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Liban - Table Ronde

Le plastique dans tous ses états, allié autant qu’ennemi

Sur la tribune, de gauche à droite : Suzanne Baaklini, modératrice, Édouard Bitar, Pierre Issa, Ziad Abi Chaker (s’adressant au public) et Maher Abboud. Photo Michel Sayegh

Dans le sillage de la campagne de L’Orient-Le Jour en faveur d’une meilleure gestion des déchets plastiques et de gestes citoyens pour la réduction de la consommation de cette matière dans notre vie quotidienne – #MaBaddaPlastic –, une table ronde a été organisée dimanche par le journal dans le cadre du Salon du livre francophone. Intitulée « Les dangers du plastique, sommes-nous assez conscients ? », la table ronde a passé en revue l’état des lieux du plastique dans le monde et son danger sur l’environnement, les perspectives et les limites du recyclage, les réformes politiques à adopter en vue d’une meilleure gestion de cette matière, et enfin les moyens de faire évoluer les mentalités en vue d’actions citoyennes plus efficaces.

C’est à Maher Abboud, professeur et chercheur à la faculté des sciences de l’Université Saint-Joseph, qu’est revenue la mission d’expliquer la teneur de ces polymères fabriqués à partir d’hydrocarbures, qui ont profondément changé notre vie et qui sont inclus dans la majorité de nos objets du quotidien. Par ses qualités exceptionnelles de robustesse, de malléabilité et de légèreté, le plastique (sous ses différentes formes) s’est imposé dans la civilisation moderne. Malheureusement, a poursuivi l’expert, rejeté dans la nature sans traitement, le plastique y fait de nombreux dégâts, surtout en se fragmentant en microplastiques qui sont ensuite ingérés par des animaux marins, entrant ainsi dans un cycle naturel qui affecte l’homme.

De son côté, Ziad Abi Chaker, ingénieur spécialisé en traitement des déchets et fondateur de Cedar Environmental, pense que ces mêmes qualités énumérées par son prédécesseur font du plastique une matière très précieuse pour les industriels, notamment ceux du recyclage. Il a insisté sur la nécessité de donner de la valeur au plastique en tant que matière première, ce qui réduirait grandement son rejet dans la nature, plaidant pour une logistique plus efficace liant le tri dans les maisons et les prestataires du recyclage. Pour lui, les trois clés de la solution sont la réforme des lois, le développement des capacités industrielles et le changement des habitudes sociales, par le tri notamment. Au cours du débat, M. Abi Chaker s’est prononcé en faveur de motivations financières pour inciter les gens à réduire leur consommation de plastique, plutôt que l’interdiction pure et simple d’articles précis.


(Lire aussi : Alerte au plastique, l’édito de « L’Orient-Le Jour »)


Des solutions adaptées au pays

Pierre Issa, cofondateur et ancien directeur général d’arcenciel, a détaillé pour sa part les mesures politiques à prendre en vue d’instaurer une meilleure gestion du plastique en tant qu’articles consommés et en tant que déchets. Selon lui, toute solution doit prendre en compte la réalité socio-économique du pays, rien ne sert de calquer des mesures mises en place dans des sociétés différentes de la nôtre. Il a appelé les acteurs concernés à ne pas se diaboliser les uns les autres ni diaboliser des techniques particulières de traitement, mais plutôt à adapter les politiques et le système de taxes de manière à privilégier les mesures les plus adaptées au pays, dans le cadre d’une vision globale qui réduirait notre besoin d’articles en plastique et assurerait un traitement plus sûr des déchets. M. Issa a ainsi préconisé de taxer très fortement l’enfouissement (en raison de la rareté des terrains), de renforcer la valorisation énergétique et de subventionner la valorisation de la matière elle-même. Il a enfin appelé à demander des comptes aux responsables et à sanctionner par les votes ceux qui n’assument pas leur part de responsabilité.

Enfin, Édouard Bitar, cofondateur de Live Love Beirut, a décrit l’expérience de cette organisation dans les campagnes de nettoyage des plages et la quantité de plastique trouvée sur place, ce qui est un indicateur des comportements vis-à-vis de la production de déchets, notamment plastiques. Il a insisté sur les bonnes pratiques qui sont faciles à intégrer dans la vie quotidienne et sur la sensibilisation aux initiatives positives prises par certaines municipalités notamment, qui montrent bien que le changement de mode de vie et de consommation est tout à fait réalisable. Par de simples gestes, chacun peut devenir acteur du changement vis-à-vis du plastique, a-t-il dit.

Pour lire la série d’articles sur le plastique et visionner les vidéos de sensibilisation, consulter le minisite de L’Orient-Le Jour .  



Lire aussi

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Les autres articles de notre campagne :

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