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Liban

Gouvernement : une « nouvelle initiative » Ibrahim après le Nouvel An

crise

Parallèlement aux efforts déployés pour normaliser les rapports CPL-Hezbollah, Michel Aoun et Hassan Nasrallah s’entretiennent au téléphone.

Yara ABI AKL | OLJ
29/12/2018

C’est dans le sens d’une nouvelle initiative du directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim, mandaté par le chef de l’État Michel Aoun, que semble s’orienter le processus de formation du gouvernement après le Nouvel An. C’est cette impression qui se dégage des informations qui ont circulé hier dans les médias et selon lesquelles M. Ibrahim se serait entretenu à plusieurs reprises avec le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil. Cela fait dire à des sources politiques citées par la chaîne MTV qu’une issue à la crise est actuellement en gestation.

Il va sans dire que la nouvelle phase de contacts du général Ibrahim revêt de l’importance dans la mesure où elle intervient à l’heure où les rapports entre le tandem Baabda-CPL d’une part, et le Hezbollah de l’autre, semblent particulièrement perturbés. Même si certains ténors des deux parties s’emploient à assurer le contraire. Et pour cause : à la suite de l’échec des efforts déployés la semaine dernière par le directeur général de la SG afin de mettre fin au dilemme qui avait opposé les députés de la Rencontre consultative sunnite (appuyée par le parti chiite et hostile au Premier ministre désigné Saad Hariri) autour du nom de leur représentant au sein de la future équipe ministérielle, Jawad Adra, le chef de la diplomatie aurait demandé une révision de la répartition des portefeuilles ministériels, remettant ainsi les compteurs à zéro. Cela est à n’en point douter à même d’expliquer le silence qu’observe depuis une semaine le chef du gouvernement désigné. Ce dernier a même été jusqu’à boycotter le récital de Noël donné samedi dernier par le président de la République au palais de Baabda.

Un tableau auquel il conviendrait d’ajouter les propos tenus par le chef de l’État à l’issue de la messe de Noël, mardi dernier, à Bkerké. Dans une volonté manifeste d’afficher son mécontentement face aux atermoiements injustifiables dans le processus de mise sur pied du cabinet, M. Aoun a ouvertement déploré le fait que « certains tentent d’instaurer de nouveaux us et coutumes » pour la formation du cabinet, une prise de position interprétée, dans certains milieux politiques, comme une allusion à peine voilée au parti de Hassan Nasrallah.


(Lire aussi : Urgences et indigences, l'édito de Issa GORAIEB)

C’est donc dans le cadre d’une tentative de ramener à la normale les rapports entre le CPL et son allié chiite depuis plus d’une décennie que s’inscrivent les entretiens entre MM. Bassil et Ibrahim.

Sauf que selon l’agence locale al-Markaziya, le directeur général de la SG serait en train d’œuvrer pour la mise sur pied d’un gouvernement à la faveur d’une nouvelle initiative en cinq points, et qui serait en harmonie avec les derniers développements enregistrés en Syrie. Il s’agit surtout de la décision de retrait américain du territoire syrien et de la réouverture des ambassades de certains pays du Golfe à Damas. Toujours selon al-Markaziya, la nouvelle initiative Ibrahim prévoirait le maintien d’une formule ministérielle de trente (la mouture des trois dix). Une façon pour le Hezbollah d’empêcher le chef du CPL de détenir le tiers de blocage qui lui permettrait de paralyser le cabinet.

L’initiative qu’appuie le parti chiite inclut également l’invitation de la Syrie au sommet économique arabe prévu les 19 et 20 janvier prochain à Beyrouth, au vu de l’ouverture arabe à l’égard de Damas. Selon des sources informées citées par la même agence, le Hezbollah compte effectuer un forcing pour inclure la normalisation des relations libano-syriennes dans la déclaration ministérielle, et pour écarter la question épineuse de la stratégie nationale de défense dans la mesure où il s’agit d’un sujet conflictuel entre les protagonistes. Même si Michel Aoun avait promis que cette question sera au centre d’un dialogue national qui devait se tenir après les législatives. Quant au cinquième point de l’initiative, il s’agit de ne pas utiliser les décisions émises par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) à des fins liées à la politique locale.


(Lire aussi : Les divergences sur l’obstacle sunnite mettent « l’entente de Mar Mikhaël » sur la sellette, le décryptage de Scarlett Haddad)

L’entente de Mar Mikhaël

Parallèlement à cette initiative qui devrait être mise sur pied après le Nouvel An, les deux camps concernés semblent déployer leurs propres efforts pour normaliser leurs relations, et affirmer le maintien de l’entente de Mar Mikhaël liant le CPL au Hezbollah depuis le 6 février 2006. C’est dans ce but que le secrétaire général du parti chiite Hassan Nasrallah serait entré en contact téléphonique avec le chef de l’État. L’occasion de lui présenter ses vœux pour les fêtes de fin d’année.

À la faveur de la même logique, une délégation du Hezbollah, conduite par le responsable du secteur de Beyrouth au sein de la formation chiite, Hussein Fadlallah, s’est rendue au siège du département de Baabda du courant aouniste. L’occasion pour Nagi Gharios, ancien député CPL de Baabda, d’affirmer que la relation entre son parti et celui de Hassan Nasrallah « est solide et n’a pas besoin d’être renforcée ».

Quant à Hussein Fadlallah, il a déclaré à l’issue de la rencontre que « l’entente de Mar Mikhaël tient toujours », soulignant que « rien ne peut porter atteinte » à la solidité des rapports entre les deux alliés stratégiques.

En attendant l’issue des nouveaux contacts, le courant du Futur continue d’observer le silence concernant les tractations gouvernementales. Contacté par L’Orient-Le Jour, un proche de Saad Hariri confie attendre les contacts de Abbas Ibrahim, soulignant que les divergences observées actuellement entre le CPL et le Hezbollah sont « normales » dans la mesure où les circonstances politiques dans lesquelles cette alliance a vu le jour ont changé. « À cela s’ajoutent les changement significatifs observés en Syrie, où l’Iran voit son influence et sa présence de plus en plus réduites », poursuit ce proche de Saad Hariri, accusant Gebran Bassil de doucher à la dernière minute les efforts déployés pour la genèse du cabinet.


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Mireille Kang

I agree that the diplomatic relations between Lebanon and Syria should be normalized. The Syrian refugee crisis in Lebanon cannot be resolved without a dialogue with the Syrian government. The Lebanese Parliament should pass legislation that would stipulate how a government should be formed based on the results of elections under the new proportional law. Otherwise, formation of a new government would always be complicated and drag on for several months after every election.

Wlek Sanferlou

En fait, 2 ou peut être 3 Abas Brahim, et on est bon qui a besoin d'un gouvernement après tout? Un pour la sécurité un pour l'économie et les finances et le dernier pour les relations avec le monde et que les autres rentrent chez eux.

gaby sioufi

ASSEZ , ASSEZ ASSEZ !
PLUS DE CES TENTATIVES DE RENFLOUER CE QUI NE L'EST PAS.
QUE LE GEN. IBRAHIM REFUSE TT COURT LA MISSION DE RECOLLAGE.
QU'IL DISE HAUT ET FORT A TOUS - JE REPETE A TOUS -
APPLIQUEZ LES LOIS, LA CONSTITUTION A LA LETTRE & MEME A L'ESPRIT,
MAIS PAS LES LETTRES ENCORE MOINS L'ESPRIT QUI VOUS SIED, LE PROBLEME SERA ALORS RESOLU DE SUITE.

FAKHOURI

“L'espoir est comme le ciel des nuits : il n'est pas coin si sombre où l'oeil qui s'obstine ne finisse par découvrir une étoile.”
de Octave Feuillet

Irene Said

Admirable Général Abbas Ibrahim !
Un vrai patriote libanais, efficace et dévoué à son pays, discrètement et sans les habituelles fanfaronnades médiatisées...spécialité des vendus aux sponsors non-libanais.
Un vrai héros à qui je souhaite de tout coeur le meilleur pour 2019,
Irène Said



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