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Des Libanais dans la rue contre le nouveau gouvernement Hariri

Liban

"Pas de confiance à ce gouvernement et non aux mesures prévues par la CEDRE", lance un porte-parole des protestataires.

AFP
17/02/2019

Des dizaines de Libanais, issus majoritairement des rangs du Parti communiste, de divers syndicats et de collectifs de la société civile, sont à nouveau descendus dans la rue dimanche pour protester contre le nouveau gouvernement de Saad Hariri, alors que le pays baigne dans le marasme économique et social.

Sous le slogan "Pas de confiance au gouvernement", les protestataires ont marché de l'avenue Béchara el-Khoury à Beyrouth jusqu'à la place Riad el-Solh dans le centre-ville de la capitale.

Avant même que le cabinet n'obtienne la confiance du Parlement, une manifestation s'était déjà tenue le 12 février sous le même slogan qu'aujourd'hui. 

"N'ont-ils pas dit que le nouveau gouvernement s'apprête à prendre des mesures douloureuses et impopulaires?", a lancé un porte-parole des manifestants, Mahmoud Haïdar, depuis une tribune installée place Riad el-Solh. Dans sa déclaration ministérielle, le gouvernement Hariri avait annoncé en effet des "réformes douloureuses".

"Trente ans qu'ils n'offrent rien, depuis l'accord de Taëf et la fin de la guerre civile", a fustigé M. Haïdar. "Pas de confiance à ce gouvernement et non aux mesures prévues par la CEDRE (la conférence de Paris, tenue en avril dernier)", a-t-il lancé aux manifestants. "Ils appellent à l'austérité, mais cette austérité concerne notre argent et non leurs fortunes", a ajouté le porte-parole des manifestants, avant d'ajouter : "Ne perdez pas de temps en ayant recours à des procédés insidieux pour fustiger la corruption. Les Libanais savent que vous êtes responsables de cette corruption", a-t-il affirmé en s'adressant aux députés qui ont accordé leur confiance au gouvernement, tout en disant vouloir s'attaquer à la corruption.

Le Parlement libanais a voté vendredi soir à la quasi unanimité de ses membres la confiance au gouvernement de Saad Hariri qui a adopté comme leitmotiv "Au Travail !" en raison des nombreuses réformes, notamment économiques, auxquelles il devra s'attaquer. Mais nombreux sont ceux, à l'instar des manifestants, qui ne croient pas que le nouveau cabinet est capable de mener à bien ces réformes, alors que la plupart des formations politiques brandissent le slogan de la lutte contre la corruption comme priorité.

Au cours de la réunion d'avril 2018 à Paris, la CEDRE, la communauté internationale s'était engagée à fournir des aides au Liban, à hauteur de 11 milliards de dollars, en échange de la mise en œuvre de réformes structurelles. "Ils cherchent à se partager les 11 milliards de dollars comme cela a été le cas à l'issue des conférences Paris I, II et III", a accusé le porte-parole des manifestants.

Le ratio dette publique/PIB (produit intérieur brut) du Liban est l'un des plus élevés au monde, autour de 150%. Plusieurs agences internationales ont mis en garde ces dernières semaines contre la dégradation de la situation économique et financière du Liban, alors que de nombreux experts et responsables tirent la sonnette d'alarme depuis des mois.

Certains manifestants ont également rendu hommage à la mémoire de Georges Zreik, ce père dont la mort par immolation sur fond de litige autour des frais de scolarité de ses enfants a secoué le pays.

"Unissons nos efforts pour aller à l'affrontement", a lancé le porte-parole à la foule.


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gaby sioufi

hehehe !
une petite demonstration populaire manifestee par qqs citoyens, qui veut en dire ENORMEMENT !

Antoine Sabbagha

Le gouvernement doit en effet bien travailler pour dissiper les craintes de la masse silencieuse et éviter la faillite du pays .

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