X

À La Une

Protestations à Gaza : des clés pour comprendre

Repère

Pourquoi cette mobilisation ? Que se passe-t-il à la frontière ? A qui la faute ? Que dit la communauté internationale ? Comment la situation va-t-elle évoluer ? 

OLJ/AFP
15/05/2018

La bande de Gaza est le théâtre depuis le 30 mars d'un mouvement, la "marche du retour", qui a culminé lundi avec des affrontements dans lesquels près de 60 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens.

Des clés pour comprendre.

Pourquoi cette mobilisation ?

Elle tourne autour du "droit au retour", la revendication des Palestiniens à pouvoir retourner sur les terres dont ils ont été chassés par centaines de milliers à la création d'Israël en 1948. Depuis le 30 mars, "la grande marche du retour" draine ainsi des milliers, parfois des dizaines de milliers de Gazaouis, vers la frontière israélienne.

La protestation vise aussi le blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël à Gaza pour contenir le mouvement islamiste Hamas, qui dirige l'enclave et auquel il a livré trois guerres.
La mobilisation est sous-tendue par la dégradation continue des conditions de vie à Gaza, affligée par les guerres, la pauvreté, le chômage, les pénuries et l'enfermement.

L'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, lundi, a attisé les flammes.


(Lire aussi : Massacre à Gaza : ce qu'en dit la presse à travers le monde )


Que se passe-t-il à la frontière ?

Des foules de manifestants, hommes, femmes et enfants, convergent vers la frontière en plusieurs points de Gaza. Le plus grand nombre se tient à distance de la barrière de sécurité lourdement protégée par l'armée israélienne. Mais des groupes se rapprochent sous le couvert des fumées dégagées par le feu de pneus apportés par camions. Ils lancent des pierres et des bouteilles incendiaires et font rouler ces pneus en flammes vers les soldats. Les cerfs-volants faisant passer des bouteilles incendiaires de l'autre côté de la barrière sont devenus l'un des symboles de la protestation.


(Lire aussi : II – De Abdallah Ier à David Ben Gourion, les principaux acteurs de la Nakba)



Les soldats israéliens ripostent à l'aide de gaz lacrymogènes et de moyens anti-émeutes, à balles réelles contre les Palestiniens jugés trop menaçants.
L'armée israélienne dit redouter le scénario cauchemar de Palestiniens forçant la barrière et s'infiltrant en Israël pour s'en prendre aux populations civiles riveraines, voire enlever un soldat.
Israël, accusé d'usage excessif de la force, dit ne tirer à balles réelles qu'en dernier recours. Mais il répète qu'il protégera par tous les moyens la barrière, ses soldats et sa population.

Depuis le 30 mars, 114 Palestiniens ont été tués, la quasi totalité par des tirs israéliens à la frontière.






A qui la faute ?

La mobilisation est censée avoir démarré à l'initiative de la société civile. Mais le Hamas a été de plus en plus impliqué, au moins dans son accompagnement, au fil des semaines. Il proclame que le mouvement est pacifique. Les milliers de membres de ses forces armées n'ont pas ouvertement sorti les armes.
Mais Israël accuse le Hamas de se servir des manifestations pour mêler des hommes en armes et en civil aux protestataires et tenter de s'infiltrer en Israël ou disposer des engins explosifs le long de la barrière.

Outre la riposte immédiate aux troubles, Israël a commencé à frapper ponctuellement avec son artillerie et son aviation des positions du Hamas, suivant le principe selon lequel le mouvement islamiste est responsable des évènements sur territoire.

Réagissant aux dizaines de morts de lundi, l'Autorité palestinienne a de son côté accusé Israël de "massacre".

Les Etats-Unis, alliés d'Israël, ont accusé le Hamas de "provoquer intentionnellement et cyniquement" la réaction israélienne.


(Lire aussi : I – Les archives orales, pour raconter la Nakba)    



Que dit la communauté internationale ?

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à 14h00 GMT, à l'initiative du Koweït.
La Ligue arabe doit se réunir en urgence mercredi.

La Turquie et l'Afrique du sud ont rappelé leur ambassadeur en Israël. L'Irlande a convoqué l'ambassadeur israélien à Dublin, le premier pays de l'Union européenne à le faire.
Le président français Emmanuel Macron a condamné les "violences des forces armées israéliennes".
L'UE et Londres ont appelé à la retenue, tout comme Pékin en s'adressant "surtout" à Israël.

Les Etats-Unis ont bloqué lundi soir l'adoption d'un communiqué du Conseil de sécurité qui entendait exprimer son "indignation" "face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement".

Amnesty International a évoqué des "crimes de guerre" israéliens, tandis que Human Rights Watch (HRW) a parlé d'un "bain de sang que n'importe qui aurait pu voir venir".


(Diaporama : 14 mai à Gaza : la journée la plus sanglante depuis 2014 en 14 photos)



Et maintenant ?

Le Hamas a indiqué que le mouvement allait se poursuivre. Khalil al-Hayya, un responsable, a laissé entendre que les groupes armés, officiellement à l'écart de la mobilisation, pourraient s'en mêler, sans qu'il soit possible d'évaluer le sérieux de la menace.

L'armée israélienne s'est dite prête à une poursuite des évènements.

Il est difficile de prédire l'évolution de la situation. Le Ramadan commence mercredi ou jeudi. L'impact que pourrait avoir le mois de jeûne, synonyme traditionnellement d'un ralentissement des activités, n'est pas mesurable.







Lire aussi
Le syndrome de Jérusalem, l'édito d’Émilie SUEUR    

L’euphorie israélienne entraîne un bain de sang palestinien    

À Jérusalem-Est, « demain sera pire qu’aujourd’hui »

Des milliers de Palestiniens de retour à la frontière avec Israël, au péril de leur vie

Transfert de l'ambassade US à Jérusalem : les dirigeants libanais de tous bords condamnent

L'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem suscite une réprobation mondiale

Israël en pleine ferveur pro-américaine à l'aube d'une semaine à hauts risques

Acculés, les islamistes du Hamas rangent pour le moment les armes


Repère

L'ambassade américaine à Jérusalem, ni la première ni la dernière


Pour mémoire

Pourquoi le mois de mai risque de chambouler le Moyen-Orient

Sur Jérusalem, Riyad et les Arabes proclament une mobilisation de façade

Reconduit à la tête de l’OLP, Abbas plus affaibli que jamais

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Eleni Caridopoulou

Israel est fort avec les faibles et il est entouré de faible alors ils font' ce qu'ils veulent

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PAS BESOIN DE CLEFS POUR COMPRENDRE. TOUT LE MONDE ET JE PARLE DES PEUPLES PLUTOT QUE DES GOUVERNEMENTS POLTRONS COMPRENNENT ET CONDAMNENT LA BESTIALITE DE CES DERNIERS JOURS CONTRE LE PEUPLE PALESTINIEN !

LA TABLE RONDE

Comprendre quoi ? Arretons de noyer le poisson , y a rien d'autres à comprendre qu'il s'agit d'un massacre contre l'humanité.

Dernières infos

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

Je te/nous hais !

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué