Recycle Lebanon : « C’est notre rôle de faire connaître au public le bon chemin vers le zéro plastique au Liban »

« L’Orient-Le Jour » en guerre contre le plastique - Déchets

Pour l’association Recycle Lebanon, présente au Marathon Village de Beyrouth samedi dernier, il faut retourner aux traditions de nos ancêtres.

13/11/2018

Le Marathon Village de Beyrouth a accueilli l’association Recycle Lebanon, samedi 10 novembre, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation contre la prolifération des déchets en plastique au Liban. Une consommation responsable à travers un retour aux sources qui permet de trouver des alternatives aux objets du quotidien, tel est le message principal et l’approche originale de cette organisation.

Reconnus et considérés internationalement comme un matériel dangereux pour la santé et l’environnement, notamment quand il se retrouve en tant que déchet non traité dans la nature, les objets en plastique à usage unique commencent à être bannis dans certains pays européens. Au Liban, la gestion et le recyclage des déchets restent préoccupants pour l’environnement et la santé de la population.

C’est dans ce contexte que Recycle Lebanon a été créé au lendemain de la crise des déchets de 2015 : son objectif est de regrouper des initiatives pour le développement durable au Liban. Militante active en faveur du recyclage, Narimane Hamdane représentait l’association à la veille du marathon de Beyrouth, dans une atmosphère sportive propice à la sensibilisation. « C’est notre rôle de faire connaître au public le bon chemin vers le zéro plastique au Liban », explique-t-elle à L’Orient-Le Jour.


(Lire aussi : Le plastique dans tous ses états, allié autant qu’ennemi)


« Quand l’enfant montre le bon chemin à ses parents… »

Face aux mauvaises pratiques en matière de gestion des déchets, l’idée de Recycle Lebanon est de proposer à la fois des conseils et une panoplie d’articles de substitution afin de remplacer progressivement le plastique par des matériaux recyclables. Pour Narimane Hamdane, « il faut revenir aux traditions de nos ancêtres » afin de changer les mentalités des consommateurs au Liban et, plus largement, au Moyen-Orient. Habilement, l’association ne se limite pas au plaidoyer. « Nous ne projetons pas les gens dans un milieu inconnu, nous proposons des alternatives », assure-t-elle.

Pour ce faire, le stand de l’association propose aux visiteurs de nombreux articles de substitution au plastique dans la vie de tous les jours : sacs 100 % coton, savons à l’huile d’olive, pailles en aluminium, gants de toilette, brosses à dents d’origine végétale, etc. Certains articles comme le miswak, un morceau d’arbre qui permet de remplacer la brosse à dents et le dentifrice, trouvent leurs origines dans les traditions anciennes du Moyen-Orient. Pour Narimane Hamdane, il faut choisir « entre une vie saine pour préserver sa santé et un mode de consommation qui détruit l’environnement ».

Parallèlement à la vente d’articles, l’association propose des ateliers de sensibilisation au recyclage dans des écoles et dans les restaurants, ainsi qu’auprès de l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Le but de ces formations est de participer au changement des mentalités dans les rangs de la jeunesse, afin de renforcer la transition vers un mode de vie respectueux de l’environnement dans les mœurs citoyennes. « Il faut que l’enfant montre à ses parents le bon chemin », dit Narimane Hamdane. Ces exercices ont également pour objectif de constituer une application pratique aux conseils théoriques de l’association. La militante souligne qu’il est essentiel d’« aider les consommateurs sur le terrain au début du processus ».

Passionnée par la protection de l’environnement, Narimane Hamdane favorise le contact avec les interlocuteurs à travers l’échange et la proximité, afin de répondre au mieux aux questionnements du public. Malgré les difficultés qui entourent ce processus, la motivation et la bonne humeur des membres de cette association favorisent l’espoir. « Il faut bien des personnes qui commencent à mettre en place la transition », assure-t-elle.



Les autres articles de notre campagne :

Alerte au plastique, l’édito de « L’Orient-Le Jour »

Éliminer le sac en plastique au Liban... par de bonnes idées

Que pèse la filière du plastique dans l’industrie libanaise ?

Le plastique, une matière dont le danger pour la santé est désormais prouvé)

Ces microplastiques qui barbotent dans le ventre de nos poissons...

Le plastique, un casse-tête aussi bien national que mondial

Laila Zahed, une femme en guerre contre le plastique

Environnement : à quand l’interdiction des sacs en plastique ?

Jbeil vise le zéro plastique

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE ZERO PLASTIQUE C,EST IMPOSSIBLE... MAIS AU MOINS SI ON POUVAIT SE PASSER DES SACS ET DES BOUTEILLES EN PLASTIC CE SERAIT UNE VICTOIRE...

Stes David

D'abord bon courage à "Recycle Lebanon" (dommage que c'est un nom en anglais , comme souvent de nos jours). « il faut revenir aux traditions de nos ancêtres » en effet souvent des pratiques du passé méritent d'être étudiés, par exemple comme enfant ma mère m'envoyait pour aller chercher le lait avec un "pot à lait" une laitière en fer patinée, mais de nos jours tout ca a été remplacé malheureusement par des bouteilles en plastique ou des brics à lait. On doit aussi être prudent de ne pas être nostalgique car les solutions d'antan avaient bien-sûr aussi beaucoup de désavantages, mais au moins c'est nécessaire de comparer ou connaître les solutions des "ancêtres" car souvent les solutions modernes ne sont pas un véritable progrès.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué