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À La Une - Liban

Calme précaire le long de la frontière sud, Israël reste "en état d'alerte"

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure assure que l'Etat hébreu n'a "pas l'intention d'aller vers un conflit plus large".

Des soldats irlandais de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) patrouillant sur une route près du village libanais frontalier de Maroun el-Ras, le 2 septembre 2019. Photo AFP / Mahmoud ZAYYAT

La tension entre Israël et le Hezbollah semble être retombée d'un cran, lundi, au lendemain d'échanges de tirs de part et d'autre de la frontière, qui ont fait craindre une flambée de violences et laissent planer la menace d'une confrontation ouverte entre les deux ennemis.  Ces échanges de tirs sont survenus au terme d'une semaine allant crescendo, débutée avec le bombardement par l'armée israélienne d'un village syrien où le Hezbollah préparait, selon elle, une attaque au drone, et poursuivie par des accusations d'attaques de drones israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth - fief du Hezbollah -, qualifiée de "déclaration de guerre" par le président libanais, Michel Aoun.

Malgré une situation de calme précaire à la frontière libano-israélienne, les opérations israéliennes d'excavations et de remblais le long de la barrière technique ont repris lundi dans la matinée. Parallèlement, deux ballons espions ont été lancés face à Mays el-Jabal. De son côté, la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) a patrouillé dans la région qui a été bombardée dimanche au Liban-Sud.

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Guilad Erdan, a assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention d'aller vers un conflit plus large". "Si nous nous engageons dans une vaste confrontation militaire, cela se produira à un moment qui nous convient du point sécuritaire. Les forces de sécurité israéliennes sont préparées à tout scénario", a-t-il ajouté sur les ondes de la radio de l'armée, Galeï Tsahal.

L'armée israélienne a par ailleurs appelé "le Liban et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) à œuvrer pour mettre un terme au projet de fabrication de missiles de précision du Hezbollah et de l'Iran".

Dimanche, le Hezbollah a annoncé avoir détruit un véhicule militaire près d'une caserne israélienne se trouvant dans la région frontalière, en riposte aux bombardements d'une position en Syrie qui avait fait deux morts parmi les combattants du Hezbollah. L'armée israélienne a répliqué en lançant des dizaines de grenades incendiaires et de missiles sur "la source des tirs" du Hezbollah, provoquant uniquement des incendies dans des secteurs boisés.

Dans un premier temps, l'armée israélienne a annoncé dimanche que des cibles avaient été "touchées" par les tirs venus du Liban, puis des images de médias locaux avaient montré deux soldats héliportés en direction de l'hôpital de Haïfa (nord). Mais elle a par la suite indiqué que les tirs du Hezbollah n'avaient fait ni mort, ni blessé; même "pas un +égratigné+" selon les propres mots du Premier ministre Benjamin Netanyahu.



(Lire aussi : Après les échanges de tirs, le Hezbollah et Israël engagés dans une guerre psychologique)



Série de contacts
Sur le plan diplomatique, le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil a entrepris lundi une série de contacts autant au Liban qu'à l'étranger, afin d'assurer le suivi des derniers incidents.  Le chef de la diplomatie s'est notamment entretenu avec son homologue allemand Heiko Maas. Il a assuré à toutes les parties que les tirs lancés par le Hezbollah sur un véhicule militaire était "étudiés et proportionnés" et s'est dit "rassuré que la situation revienne à l'équilibre qui protège le Liban depuis 2006", rapporte la chaîne locale LBC.  Lors de ses appels aux responsable internationaux, le ministre Bassil a souligné l'importance de circonscrire l'escalade et mis en garde contre toute poursuite par Israël de ses violations de la résolution onusienne 1701 (qui avait mis fin au conflit entre le Hezbollah et l’État hébreu en 2006) et ses tentatives de changer les règles d'engagement entre les deux pays. 

Dimanche, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, avait réclamé l'"intervention" de Paris et de Washington "face aux développements à la frontière sud", selon un communiqué de ses services.

Les réactions internationales s'étaient d'ailleurs multipliées dimanche, en provenance notamment de Washington, Paris, Téhéran et de certains pays du Golfe, dont Bahreïn qui a critiqué le parti chiite et le "grand relâchement" de l'État libanais et appelé ses ressortissants à quitter le Liban.

De son côté, une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l'agence syrienne Sana, a exprimé lundi sa "fierté" après l'opération de la "résistance libanaise". "La Syrie réitère son plein soutien à la résistance nationale libanaise et à son droit légitime d’agir, aux côtés de l’armée libanaise, pour préserver la souveraineté du Liban, libérer ses territoires encore occupés et pour faire face aux agressions continues d’Israël, qui attisent les tensions dans la région et tentent de l'entraîner dans le chaos", a déclaré cette source.



(Lire aussi : "Nasrallah est une marionnette iranienne", affirme le ministre israélien des AE)



"Prise de position inédite"
Lundi, Nabil Kaouk, membre du conseil central du Hezbollah, a salué la "prise de position nationale, officielle et populaire du Liban" vis-à-vis des tensions opposant le Hezbollah à l'armée israélienne, la qualifiant d'"inédite", alors que la situation s'est envenimée dimanche avec des échanges de tirs de part et d'autre de la frontière sud

"La prise de position nationale, officielle et populaire au Liban est inédite", a déclaré le responsable chiite lors d'une cérémonie de commémoration à Namiriyé, au Liban-Sud. "La prise de position du Liban est la plus forte qui ait été prise lors des dernières étapes" du conflit, a-t-il ajouté. "Dès dimanche dernier, des messages ont été envoyés par la communauté internationale en soutien à Israël et nous demandant de calmer le jeu. Nous avons répondu que nous calmerions la situation après la riposte de la résistance", a-t-il souligné. Et, s'adressant à la communauté internationale, M. Kaouk lui a suggéré de "conseiller à Israël de ne pas riposter après la réponse de la résistance, sinon il y aura à nouveau une riposte". 




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La tension entre Israël et le Hezbollah semble être retombée d'un cran, lundi, au lendemain d'échanges de tirs de part et d'autre de la frontière, qui ont fait craindre une flambée de violences et laissent planer la menace d'une confrontation ouverte entre les deux ennemis.  Ces échanges de tirs sont survenus au terme d'une semaine allant crescendo, débutée avec le bombardement par...

commentaires (5)

Le leader l'avait dit dans son discours. 1 riposte pour les martyrs de Syrie et une autre pour Dahyé agressée. Et si c'est pas assez une autre suivra une éventuelle riposte. MAIS JE GARANTIE QUE LES POLTRONS VONT SE CASSER VITE FAIT.

FRIK-A-FRAK

17 h 07, le 02 septembre 2019

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Commentaires (5)

  • Le leader l'avait dit dans son discours. 1 riposte pour les martyrs de Syrie et une autre pour Dahyé agressée. Et si c'est pas assez une autre suivra une éventuelle riposte. MAIS JE GARANTIE QUE LES POLTRONS VONT SE CASSER VITE FAIT.

    FRIK-A-FRAK

    17 h 07, le 02 septembre 2019

  • Le Liban appartient à qui aux Iraniens et aux Syriens ? C'est inoui . Divise le pays le Hezbollah n'est pas libanais il reste au sud et faire un gouvernement d'ayatollah

    Eleni Caridopoulou

    17 h 00, le 02 septembre 2019

  • Mais au fait, les murs et remblais érigés du côté de l'usurpation étaient sensés empêcher des tirs de missiles et de roquette de la résistance, non ? Comment s'est il fait que la résistance libanaise a pu pulvériser 2 transports de troupes en en tuant et blessant leurs passagers ?

    FRIK-A-FRAK

    16 h 42, le 02 septembre 2019

  • IL SEMBLE QU,ISRAEL PREND TRES AU MOT LES MENACES DU HEZBOLLAH CE QUI POURRAIT AVEC UNE INTERVENTION UN PEU PLUS SERIEUSE DU HEZB DEGENERER EN UN PLUS LARGE CONFLIT... UNE GUERRE... CONTRE LE PAUVRE LIBAN ET SON PAUVRE PEUPLE OTAGES DE LA MILICE IRANIENNE.

    RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

    14 h 23, le 02 septembre 2019

  • Mais si je comprend bien, Israel a déjà riposté à la riposte du Hezb avant l'accalmie ... Faut savoir.

    Remy Martin

    13 h 44, le 02 septembre 2019

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