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Attaques israéliennes contre le Liban : Aoun parle d'une "déclaration de guerre"

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Le Liban va déposer une plainte officielle devant l'ONU, annonce Hariri ; réunion demain du Conseil supérieur de la défense.

OLJ
26/08/2019

Le président libanais, Michel Aoun, a déclaré lundi que les récentes attaques israéliennes contre la banlieue sud de Beyrouth et un groupe palestinien prosyrien dans la Békaa, équivalaient à "une déclaration de guerre", soulignant que le Liban a "le droit de défendre sa souveraineté et son indépendance". 

"Ce qui s'est passé s'apparente à une déclaration de guerre qui nous permet d'avoir recours à notre droit de défendre notre souveraineté, notre indépendance et notre intégrité territoriale", a déclaré le chef de l'Etat, qui recevait au palais de Beiteddine le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis. "Les attaques contre la banlieue sud et la région de Qousaya violent la résolution 1701" de l'ONU, a affirmé M. Aoun. "Tout ce qui s'applique au Liban doit également s'appliquer à Israël", a-t-il ajouté. "Nous sommes un peuple qui veut la paix, pas la guerre, mais nous n'acceptons pas d'être menacés, de quelque manière que ce soit", a-t-il martelé.  "J'ai déjà répété que le Liban ne tirerait pas un seul coup de feu à la frontière, sauf en cas d'auto-défense", a insisté M. Aoun. "Ce qui s'est passé hier nous permet d'exercer ce droit".

Peu après la réunion, le responsable onusien a souligné, sur Twitter, avoir demandé au Liban "de ne pas céder à l'escalade et de ne pas riposter", tout en exprimant "l'engagement total de l'ONU à la résolution 1701 et la fin de toutes violations" de ce texte. 

M. Kubis a été, plus tard dans la journée, reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Saad Hariri. Le responsable onusien a également annoncé sur son compte Twitter s'être entretenu avec un responsable du Hezbollah avec qui "d'importants messages avaient été échangés".




Plainte devant l'ONU
Le dossier sécuritaire a également été évoqué par M. Hariri qui a reçu les représentants des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU : l'ambassadrice des Etats-Unis Elizabeth Richard, l'ambassadeur de Russie Alexander Zasypkine, l'ambassadeur de Chine Wang Kejian, le chargé d'affaires britannique Benjamin Wastnage et la chargée d'affaires française Salina Grenet-Catalano.

Le Premier ministre a indiqué avoir "convoqué cette réunion vu la situation dangereuse, après qu'Israël ait violé de manière claire la souveraineté du Liban et la résolution 1701 et pris pour cible une région civile habitée sans aucune considération du droit international ou de la vie des civils", rapporte le bureau de presse de M. Hariri. "Le gouvernement libanais estime qu'il est dans son intérêt d'éviter tout dérapage de la situation vers une escalade dangereuse, mais la communauté internationale doit montrer son rejet de cette violation flagrante de notre souveraineté et de la résolution 1701", a dit M. Hariri devant les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Le chef du gouvernement a également informé ces derniers que le Liban va déposer une plainte officielle devant le Conseil de sécurité. "Il est très important que vos pays maintiennent le consensus existant entre eux pour préserver la sécurité et la stabilité au Liban et dans la région, car toute escalade peut se transformer en cycle de violence régionale dont personne ne pourra prédire l'ampleur", a-t-il mis en garde. "Il faut faire assumer à Israël la responsabilité de ses violations continues de la résolution 1701 depuis 2006", a-t-il ajouté, affirmant que l’Etat hébreu doit également assumer "la responsabilité de l'agression flagrante contre la banlieue sud de Beyrouth, alors qu'il savait préalablement que cela menacerait l'équilibre existant".

M. Hariri a ensuite annoncé que Conseil supérieur de la défense se réunira demain après-midi sous la présidence du chef de l’Etat.



(Lire aussi : Les règles d'engagement entre le Hezbollah et Israël ont changé, selon la presse libanaise)



"Une retenue maximale"
Réagissant à son tour, l'ONU a appelé les parties concernées à "une retenue maximale". Lors de son point-presse quotidien, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que l'Organisation n'était pas en mesure de vérifier la véracité des informations rapportées au sujet de cette attaque comme d'autres évoquées dans la région ces derniers jours. "Il est impératif pour tout le monde d'éviter une escalade et de se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité", a-t-il ajouté. Le porte-parole a aussi indiqué que l'ONU avait "pris note" des déclarations du président Aoun qui a qualifié lundi de "déclaration de guerre" cette attaque au drone. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a aussi reçu une lettre du gouvernement libanais sur le même sujet, a-t-il précisé.


Dans la nuit de dimanche à lundi, des drones israéliens ont mené trois frappes quasi-simultanées sur une position militaire relevant du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) à Qousaya, dans une zone de la Békaa proche de la frontière syrienne. Ces frappes sont survenues au lendemain de l'attaque au drone armé imputée à Israël qui a frappé la veille la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, et à la suite d'un raid israélien en Syrie samedi qui a fait deux morts parmi les combattants du parti chiite. 

Dimanche avant l'aube, un drone de reconnaissance est tombé dans la banlieue sud et un second a explosé dans les airs, selon l'armée libanaise. Le secrétaire général du Hezbollah a présenté cette attaque comme "le premier acte d'agression" d'Israël contre le Liban depuis la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, qui a fait 1.200 morts côté libanais et 160 côté israélien. Chaque fois que "les drones israéliens entreront dans l'espace aérien du Liban, nous œuvrerons à les abattre", a-t-il averti.

Malgré ces menaces, la région frontalière entre les deux pays connaissait un "calme précaire" selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Des véhicules blindés se sont déployés face à la localité de Kfar Chouba (sud-ouest), tandis qu'aucune patrouille de soldats israéliens n'était déployée le long de la frontière. 



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gaby sioufi

QUE DIEU NOUS PRESERVE ,
C LA SAISON DES GRANDES RETROUVAILLES A L'ONU COMME CHAQUE MPIS DE SEPTEMBRE,
NOTRE BON PAPA LE PRESIDENT DE LA FORTE NATION LIBANAISE S'APPRETE A RE-REPETER LA GAFFE DE SON PREDECESSEUR , FEU LE PRES. FRANGIEH,
A RE-REPETER SA DEFENCE ABSOLUE DE HEZBOLLAH !

IMB a SPO

Retourner le Liban a l,age de pierre? Non, seulement 50 ans en arriere, 1969. A ce moment la le Liban avait l,electricite 24/24, de l.eau propre, les plages etaient non polluees et il n,y avait pas de probleme avec les ordures........

LA VERITE

Ce qui s'est passé s'apparente à une déclaration de guerre qui nous permet d'avoir recours à notre droit de défendre notre souveraineté, notre indépendance et notre intégrité territoriale", a déclaré le chef de l'Etat

J'ai déjà répété que le Liban ne tirerait pas un seul coup de feu à la frontière, sauf en cas d'auto-défense", a insisté M. Aoun. "Ce qui s'est passé hier nous permet d'exercer ce droit".

JOLIS MOTS mais PAROLE PAROLE PAROLE de la part d'un president prisonnier de son alliance avec HB

MAIS QUAND ON SAIT QU'UNE REACTION QUELCONQUE RENVERRA LE lIBAN 10 ANS EN ARRIERE ( je ne veux pas utiliser des mots plus severes comme a l'age de la pierre )
ET QUAND ON SAIT QUE NOUS N'AVONS PAS LES MOYENS DE FAIRE UNE GUERRE CONTRE ISRAEL, il vaut mieux faire l'autruche en essayant de faire jouer nos amis internationnaux pour calmer HB qui est lui vraiment le souverain dans ce pays vendu aux Iraniens et leur demander de parler aussi a Israel pour que le feu ne s'etende pas aussi a leur pays

prions pour que cette crise passe sans plus de degats

Honneur et Patrie

Malbrough s'en va-t-en guerre (pour les autres)
Mironton, mironton, mirontaine,
Malbrough s'en va-t-en guerre (pour les autres)
Ne sait quand il reviendra...

Remy Martin

Si je comprend bien, le portrait de HN d'un titre a 2 mots n'en a plus qu'un seul, Allah. Scarée self-promotion dis-donc.

Atalante fugitive

Lui, il déclare ce qu'il veut, à son grand âge on comprend et on est indulgent...... allez camomille et dodo sous les lambris de Beiteddine.

ON DIT QUOI ?

Et ........ le Liban est forcé de réagir en abattant et détruisant des cibles en pays usurpateur. Point à la ligne.

Atalante fugitive

Et????

FAKHOURI

M.AOUN le Liban n'a pas les moyens de supporter une guerre contre Israel. Président vous devez calmer le jeu.
mais vous ne pouvez pas, vos partenaires ne vous laisseront pas faire

Irene Said

Les tunnels creusés à la frontière du Sud Liban avec Israël...par le Hezbollah...c'étaient des déclarations de paix, Monsieur le président ???
Irène Saïd

Jean Michael

Est-ce que Mr le president est en train de donner une autorisation tacite au Hezbollah pour qu'il attaque Israel? A-t'il bien mesure ses paroles?

Zovighian Michel

Restons calme pour un moment. Déposer une plainte à l'ONU veut dire que l'état Libanais souhaite contenir l'événement par la "diplomatie". Interpreter ce qui c'est passé comme étant une "déclaration de guerre" pourrait aboutir à un conflit généralisé sur le territoire Libanais. Si votre intention est de faire plaisir au Hezbollah, assurez vous quand même vous ne lui donnez pas "carte blanche".

Parlons peu mais bien, à part l'armée Libanaise et la UNIFIL, qui d'autre respecte la 1701?

Vous savez fort bien Monsieur le President que n'aurez jamais votre "climat consensuel" pour developer une stratégie de défense... voire même la discuter. Avez-vous un plan B?

Atalante fugitive

Et????

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EXAGERATION QUE DE PARLER DE DECLARATION DE GUERRE ! DITES-NOUS AVANT LE TYPE ET LE RAYON D,ACTION DES DRONES POUR POUVOIR ANALYSER ET ATTRIBUER DES RESPONSABILITES CAR CE GENRE DE DRONES ONT UN RAYON D,ACTION TRES LIMITE ET LE POINT DE LEUR LANCEMENT NE DEVRAIT PAS ETRE TRES LOIN DE LEUR POINT D,IMPACT. CA N,ELOIGNE POINT LA RESPONSABILITE ISRAELIENNE BIEN SUR.

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