Bachir Gemayel ou la quête d’un autre Liban, loin des allégeances multiples

Spécial indépendance libanaise
24/11/2018

« Longtemps avant d’accéder à la présidence de la République, en 1982, Bachir Gemayel a combattu pour la souveraineté et l’indépendance du Liban », affirme Solange Gemayel, veuve de l’ancien chef d’État (assassiné avant qu’il ne prenne en charge ses fonctions), soulignant qu’« il a défendu ces valeurs patriotiques par le biais de la résistance qu’il a menée dès 1975 ».

« Sitôt élu président, Bachir a tendu la main à tous ses adversaires, appelant les Libanais à l’unité », indique Mme Gemayel, évoquant « ses discours ponctués par des mots tels que dignité, liberté, force, nation, régime, paix, égalité, mode de vie, qui composent les principaux ingrédients de l’indépendance et de la souveraineté ».

« Malheureusement, ces mots sont quasi absents du vocabulaire de la classe politique actuelle, laquelle pèche par son manque d’allégeance au Liban », observe-t-elle, notant que cette aliénation existait avant et après l’assassinat du président-martyr. « Bachir souffrait du fait que certaines forces politiques libanaises étaient de connivence avec des forces étrangères pour changer le régime démocratique, le pacte national, l’identité historique et l’équilibre démographique», déclare la veuve de l’ancien chef d’État, affirmant que « face à leur conspiration, il a combattu pour la libération du Liban en vue de construire un État indépendant et souverain, dont les décisions nationales seraient totalement libres ». « Il suffit de réviser les déclarations de Bachir durant les vingt et un jours qui ont suivi son élection pour déceler sa détermination à reconstruire un autre Liban, un Liban loin des divisions, des allégeances multiples, des armes, des guerres et de la dépendance aux autres », ajoute-t-elle.

Et de poursuivre : « Bachir nourrissait un projet de gouvernement basé notamment sur la consolidation de l’unité du peuple malgré sa diversité confessionnelle et culturelle, exigeant à cet égard que toutes les communautés mettent fin à toute forme d’allégeance à des États étrangers. »

Le président assassiné, indique aussi Mme Gemayel, « a intégré dans ce projet la nécessité de l’autorité de l’État dans ses relations extérieures, et l’importance d’assurer la défense du pays à travers la refonte de l’institution militaire et la formation d’une armée puissante, solide et vigoureuse, capable d’intervenir sans se diviser ».

« Malheureusement, les sacrifices de Bachir ont été gaspillés et dissipés par une classe politique inféodée à l’étranger et obnubilée par des intérêts personnels», déplore la veuve du président assassiné. « De ce fait, le Liban a perdu à nouveau son indépendance et sa souveraineté », constate-t-elle, avant de déplorer le fait que « la crise gouvernementale actuelle est l’expression la plus évidente de cette situation ».

« Mais le combat pour un Liban souverain ne cessera pas faute de combattants », estime Mme Gemayel, qui exprime sa confiance dans « le peuple libanais qui a connu des temps difficiles tout au long de son histoire, mais qui a pu à chaque fois renaître de ses cendres ».

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gaby sioufi

un triste fait !
MORT POUR RIEN.
MORTS LES AUTRES "JIHADISTES" LIBANAIS AYANT COMBATTU AVANT LUI, AVEC LUI & APRES LUI : POUR RIEN.

Bery tus

Le seul président élu qui fut pour un Liban souverain et libre le seul vrai martyr des martyrs !!

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