Sept initiatives qui peuvent faire boule de neige

05/12/2018

NK by Nour Kays : du plastique… à la mode

Le fléau des sacs en plastique ne répand pas que de la panique dans les quatre coins du globe : il inspire à certains des idées qui vont au-delà de la finalité utilitaire de cet article. C’est le cas de Nour Kays, la jeune fondatrice de l’entreprise NK by Nour Kays, qui fabrique des sacs à main très tendance à partir de banals sacs en plastique. De différentes couleurs et de formes variées, ces articles de mode sont le résultat d’une nette transformation du produit initial, comme on peut le constater en naviguant sur le site de l’entreprise : https://www.nkbynourkays.com.

L’idée a germé dans l’esprit de Nour à l’occasion d’un projet de master réalisé durant ses hautes études à Londres en 2013. « Il est clair que ma conscience environnementale et mon amour de la nature ont joué un rôle dans mes choix, à un moment où le danger du plastique ne faisait pas encore l’objet d’une telle campagne mondiale », dit-elle. Rentrée au bercail, elle y fonde son entreprise qui reste pour elle un hobby exercé en marge de son emploi de « graphic designer », même si elle reconnaît qu’à terme, cette activité a du potentiel.

Comment se déroule la production ? « Je collecte les sacs par plusieurs moyens, notamment des bennes spéciales placées dans des entreprises ou des sacs pourvus par des particuliers, étant donné que je n’en utilise plus, explique Nour. Nous les nettoyons dans un premier temps, puis nous les compressons en les exposant à de hautes températures. Leur couleur change et le résultat final des sacs à main que nous produisons réserve toujours sa part de surprise, malgré mon expérience.»

Il est pratiquement impossible de deviner l’origine atypique des sacs NK, dont chacun est unique. Ce qui attire les clientes ? « Il y a deux types d’acheteurs, ceux qui sont heureux de soutenir une initiative sociale visant à réduire le danger du plastique dans la nature, et ceux qui sont juste épris de mode et qui apprécient le produit, souligne la créatrice. Pour ma part, ma principale stratégie de vente vise à mettre en avant le fait que ces produits sont le fruit d’une réflexion liée au développement durable. »

EcoServ : pour le recyclage des déchets électroniques

Anciens téléphones, ordinateurs usagés, appareils électroniques abîmés… les déchets de ce type s’empilent dans les maisons et les entreprises, sans que nous soyons conscients de ce qu’ils contiennent comme matières toxiques pouvant affecter l’environnement s’ils ne sont pas recyclés. C’est à ce problème encore très largement ignoré au Liban que s’est attaqué Gaby Kassab, en fondant son organisation EcoServ*. Celui qui a consacré une grande partie de sa carrière professionnelle à la gestion de compagnies concernées par les technologies dites « intelligentes », et qui est particulièrement focalisé sur la planification stratégique, connaît bien le problème de ce type particulier de déchets.

« À EcoServ, nous sommes actifs sur trois axes, explique-t-il. Sur un premier plan, nous organisons des campagnes de sensibilisation autour du danger des déchets électroniques, par le biais de séminaires dans les universités ou autres institutions. Deuxièmement, nous collectons des déchets électroniques dans les entreprises et encourageons les foyers à s’en débarrasser de manière responsable en les disposant dans des bennes que nous plaçons dans des boutiques spécialisées ou dans les universités. Enfin, nous avons créé un espace d’exposition à l’intention de tous les acteurs qui travaillent dans le domaine des déchets, spécialement décoré de graffitis à thèmes environnementaux, créés par des artistes. Notre objectif est de promouvoir l’idée d’équilibre écologique. »

Pour ce qui est du recyclage qui suit l’étape de collecte, Gaby Kassab explique que les objets sont démantelés dans un premier temps, en vue d’en extraire les matières secondaires qui les composent, comme le plastique ou les métaux, qui sont envoyés aux industries locales pour recyclage. « Les matières toxiques qui se trouvent dans ces objets, comme les métaux lourds, ne peuvent être traitées au Liban. Nous les envoyons à nos entreprises de recyclage certifiées à l’étranger. »

Cette activité clairement coûteuse est jusque-là financée par l’ONG qui s’autosuffit jusqu’à nouvel ordre. Un soutien lui permettrait cependant de développer davantage ce service qui répond à un besoin plus que vital.

*www.ecoservlb.org

Marc Beyrouthy : S’inspirer de la nature pour résoudre les problèmes

C’est d’une vie fortement ancrée dans la nature que s’inspire Marc Beyrouthy, ethnobotaniste et professeur d’université, pour mener une carrière à multiples facettes. Et quand il en parle, il n’oublie pas le fil conducteur de ses trois principales activités : chroniqueur environnemental à la MTV, professeur à l’USEK et propriétaire de « Nature », une entreprise tournée vers le commerce équitable*. Pour tout cela, l’inspiration lui vient de la nature et particulièrement des arbres, dans ce qu’il appelle le « biomimétisme ».

« Des arbres, j’ai appris le caractère, de leurs racines les valeurs et de leurs feuilles le changement, aime-t-il à dire. Dans ma carrière, j’ai allié la sensibilisation à travers ma chronique à la télévision, les valeurs dans le fonctionnement de mon entreprise qui offre un local pour toutes sortes d’initiatives, comme des ateliers de travail, et le changement à travers l’enseignement aux jeunes générations. »

Et dans toutes ces activités, il prône la responsabilisation de tous dans le traitement des déchets, à travers les trois « r » : réutiliser, réduire et recycler. « Pour résoudre le problème des déchets, il est indispensable de changer la culture en profondeur », dit-il.

Et changer la culture, c’est ce à quoi Marc contribue en milieu universitaire. « Avec deux collègues, Dalida Sneifer et Samar Azzi, nous avons développé le comité vert de l’USEK, raconte-t-il. Notre philosophie : un campus est comme une petite ville, ce qui y fonctionne peut fonctionner à l’extérieur. » Outre le tri et le recyclage dans lesquels les trois collègues ont embarqué toute l’université – étudiants, administration et personnel –, ils ont mis en place des activités innovatrices comme celle des fontaines d’eau potable partout sur le campus, « qui nous permettront d’économiser plus de 7,6 millions de bouteilles en plastique par an ». D’autres initiatives illustrent aussi cet esprit : le « car pooling » qui attire aujourd’hui près de 250 étudiants, l’initiative de création artistique à partir des déchets ou encore le compostage de matières organiques sur le campus, au développement duquel le professeur a déjà poussé plusieurs de ses étudiants à consacrer des mémoires. En d’autres termes, la nature comme inspiration pour les solutions.

*http://marcbeyrouthy.com/ &usek.edu.lb

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