Sommet économique arabe

Peu de personnalités de premier plan jusqu’à présent au sommet économique arabe

Seuls deux chefs d’État ont, pour l’heure, prévu de prendre part à l’événement. Les autres dirigeants se sont désistés, l’un après l’autre.


Le président Aoun recevant le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Ghayt, hier. Photo Dalati et Nohra

Les participants au quatrième sommet économique et social de la Ligue arabe, qui se tiendra samedi et dimanche au Seaside Arena (ex-BIEL), continuaient d’arriver hier à Beyrouth en vue de prendre part à la rencontre. Mais la réunion s’annonce d’ores et déjà comme un échec au niveau de la représentation, après le désistement progressif de la majorité des chefs d’État invités et qui n’assisteront pas en personne au sommet, se contenant de déléguer des représentants. Seuls les présidents mauritanien, Mohammad Ould Abdel Aziz, et somalien, Mohammad Abdullahi Mohammad, devraient en principe se présenter à Beyrouth.

Les désistements des présidents et autres grands dirigeants se sont succédé après le renoncement de la Libye à prendre part au sommet, en raison de la pression exercée par le chef du Parlement, Nabih Berry, et le mouvement Amal qui reprochent à ce pays de ne pas avoir coopéré avec les autorités libanaises dans le cadre de la disparition de l’imam Moussa Sadr (1978). Ainsi, l’Égypte, le Qatar, le Koweït, le Soudan, la Tunisie ou encore la Palestine ne seront pas représentés par leurs chefs d’État. De même pour l’Arabie saoudite qui déléguera son ministre des Finances, ou encore les Émirats arabes unis qui enverront leur ministre de l’Économie.

C’est dans ce cadre que des diplomates libyens ont été refoulés cette semaine à l’aéroport de Beyrouth, après le refus des autorités de leur accorder des visas d’entrée. Questionné hier sur cet incident à sa sortie d’une réunion à Aïn el-Tiné avec Nabih Berry, le directeur général de la Sûreté générale a déclaré : « Ce qui compte en premier lieu pour moi, c’est la sécurité du Liban. »

Par ailleurs, l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth, Ali Abdelkarim Ali, qui a été invité au sommet en qualité d’observateur par le ministère libanais des Affaires étrangères, a annoncé hier qu’il ne prendra pas part à l’événement, son pays étant en froid avec la Ligue arabe, qui a suspendu sa participation en 2011.


(Lire aussi : Quels sont les dossiers au menu du sommet économique arabe ?)


Travaux préparatoires

Les travaux préparatoires du sommet ont été lancés hier matin lors d’une séance de travail à l’hôtel Phoenicia. Le comité en charge de ces travaux s’est penché sur l’ordre du jour du sommet, ainsi que sur les rapports du secrétariat général portant sur le suivi des résolutions approuvées lors des sommets précédents. Cette première séance a été suivie d’une autre, qui s’est déroulée à huis clos.

Lors de cette réunion, le représentant permanent de l’Arabie saoudite au sein de la Ligue, Oussama Nugali, qui présidait le dernier sommet économique en 2013 à Riyad, a passé en revue les différents projets accomplis depuis cette date. Il a notamment mentionné l’installation de réseaux de raccordement électrique entre les différents pays arabes, le soutien aux petites et moyennes entreprises, la coopération douanière ou encore l’approbation d’un mécanisme de développement d’une zone de libre-échange arabe.

« Le sommet de Beyrouth a lieu dans un contexte de nombreux défis », a-t-il souligné, avant d’indiquer que l’ordre du jour de l’événement comprend des discussions sur la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables et la protection des enfants. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Ghayt, a pour sa part salué, après un entretien hier avec le président Michel Aoun, « le professionnalisme dont a fait preuve le Liban » dans l’organisation du sommet, tout en modérant les anticipations négatives. « Nous attendons maintenant de voir comment s’annonce la représentation des différents pays arabes au sommet », a-t-il dit.


(Lire aussi : En dépit des polémiques, le sommet arabe se tiendra comme prévu !, le décryptage de Scarlett Haddad)


Fermeture des écoles et des administrations

Le sommet économique et social de la Ligue arabe s’accompagne naturellement d’une série de mesures logistiques et sécuritaires dans la capitale. Ainsi, de nombreuses routes seront coupées dans le Grand Beyrouth. Au niveau de l’enseignement scolaire, le ministre sortant de l’Éducation, Marwan Hamadé, a annoncé la fermeture, aujourd’hui et demain, des écoles, des crèches et des établissements d’enseignement technique ainsi que des branches de l’Université libanaise situés dans le Grand Beyrouth et à proximité de l’autoroute menant à l’aéroport. De même pour les branches de l’UL se trouvant dans le Mont-Liban. Les administrations publiques chômeront également, sur décision du Premier ministre désigné, Saad Hariri.

L’armée a en outre demandé aux usagers et aux pêcheurs de ne pas naviguer entre le port de Beyrouth et Khaldé et de ne pas utiliser de drones dans le Grand Beyrouth.

On sait qu’une force de 7 000 hommes, encadrée par 500 officiers, a été affectée à la sécurité des délégations, dans le périmètre de leurs résidences hôtelières et sur les lieux du sommet, pour lequel un budget de 10 millions de dollars a été débloqué.


Repère

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Les participants au quatrième sommet économique et social de la Ligue arabe, qui se tiendra samedi et dimanche au Seaside Arena (ex-BIEL), continuaient d’arriver hier à Beyrouth en vue de prendre part à la rencontre. Mais la réunion s’annonce d’ores et déjà comme un échec au niveau de la représentation, après le désistement progressif de la majorité des chefs d’État...

commentaires (8)

La Mauritanie et la Somalie seulement? Une vrais deconfiture. Ils vont contribuer quoi? Ils viennent pour quemander plutot! Pauvre Liban...

IMB a SPO

21 h 07, le 18 janvier 2019

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • La Mauritanie et la Somalie seulement? Une vrais deconfiture. Ils vont contribuer quoi? Ils viennent pour quemander plutot! Pauvre Liban...

    IMB a SPO

    21 h 07, le 18 janvier 2019

  • C'est contradictoire de dire "dirigeants arabes", et en même temps de dire de "1er plan" .

    FRIK-A-FRAK

    15 h 20, le 18 janvier 2019

  • Les chefs d’Etats Arabes n’ont ils rien à se dire ? Étonnant avec tout se qui se passe dans la région !

    L’azuréen

    13 h 20, le 18 janvier 2019

  • pourquoi/en quoi les "leaders" arabes " de poids seraient ils intéressés ? pas une question a poser puisque la reponse etait deja donnee , meme bien avant l'esclandre honteuse qui avait accompagne ce drame libanais.

    gaby sioufi

    12 h 15, le 18 janvier 2019

  • Encore du gaspillage pour 3 pelés et un tondu.Ils commencent à bien nous raser avec leurs sommets au ras des pâquerettes!

    Tina Chamoun

    09 h 32, le 18 janvier 2019

  • UN SOMMET SANS SOMMETS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 18, le 18 janvier 2019

  • Si la montagne accouchera d’une souris, à qui devra-t-on ce résultat négatif ou décevant par rapport à l'ambition initiale ?

    Aref El Yafi

    09 h 18, le 18 janvier 2019

  • Quelle honte si on ne peut plus compter sur les Arabes pour qu’ils viennent chez nous. Le tandem aurait tout fait pour saboter ce sommet et notre réputation depuis 2005. La présidence forte peut s’énorgueillir de ce « no show » des chefs d’états dits frères. Les Américains envoient leur ministre partout et un sous-fifre chez nous et maintenant les Arabes font pareil. Kharejna.

    Michael

    03 h 18, le 18 janvier 2019