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Sommet arabe de Beyrouth : arrivée des délégations, l'émir du Qatar présent dimanche

Liban

Le dossier des réfugiés syriens continue de faire débat.

OLJ
19/01/2019

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a fait savoir samedi matin au chef de l’État libanais, Michel Aoun, dans un entretien téléphonique, qu'il allait présider la délégation qatarie qui participera demain au quatrième sommet économique et social de la Ligue arabe, alors que le président somalien, Mohammad Abdoullahi Mohammad, a fait savoir à la dernière minute qu'il serait absent en raison du décès de sa belle-mère.

La présence de l'émir du Qatar à Beyrouth, qui arrivera demain selon notre correspondante Hoda Chedid, s'ajoute à celle du président mauritanien, Mohammad Ould Abdel Aziz, les deux seuls chefs d’État arabes à assister à ce sommet, alors que le reste des dirigeants ont délégué cette tâche à leurs Premiers ministres, ministres ou représentants respectifs. 

La présence du Qatar intervient alors que le riche émirat gazier est en crise avec ses voisins du Golfe depuis 19 mois. Les Émirats, le Bahreïn, l'Arabie saoudite et l'Egypte, ont rompu leurs relations avec Doha, l'accusant de soutenir des mouvements islamistes radicaux, ce que dément le Qatar.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui présidait vendredi une réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères, de l’Économie et des Finances des pays de la Ligue arabe à l’hôtel Phoenicia, a quasiment dressé un constat d’échec du sommet, affirmant toutefois "comprendre" la décision de la quasi-totalité des chefs d’États de boycotter l’événement.

Dans ce contexte, le président Aoun a personnellement accueilli samedi matin Assaad Ben Tarek, le représentant du sultan d'Oman Qabous ben Saïd al-Saïd, à son arrivée à l'aéroport de Beyrouth (AIB). Le chef de l'État a également accueilli son homologue mauritanien et sa délégation en fin d'après-midi en compagnie du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Ghait.

En début d'après-midi, c'est le Premier ministre désigné, Saad Hariri, qui a accueilli son homologue palestinien, Rami Hamdallah, à son arrivée à l'aéroport de Beyrouth. M. Hariri a ensuite accueilli la délégation algérienne, dirigée par le président du Parlement, Abdel Kader Ben Saleh, ainsi que la délégation koweïtienne, dirigée par le chef de la diplomatie, Sabbah Khaled Ahmad al-Sabbah. En soirée, le Premier ministre libanais a reçu son homologue jordanien, Omar Razzaz, le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Khaled ben Ahmad ben Mohammad al-Khalifa, ainsi que le ministre saoudien des Finances, Mohammad ben Abdallah al-Jadaan.


Le Premier ministre libanais, Saad Hariri (d), accueillant le ministre saoudien des Finances, Mohammad ben Abdallah al-Jadaan. Photo Dalati et Nohra


A la tête de la délégation de son pays, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a été accueilli à son arrivée à l'aéroport de Beyrouth par le ministre libanais sortant de la Défense, Yaacoub Sarraf. L'arrivée de la représentation tunisienne a été suivie par celle de la délégation somalienne, dirigée par le Premier vice-président de la République du Soudan, Bakri Hassan Saleh. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, est ensuite arrivé en début de soirée à Beyrouth, à la tête d'une délégation, et a été accueilli par M. Sarraf.




En matinée, M. Hariri et M. Aboul Ghait ont promis des avancées dans le domaine des droits des femmes, lors d'une conférence de presse conjointe à Beyrouth. "La Ligue va œuvrer de manière continue pour améliorer les politiques relatives à la situation de la femme", a promis M. Aboul Ghait, lors de la conférence sur l’autonomisation économique des femmes du Machrek

"Plus de la moitié de l'équipe de travail de mon bureau est composée de femmes, et j'écoute tout ce qu'elles me disent, faisant entièrement confiance à leurs capacités", a pour sa part affirmé M. Hariri. "Nos efforts durant ces dernières années se sont concentrés sur l'amélioration du rôle de la femme dans tous les secteurs, et nous avons entrepris diverses mesures dans ce domaine", a précisé M. Hariri. "L'absence de la femme du marché du travail représente une omission de la moitié de la population, et cela est indéniablement une perte au niveau du PIB, de la croissance, de la productivité et de la compétitivité", a expliqué le Premier ministre libanais.


Lire aussi : Le sommet a révélé l’ampleur du conflit entre les pôles du pouvoir sur les choix stratégiques du Liban)


Réfugiés syriens
Par ailleurs, le dossier des réfugiés syriens continuait de faire débat. Le ministre d’État sortant pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, a vivement critiqué son collègue des Affaires étrangères, Gebran Bassil, au sujet des réfugiés syriens présents au Liban, affirmant que "tout ce qui émane de M. Bassil n'engage que lui-même". Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), M. Merhebi a adressé un mémorandum sur ce sujet au secrétaire général de la Ligue arabe. Dans la soirée, le ministre sortant de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, lui aussi membre du Futur, a repris à son compte les déclarations de M. Merhebi.

Vendredi, le chef de la diplomatie libanaise avait estimé que la question des plus d'un million de réfugiés syriens qui se trouvent au Liban devrait être au centre des discussions. "Nous ne pouvons pas organiser un sommet économique arabe et oublier la grande crise humanitaire, si ce n'est la plus grande de l'époque, des réfugiés, dont les réfugiés syriens", avait déclaré M. Bassil. Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, avait reconnu que ce dossier divisait les responsables arabes présents.

Selon des informations de la chaîne locale LBCI, M. Hariri a indiqué à M. Bassil qu'il n'était pas d'accord avec les propos de M. Merhebi, qui appartient pourtant au courant du Futur, la formation dirigée par M. Hariri.

Selon des sources proches du ministre libanais sortant de l’Économie, Raëd Khoury, citées par la LBCI, la résolution concernant les réfugiés syriens présentée par le Liban lors du sommet devrait être retirée. Néanmoins, selon ces sources, le chef de l’État devrait évoquer cette question dans son discours dimanche, ainsi que celle de la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe. En début de soirée, M. Khoury a affirmé qu'il n'était pas concerné par les discussions sur le dossier des réfugiés syriens.

Michel Aoun et Gebran Bassil réclament le retour de ces réfugiés syriens chez eux sans attendre une solution politique à la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011. Mais la communauté internationale s'inquiète d'un tel retour qu'elle juge non sécurisé et prématuré dans les circonstances actuelles.

Le sommet économique et social fait traditionnellement moins recette que le sommet de la Ligue arabe, qui se tiendra en mars en Tunisie. Le dernier en date, en 2013 en Arabie saoudite, avait néanmoins attiré de nombreux chefs d’États. A Beyrouth, les 20 participants ont préféré pour la plupart dépêcher leur Premier ministre, leur ministre des Affaires étrangères ou des Finances. Une assistance qui justifie difficilement aux yeux des Libanais la quasi-paralysie du centre de la capitale, où de nombreux commerces, écoles et rues ont été fermées, mais dont les organisateurs assurent qu'elle ne remet pas en question "l'importance des décisions qui seront prises", selon les mots du secrétaire général adjoint de la Ligue, Houssam Zaki.

Outre le dossier de la Syrie, l'absence de la Libye a terni l'image de ce sommet. La participation de la Libye, que le Liban tient pour responsable de la disparition en 1978 de l'imam Moussa Sadr, a provoqué de vives polémiques à Beyrouth. Finalement, Tripoli a décidé de ne pas participer au sommet, après les protestations du président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui dirige le mouvement Amal fondé par l'imam Sadr, et les agissements de certains de ses partisans dans la rue.


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Antoine Sabbagha

Si la résolution concernant les réfugiés syriens présentée par le Liban devrait être retiree que restera-t-il de plus important pour soutenir le Liban ?

Irene Said

Ces trois Messieurs...assistent-ils à des funérailles...ou à des condoléances ?
Vu leurs mines...on peut le croire...
Irène Saïd

Honneur et Patrie

Ce n'est pas le rôle de Gébran Bassil de demander la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe. C'est à la Série de demander elle-même son réintégration. Finalement, Gébran Bassil est-il le ministre des Affaires étrangères de quel pays ? De la Syrie, de l'Iran ou du Liban ?

MIROIR ET ALOUETTE

Le Liban restera l'élite du monde arabe.

C'est pas parce nous avons nos petits problèmes qu'on perd ses valeurs.

Sinon avec un CLOWN à leur tête, les usa devraient rivaliser avec les caniveaux.

Saab Edith

Votre disposition à transformer cette réunion économique de la Ligue arabe sunnite en évènement mondain, avec chefs d'Etat et musiques, est pathétique.
Vous voulez ignorer l'enjeu fondamental qui est d'encrer la Liban dans la Ligue arabe sunnite, contre l'Iran et le Hezbollah envahissants.Il s'agit de renflouer l'économie libanaise chancelante grâce à la solidarité de l'Arabie saoudite et des pays du Golfe, et d'obtenir la Paix dans la région contre les fauteurs de troubles chiites. Ouvrez les yeux, c'est le moment, avant de sombrer dans le déni coupable. Vive le Liban libre.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE SOMMET ARABE... UNE SOUPE FROIDE !

Le point

J'espère que l’Émir du Qatar prendra en charge les USD 10 millions que ce séminaire a coûté à l'Etat libanais.

Bustros Mitri

On accueille au niveau le plus élevé.......le représentant du Sumtan Qabous, et on envoie un sous-représentant pour accueillir Angela Merkel venue proposer des solutions concrètes au problème de l’electricité, avec le PDG de Siemens...!
Hahahaha....

Sarkis Serge Tateossian

Au-delà de tous ces signes de boycott du sommet arabe tenu à Beyrouth, il est important de noter que le monde arabe et sa cohésion vont très mal. Avant tout ce boycott est dirigé contre un axe, une politique que certains pays ne considèrent pas conforme à leur politique.
Incontestablement c'est le monde "saoudien" contre le monde "iranien" qui se manifeste à travers ce sommet étrange. Et notre pauvre pays semble dépassé par toutes ces gesticulations...

Personnellement je ne crois pas que de tels positionnements des pays arabes est fructueux. Tous doivent se mettre autour d'une table et discuter de leurs problèmes pour enfin trouver des solutions à tout.

Hélas la rigidité n'apporte rien de concluant.

MIROIR ET ALOUETTE

oupsss !!! une éclaircie ... qui vient d'un pays qui refuse d'être aux ordres du grand méchant loup .

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