Le patriarche maronite Béchara Rai lors de la messe du dimanche 28 avril 2024 à Bkerké. Photo Ani
Le patriarche maronite, Béchara Raï, et l'archevêque grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audi, ont tous les deux tiré à boulets rouges dimanche sur la classe dirigeante libanaise et souligné sa responsabilité dans les différentes crises que traverse le pays.
Le patriarche maronite a considéré que les dirigeants libanais auraient dû « se consacrer davantage à assurer le bien public et à restaurer les institutions constitutionnelles efficaces et légitimes de l'État, en commençant par l'élection d'un président ». Dans une homélie prononcée au siège patriarcal de Bkerké, le cardinal Raï a affirmé que ces dirigeants auraient dû « veiller de toutes leurs forces à épargner au Liban-Sud et (au peuple libanais) la guerre, qui cause des morts, des blessés, des déplacements et des destructions, au nom d'une cause qui n'a rien à voir avec le Liban, sa paix et sa stabilité ».
Pour sa part, l'archevêque grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Elias Audi, a également été très critique lors de la messe en la Cathédrale Saint-Georges de Beyrouth à l'occasion du dimanche des Rameaux de la communauté grecque-orthodoxe: « Regardez ce que nous voyons dans ce pays dont la capitale a été détruite, dont les hommes libres et les intellectuels ont été assassinés, dont les enfants ont été opprimés et dont l'argent a été volé, et dont les responsables sont toujours là, en raison de leur mauvaise gestion, de leur incapacité à mettre en œuvre la constitution et de leur mépris des droits constitutionnels, le premier d'entre eux étant l'élection d'un président ».
Toujours à l'intention des dirigeants, Mgr Audi a également souligné « leur incapacité à mettre en œuvre les réformes nécessaires, poussant les citoyens au désespoir et les personnes instruites à émigrer ».
L'homélie du patriarche maronite est une nouvelle illustration de son opposition et de l'opposition des partis politiques de la communauté maronite à l'extension de la guerre de Gaza au Liban, prônée par le Hezbollah, qui a ouvert un front contre Israël au Liban-Sud depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023.
De son côté, Mgr Audi a toujours été un critique virulent de l'affaiblissement de l'État libanais et de la paralysie constitutionnelle initiée par des groupes politiques et des forces de facto.

