L’Europe s’engage à réduire les déchets plastiques

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05/12/2018

Des océans infestés de plastique et des terrains enterrés sous les déchets… La pollution au plastique n’est plus un secret pour personne et pose aujourd’hui un véritable défi pour l’Union européenne, sachant que, chaque année, les Européens produisent 25 millions de tonnes de déchets plastiques, dont seuls moins de 30 % sont collectés en vue de leur recyclage. À travers le monde, les matières plastiques représenteraient 85 % des déchets trouvés sur les plages et 1,5 à 4 % de la production mondiale en plastique aboutissent dans les océans chaque année (source : site internet de la Commission européenne).

Adoptée début 2018, la nouvelle stratégie européenne sur les matières plastiques s’inscrit dans le cadre d’une transition vers une économie plus circulaire. L’UE prévoit, dans le cadre de cette stratégie, que tous les emballages plastiques sur son marché soient réutilisables ou soient recyclables d’ici à 2030, que la consommation de plastiques à usage unique et des filets de pêche contenant du plastique soit réduite, et que l’utilisation intentionnelle de microplastiques soit limitée.

L’UE s’engage donc tout d’abord à réduire les déchets plastiques. La législation européenne a déjà conduit à une réduction considérable de l’utilisation de sacs en plastique dans plusieurs États membres. Les nouveaux plans se penchent désormais sur les plastiques à usage unique, ainsi que sur la limitation de l’usage des microplastiques dans les produits.

L’UE travaillera également à éliminer le dépôt de déchets en mer. De nouvelles règles sur les installations de réception portuaires s’attaqueront au casse-tête des déchets marins. Elles comprendront des mesures pour veiller à ce que les déchets générés sur les navires ou accumulés en mer ne soient pas abandonnés dans l’eau, mais ramenés à terre et traités de manière adéquate. Par ailleurs, des déchets marins provenant d’un pays peuvent échouer sur les plages d’un autre pays, et des fragments de plastique du monde entier s’accumulent au fil du temps dans les océans et les mers, transportés par les courants marins. La coopération internationale est indispensable pour remédier à ce problème. Les océans et les mers sont un bien mondial et un patrimoine commun, et si la tendance actuelle n’est pas inversée, les générations futures pourraient se voir touchées par des effets hérités du passé liés à la dégradation des écosystèmes marins et aux menaces pour la santé humaine.

Il s’agira aussi de rendre le recyclage rentable pour les entreprises. De nouvelles règles sur les emballages seront élaborées pour améliorer le taux de matières plastiques recyclables utilisées sur le marché et accroître la demande en plastique recyclé. Le soutien à l’innovation sera renforcé, avec 100 millions d’euros supplémentaires pour financer la mise au point de matières plastiques intelligentes et mieux recyclables, rendre les processus de recyclage plus efficaces, et assurer le traçage et l’élimination des substances dangereuses et des contaminants dans les plastiques recyclés.

Si l’Union européenne traite le problème sur son territoire, elle travaille également avec des partenaires du monde entier afin de trouver des solutions au niveau mondial et de mettre au point des normes internationales.

Pour une industrie « intelligente »

S’orienter résolument vers une économie des matières plastiques plus prospère et plus durable pourrait procurer des avantages considérables. Pour récolter les fruits de cette transition, l’Europe a besoin d’appliquer l’économie des plastiques dite circulaire. Cette vision doit promouvoir les investissements dans des solutions innovantes et transformer les défis d’aujourd’hui en autant de chances à saisir. Cela nécessite également une action de la part de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur des plastiques, des producteurs et concepteurs de plastiques aux recycleurs, en passant par les marques et les distributeurs. De même, la société civile, la communauté scientifique, les entreprises et les autorités locales auront un rôle déterminant à jouer, en collaborant avec les pouvoirs publics au niveau régional et national en vue d’amener des changements positifs.

Promouvoir le recyclage des matières plastiques peut apporter des avantages environnementaux et économiques considérables. Il ne sera possible de porter les taux de recyclage des matières plastiques à des niveaux comparables à ceux d’autres matériaux qu’en améliorant les modes de production et de conception des plastiques et des articles en plastique. Il conviendra également d’intensifier la coopération sur toute la chaîne de valeur : depuis l’industrie, les producteurs et transformateurs de plastiques jusqu’aux entreprises de gestion des déchets, tant publiques que privées.

Une industrie des matières plastiques intelligente, innovante et durable, dans laquelle la conception et la production respectent pleinement les nécessités de réutilisation, de réparation et de recyclage, générera de la croissance et des emplois en Europe, et contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’UE et la dépendance de cette dernière aux combustibles fossiles importés.

Les difficultés liées à la production, à la consommation et la fin de vie des matières plastiques peuvent devenir une chance pour l’Union européenne et la compétitivité de l’industrie européenne. Y remédier grâce à une vision stratégique ambitieuse, englobant l’ensemble de la chaîne de valeur, peut stimuler la croissance, l’emploi et l’innovation. Cela pourra également réaffirmer le rôle moteur de l’Europe dans l’action menée au niveau mondial et aider à effectuer la transition vers une économie circulaire et à faibles émissions de carbone, tout en garantissant aux citoyens un environnement plus propre et plus sûr.

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