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Liban

Les équipements de la plage publique de Ramlet el-Baïda retirés sans autre forme de procès

Biens-fonds maritimes

Une ONG gère la plage via un contrat avec le ministère des Travaux. Celui-ci assure à « L’OLJ » vouloir « répondre au mohafez de Beyrouth et au président de son conseil municipal en rééquipant la plage le plus vite possible ».

18/06/2019

La plage de Ramlet el-Baïda, hier : des bulldozers s’activent pour retourner le sable dans la partie accolée au mur de la corniche, semblant enfouir les déchets dans du sable propre, ainsi que le constate Nazih el-Rayess, le directeur de la plage publique au sein de l’ONG « Operation Big Blue », du haut de sa tour de guet. Cette tour est l’une des seules structures rescapées d’une opération de destruction des équipements de la plage publique, qui a commencé samedi.

L’histoire de ce nouvel épisode de la saga du tiraillement autour de cette seule plage de sable publique à Beyrouth est pour le moins insolite, tel que le raconte Nazih el-Rayess. Il précise au passage que son ONG a un contrat pour gérer la plage depuis 2003, signé avec le ministère des Travaux publics et des Transports, qui est le ministère de tutelle du littoral.

« En hiver, nous rangeons l’équipement de la plage publique dans des dépôts au fond de la bande de sable, explique-t-il. Vu l’hiver rigoureux cette année, les intempéries ont endommagé les toits des dépôts en question. Le président du conseil municipal, Jamal Itani, nous a fait remarquer que ces bâtisses gâchent la vue sur la plage. Nous étions d’accord, mais comme nous n’avons pas trop de moyens pour les remplacer, nous avons tenu une réunion avec lui, puis une autre avec le directeur général du ministère des Transports, Abdel Hafiz Kaïssi, afin de décider des mesures à prendre. Le président du conseil municipal a alors promis de dégager la plage de ces grands débris, en les remplaçant par des dépôts dignes de ce nom, et de moderniser certains matériels très déficients comme les douches et les toilettes. »

Mais une surprise attendait les gérants de la plage quand ils s’y rendent le samedi matin, croyant y trouver des travaux de remplacement des kiosques endommagés. « Nous nous sommes retrouvés nez à nez avec la police, la police municipale et même les forces antiémeute, raconte Nazih el-Rayess. Sur la plage, il y avait des bulldozers et des tracteurs, qui s’activaient à casser les petits kiosques qui servent de quartier général à la direction ou encore aux équipes de premiers soins, des petites constructions parfaitement en bon état. Le procédé était quasiment répressif : on nous empêchait de récupérer nos affaires, ou alors on nous donnait quelques minutes à peine pour le faire, nous avons dû perdre des équipements très coûteux. »

Le directeur de la plage montre du doigt un entassement d’objets en bois et en métal à même la plage, expliquant que c’est tout ce qui reste. « J’ai parlé à l’ingénieur en charge du chantier, qui m’a affirmé suivre les directives du mohafez de Beyrouth Ziad Chbib, dit-il. J’ai appelé le directeur général du ministère qui a obtenu la réponse suivante du mohafez : ces équipements, illégaux selon lui, se trouvent sur des terrains privés que les nouveaux propriétaires veulent dégager. Quant à Jamal Itani, il continue à nous assurer que les équipements seront remplacés. »


(Lire aussi : Bisri, Aïn Dara, Eden Bay... c’est la chasse aux militants)


Des « constructions temporaires qui appartiennent au ministère »

Autant le mohafez de Beyrouth Ziad Chbib que le président du conseil municipal Jamal Itani étaient injoignables hier. M. Itani a posté sur son compte Facebook un message dans lequel il précise simplement que « des équipements endommagés sont en cours de remplacement sur la plage de Ramlet el-Baïda, afin qu’elle soit digne de recevoir les baigneurs ».

L’écho que nous fait parvenir une source du ministère des Travaux publics et des Transports, qui a requis l’anonymat, est pourtant sans appel. Après avoir confirmé que les kiosques en question « sont des constructions temporaires qui appartiennent au ministère », cette source affirme que « le ministère ne répondra pas au mohafez et au président du conseil municipal par les mêmes méthodes, mais en s’appliquant à rééquiper la plage de Ramlet el-Baïda afin que les citoyens puissent profiter gratuitement de la plage ».

Cette source acquiesce quand on lui demande si les responsables de la municipalité de Beyrouth ont effectivement « enfreint la loi », pour utiliser ses propres termes. « Si quiconque veut ôter ces constructions temporaires, il doit coordonner avec nous, dit-elle. Or le mohafez ne nous a apporté aucune réponse, même quand nous l’avons sollicité. Il est vrai que ces constructions temporaires se trouvaient sur les terrains privés de la plage, mais la justification suivant laquelle ces terrains ont changé de propriétaires ne tient pas. Même le cas échéant, les nouveaux propriétaires peuvent communiquer avec nous, et en cas de refus, nous aurions pu déplacer les équipements vers les biens-fonds maritimes publics. Pourquoi toute cette destruction ? »

Sur la plage, du côté du domaine public, de nombreux baigneurs profitaient hier du soleil, sans se soucier apparemment de l’activité bruyante des bulldozers derrière eux. Plus loin vers le sud de la plage, se profile le très controversé hôtel Eden Bay, que de nombreux internautes ont comparé aux kiosques détruits, parlant de deux poids, deux mesures. Quant à Nazih el-Rayess, il se demande si cette opération cache un nouveau projet municipal, qui ferait de la plage un espace toujours ouvert… mais payant pour les services.



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LA VERITE

DEMAIN CETTE PLAGE DEVIENDRA PRIVEE ET CONSTRUITE COMME L'HOTEL
LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EST UN MOT VIDE DE SENS DANS CE BEAU (?) PAYS

ET LES RESPONSABLES NE S'EN CACHE MEME PLUS

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE BORDEL A LA LIBANAISE !

NAUFAL SORAYA

De mieux en mieux...

Bustros Mitri

A quand le tour de l’hotel Illégalement construit?

Eddy

bulle d'ose ....

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