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Nasrallah : Les sanctions internationales contre le Hezbollah ne vont pas retarder la formation du gouvernement

Liban

"Le Hezbollah ne veut pas de ministère régalien, contrairement à ce qui se dit", a assuré le chef du parti chiite, lors d'un discours télévisé marquant les 18 ans de la Libération du Liban-Sud, après le retrait des troupes israéliennes.

M.K. | OLJ
25/05/2018

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a assuré vendredi que les nouvelles sanctions imposées par les États-Unis au parti chiite n'allaient pas entraver la formation du prochain gouvernement auquel le Hezbollah compte prendre part.

Lors d'un discours télévisé retransmis en direct à l'occasion du 18e anniversaire de la Libération, marquant le retrait unilatéral des troupes israéliennes du Liban-Sud en 2000, après une occupation qui avait commencé en 1978, le leader chiite a d'abord salué la mémoire des "martyrs" du Hezbollah, ceux de l'armée libanaise, de l'armée syrienne et des factions palestiniennes, tombés dans la lutte contre Israël. 

Hassan Nasrallah a ensuite abordé la question des sanctions américaines contre les responsables du parti, et les conséquences de ces mesures.

"Il a été dit que le fait de nous inscrire sur les listes des organisations terroristes allait retarder la formation du gouvernement. Cela n'est pas vrai. Nous figurons sur des listes de groupes terroristes depuis longtemps", a expliqué le leader chiite. "Nous avions été sanctionnés par le passé, et cela n’a jamais empêché la formation des gouvernements et notre participation à ces gouvernements", a-t-il insisté.

Le 16 mai, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control – OFAC) du département américain du Trésor, en coopération avec l'Arabie saoudite et plusieurs pays du Golfe, avait ajouté sur sa liste de personnalités reconnues comme terroristes et  frappées de sanctions financières le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et neuf autres cadres du parti chiite, dont le secrétaire général adjoint Naïm Kassem, ainsi que Mohammad Yazbeck, Hussein Khalil et Ibrahim Amine el-Sayyed.

Les États-Unis ont placé le Hezbollah sur leur liste d'organisations "terroristes" et lui imposent, ainsi qu'à ses cadres, des sanctions économiques et bancaires. Depuis 2013, l'Union européenne considère aussi la branche armée du parti comme une organisation "terroriste". En 2016, les six pétromonarchies sunnites du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar et Oman) et la Ligue arabe ont également classé le Hezbollah chiite comme "terroriste".


(Pour mémoire : Nasrallah annonce une "nouvelle étape" dans la lutte contre Israël)


"Pas d’impact financier ou matériel"

Les sanctions internationales "n'ont pas d’impact financier ou matériel. Cela fait partie de la guerre psychologique. Ils (l'administration américaine) font cela pour éloigner de nous nos soutiens et ceux qui veulent rester en contact avec nous", a estimé le chef du Hezbollah.

"Les responsables du parti ont été sanctionnés car ils sont patriotes. Comment le gouvernement et l’État peuvent-ils leur tourner le dos ? Nous devons en parler, car cela ne concerne plus une ou deux personnes ou compagnies, il s’agit d’une politique qui va se poursuivre. Il est clair que les États-Unis et leurs alliés ne font pas cela pour s’amuser. Ils veulent mettre la pression sur les soutiens de la résistance. Mais cela n’est pas nouveau. Depuis les années 90 on cherche à assécher nos finances. Cela fait partie de l’affrontement en cours", a souligné Hassan Nasrallah.

"Les compagnies et les familles des propriétaires des entreprises (sanctionnées) doivent savoir que les pertes enregistrées en raison des sanctions font partie de la confrontation. Il s’agit de sacrifices, et nous devons y faire face", a-t-il martelé.

Revenant sur la question de la formation du gouvernement, Hassan Nasrallah a démenti toute volonté de blocage de la part de son parti. 

"Certains disent que le Hezbollah a hâte de voir formé le prochain cabinet pour se prémunir des dangers. Comme tout le monde, nous souhaitons une formation rapide du prochain gouvernement car il y a des dossiers pressants. Mais cela ne veut pas dire que nous craignons les États-Unis et les événements dans la région. Rien ne nous inquiète. Nous sommes confiants, et notre lecture des événements est la bonne", a-t-il poursuivi.

"Certes, il y a des complications, chaque formation ayant ses revendications dans le cadre des consultations pour le prochain gouvernement", a reconnu le chef du Hezbollah. "Mais jusqu'à présent, nous n'avons posé aucune condition", a-t-il fait savoir.

Démentant les informations selon lesquelles le parti chiite réclamerait un ministère régalien (Intérieur, Affaires étrangères, Défense, Finances), Hassan Nasrallah a dit : "Le Hezbollah ne veut pas de ministère régalien, contrairement à ce qui se dit. Le ministère régalien qui sera accordé à la communauté chiite sera attribué au mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berry, avec qui nous nous sommes mis d’accord".


(Lire aussi : Nasrallah, Kassem et les membres de la Choura du Hezbollah frappés par des sanctions US et arabes)


"Faillite"

Il a ensuite fait savoir que le Hezbollah réclame la création d'un ministère de la Planification, "afin que le pays cesse de fonctionner par tâtonnement".

"Nous voulons un gouvernement fort, efficace, qui représente les diverses formations politiques. Tout le monde a parlé de la lutte contre la corruption, de la décentralisation, de la crise des déchets. Que chaque formation apporte son projet, car les différents programmes comportent de nombreux points en commun", a affirmé Hassan Nasrallah.

Il a souligné que son parti allait lutter efficacement contre la corruption. "La lutte anti-corruption doit se faire à l’échelle nationale. Cela est la condition du succès. La direction du Hezbollah a préparé un dossier à ce sujet et un responsable du parti ainsi que des cadres de la formation vont s’en charger. Ce responsable sera le député Hassan Fadlallah", a-t-il annoncé.

"Le pays n'est pas encore en situation de banqueroute. Mais s'il continue sur cette trajectoire, avec cette corruption et cette dilapidation des fonds, il se dirige vers la faillite", a enfin prévenu le chef du Hezbollah.


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Irene Said

Bon...Monsieur Hassan Nasrallah, on note vos engagements et promesses, et attendons pour voir !

Quant aux martyrs "donnés" par beaucoup de vos partisans pour des causes qui, à part la libération du Sud Liban ne nous concernent pas...DIEU seul (ce DIEU qui compose le nom de votre parti) jugera si c'est de la "bravoure" !
Irène Saïd

Yves Prevost

La lutte contre la corruption figurait au programme de presque tous les candidats. Reste à savoir lesquels vont, une fois élus, la mettre en oeuvre.
Un test: on devrait voir une brusque augmentation des prix dans les magasins de la banlieue Sud, dès lors que tous les produits auront été soumis aux taxes légales.

Jean abou Fayez

Un homme de sagesse.

Bery tus

je me rappelle meme .. au temps de bachir, quand il a ete elu le lendemain les fonctionnaires qui ne partait qu'un seul jour a leur travail ont commencer a y aller et pas a 12H

Saliba Nouhad

Une chose qu’ on devrait reconnaître à HN: il est assez intelligent, bien articulé et fin renard et peut-être pas aussi corrompu qu’on le pense!
Il a sa propre logique, qui, malheureusement, ne correspond pas à la réalité Libanaise multi-confessionnelle.
Le problème avec ces gens-là, ce sont des fondamentalistes religieux totalement aveuglés par leurs fanatismes et leur vision rétrograde du monde moderne et avec qui il est impossible de dialoguer de manière rationnelle: si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes donc un ennemi à abattre...
Il veut lutter contre la corruption, tout en sachant qu’il ne peut pas se passer de toute la mafia des alliés qui l’entourent, sans vouloir les nommer, et qui permet à son mini-État de survivre...
Bref, du bla-bla pour sa pauvre populace, mais qui ne trompe personne!
Ce n’est donc pas lui qui règlera les problèmes du pays, alors qu’il en est l’une des causes principales.

Wlek Sanferlou

Je me souviens de Bashir et ses discours sur la corruption.
Espérons qu'on le copiera avec efficacité, le pays en profitera...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN RARE DISCOURS OU LA LOGIQUE PREVAUT !

LA TABLE RONDE

Il vient de nous donner la nouvelle direction du gouvernement futur à savoir un programme anti corruption efficace.

Cet homme est un exemple pour la nation toute entière, avoir donner son fils en martyr en combattant l'occupation du plus vil des pays au monde et avoir vancu ce pays est un acte de bravoure jamais égalé au Liban.

Espérons être publié sans rancune.

Antoine Sabbagha

Un ministère régalien toujours la même chanson tribale . Sourions .

Jean Michael

Quand Nasrallah et son parti du diable sont partis guerroyes ca et la, il n'a pas demande au prealbale le soutient du peuple libanais. Meme pas au sein de sa propre communaute. A present il veut que le peuple en entier supporte et vient a l'aide des individus et societes sanctionnes par les Etats-Unis? Il reve ou quoi!

Le Faucon Pèlerin

Il n'est pas dans mes habitudes de lancer des remerciements pour "blanchir mon visage" avec tel ou tel. Mais que la lutte contre la corruption généralisée pratiquée à grande échelle par ses amis, je trouve cela audacieux de la part de Sayed Hassan Nasrallah. Choukran.

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