aoun, des Bassil, et meme des Geagea qui en fait ne luttent plus pour un Liban independant mais pour une chaise et un pouvoir qui s'effritte de jour en jour

ATTENTION AU JOUR OU LES CHIITES DIRONT 33% chiites 33% sunnites et 33% tous chretiens confondus et demanderont un changement des lois ( base sur les religions des leaders ) qui regissent ce pays

CHRETIENS DU LIBAN REVEILLEZ VOUS AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD ET SUIVEZ LA VOIE DE BACHIR GEMAYEL MEME AU RISQUE DE VOTRE VIE

Amère Ri(s)que et péril.

MERCI D'AVOIR PUBLIÉ MA COMPLAINTE , ÇA VOUS FAIT UNE PUB GRATUITE , D'AUTANT PLUS QUE MON COMMENTAIRE N'ÉTAIT NI INSULTANT NI DÉPLACÉ.

JE VOUS METS AU DÉFI DE LE PUBLIER POUR QUE LES INTERNAUTES PUISSENT EN JUGER .

À MOINS QUE VOUS FASSIEZ LA PREUVE DE VOTRE PARTIALITÉ.

Honneur et Patrie

Hassan Nasrallah n'est pas chez lui au Liban même s'il y vit dans un bunker à 20.000 lieues sous la terre. Sayed Hassan est un homme de guerre tandis que le Liban n'est en guerre avec personne. Il perd son temps à faire des discours. Je lui conseille sincèrement d'emporter toute sa quincaillerie guerrière hors du Liban vers le pays qu'il souhaite et faire des guerres à qui il veut à travers le monde loin, très loin du Liban.

Amère Ri(s)que et péril.

JE NE M'EXPLIQUE PAS POURQUOI ON NE PUBLIE PAS.

Y A T'IL DES SUJETS QUE VOUS JUGEZ SACRÉS, AUXQUELS JE N'AURAI PAS LE DROIT DE COMMENTER ?

Chammas frederico

Le Liban national et indépendant pourra t il demeurer indemne des convulsions sérieuses dans so voisinage?

Un navire en grand danger, dans des eaux ou il n'y a pas de bateau de sauvetage...

GENE JAIME

Ces deux jeunes gens parlent vraiement de l'abondance du coeur, Helas, un malheur est si vite arrivé. ILs devraients ètre plus prudents. Courage.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

F.L. ET KATAEBS DEVRAIENT S,UNIR EN UN SEUL PARTI. L,UNION FAIT LA FORCE. QUAND AU CPL... QUI SERT DE PARAVENT CHRETIEN A LA MILICE RELIGIEUSE ETRANGERE... LA CHRETIENTE NATIONALE LIBANAISE ET L,HISTOIRE S,EN SOUVIENDRONT.

Irene Said

"...l'Etat n'est pas seulement lâche et soumis..."
il est l'otage impuissant face à ceux qui ont vendu le Liban à l'Iran pour leur gloire personnelle, appuyés par les armes fournies par ce même pays.
Faisant miroiter à leurs coutisans crédules un soi-disant Etat libanais fort et indépendant...mais qui en fait devient...iranien !

Où se trouvent "l'indépendance et la souveraineté du Liban" dans tout cela ?
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ETAT EST ABSENT. IL EST MALHEUREUSEMENT L,OTAGE DE LA MAINMISE DES SBIRES DE FORCES ETRANGERES. PAUVRE PAYS ET PAUVRE PEUPLE DONT LE DESTIN EST LIVRE A DES AVENTURIERS MANIPULES DE L,EXTERIEUR.

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