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Politique - Décryptage

« Zones pilotes » : Aoun recueille les objections du tandem, l’armée peaufine sa vision


C’est avec une sorte de fatalisme que la délégation libanaise participe au sixième round de négociations qui se tient cette fois-ci à Rome. Les contacts préliminaires n’ont pas montré une réelle volonté israélienne de faire la moindre concession, tandis que la situation régionale reste tendue. La réunion de Rome est consacrée à l’étude des « zones pilotes », dont l’exécution est paralysée en raison d’une divergence entre le Liban et Israël. L’heure est donc venue d’entrer dans les détails de l’application du projet.

Dans ce cadre, le président Joseph Aoun, qui supervise directement les négociations du côté libanais, a recueilli les réserves du tandem chiite. Sur le plan des principes, les Israéliens proposent une stratégie dite de « pas contre pas » : l’armée libanaise achève les travaux de destruction des installations du Hezbollah et assure le retrait des combattants, le tout vérifié et officiellement reconnu, pour passer ensuite à une autre zone. Selon Amal et le Hezbollah, si ce processus est adopté, cela signifie que le retrait israélien nécessitera au moins deux ans.

Toujours sur le plan des principes, les Israéliens veulent s’impliquer directement dans la vérification du travail de l’armée sur le terrain. Autrement dit, l’armée pourra déclarer avoir démantelé les installations du Hezbollah et obtenu le départ de ses combattants d’une zone précise, mais il faudra attendre que les Israéliens en soient réellement convaincus pour passer à une autre zone. Les Israéliens estiment qu’ils ont été dupés lors de la période allant du 27 novembre 2024 jusqu’au 2 mars 2026, alors que les autorités libanaises avaient affirmé que le désarmement du Hezbollah avait été presque accompli dans la région au sud du Litani. Mais l’armée libanaise réplique que si le travail n’avait pas été totalement achevé, c’est bien parce que les Israéliens avaient refusé de se retirer des points qu’ils occupaient tout au long de cette période. En tout cas, l’armée refuse toute coordination directe avec les Israéliens et préconise un rôle plus poussé dans ce domaine pour les Américains.

Enfin, pour le tandem chiite, il est clair que les Israéliens veulent à tout prix pousser à une confrontation entre l’armée et le Hezbollah, et pour lui, un tel scénario serait terrible pour le Liban. Par exemple, dans tous les contacts préliminaires, les Israéliens ont cherché à imposer la colline de Ali Taher qu’ils ne contrôlent pas, et ils veulent que ce soit l’armée qui détruise les installations présumées du Hezbollah dans cette zone. Ils ont aussi proposé les localités de Zaoutar-Est et Zaoutar-Ouest, qu’ils ne contrôlent pas non plus directement, alors que l’armée, elle, estime qu’il faudrait commencer par les zones occupées par les Israéliens. Les Américains auraient suggéré, dans ce contexte, de ne pas trop s’attacher à l’occupation israélienne concrète, car ces régions sont de toute façon sous le contrôle par le feu de l’armée israélienne, même si elles ne sont pas directement occupées. Les Américains rappellent aussi que la résolution 1701 et l’accord du 27 novembre 2024 font clairement état de la nécessité de vider totalement la zone au sud du Litani de toute présence militaire du Hezbollah. Celui-ci répond qu’il est toujours d’accord pour vider la région au sud du Litani de toute son infrastructure militaire, mais à condition que les Israéliens s’en retirent également.

Cette affirmation ne convainc pas les Israéliens qui réclament désormais que même les combattants du Hezbollah originaires des localités au sud du Litani ne soient pas autorisés à rentrer chez eux. Ce qui est refusé par le tandem chiite, qui estime que si cela commence par les combattants, c’est qu’il faudra ensuite chasser leurs familles et faire ainsi des examens d’allégeance à toute la population du Sud.

De son côté, l’armée affirme qu’elle est prête à prendre le contrôle des zones que les Israéliens quitteraient en moyenne en trois semaines pour chacune. Elle aurait même mis au point un programme détaillé à cet effet. Mais elle estime d’une part que les Israéliens doivent se retirer d’abord, et ensuite que le programme serait réalisé en coopération avec le Hezbollah. Celui-ci devrait ainsi indiquer l’emplacement de ses installations aux soldats avec toute précision et franchise, et l’armée serait dotée d’équipements destinés à détecter l’existence d’installations militaires ou autres, contrairement à ce qui s’était passé pendant la période précédente, où le Hezbollah avait laissé faire l’armée sans lui fournir lui-même des indications.


C’est avec une sorte de fatalisme que la délégation libanaise participe au sixième round de négociations qui se tient cette fois-ci à Rome. Les contacts préliminaires n’ont pas montré une réelle volonté israélienne de faire la moindre concession, tandis que la situation régionale reste tendue. La réunion de Rome est consacrée à l’étude des « zones pilotes », dont l’exécution est paralysée en raison d’une divergence entre le Liban et Israël. L’heure est donc venue d’entrer dans les détails de l’application du projet. Dans ce cadre, le président Joseph Aoun, qui supervise directement les négociations du côté libanais, a recueilli les réserves du tandem chiite. Sur le plan des principes, les Israéliens proposent une stratégie dite de « pas contre pas » : l’armée libanaise achève les travaux...
commentaires (9)

&MeK, je vous cite " le Hb n'est pas une menace pour israel" !!! Pensez-vous vraiment ce que vous écrivez ??

KHL V.

08 h 47, le 16 juillet 2026

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Commentaires (9)

  • &MeK, je vous cite " le Hb n'est pas une menace pour israel" !!! Pensez-vous vraiment ce que vous écrivez ??

    KHL V.

    08 h 47, le 16 juillet 2026

  • Ce n’est pas une fierté que le rôle de notre armée. même très faible soit limité à faire le ménage après les destructions. Et je pense que tous ces va- et -vient ne mèneront nulle. Merci pour cet article très bien expliqué et analysé comme à l’accoutumée.

    Hitti arlette

    15 h 59, le 15 juillet 2026

  • Ho ho on tourne en rond, vous croyez franchement que la milice qui n’a jamais coopéré va se laisser gentiment déplumer par un état dont elle ne reconnait pas l’autorité, surtout si comme prévu l’Iran leur demande le contraire. Le pays ne peut plus supporter de tergiversions un gosse de 12 ans aurait compris que le seul moyen d’en sortir est d’utiliser la manière forte quitte à demander l’armement et le soutien logistique pour cela. Nul n’est content d’une guerre mais si cela devait entériner la deuxième indépendance et sortir le pays de l’enfer ou nous a plongé laxe des mollah alors oui 100%

    Liban Libre

    10 h 25, le 15 juillet 2026

  • Franchement après la saga de l’année dernière vous vous attendez sérieusement a ce qu’Israël nous fasse encore confiance? Juste a titre de bonne fois des deux cotes, au départ les zones pilotes peuvent être une sous occupation actuelle et l'autre pas tout le long de l'actuelle ligne jaune. L’armée Libanaise pourrait être épaulée par des militaires US, Allemands ou Italiens sans problème et de la FINUL mis sous chapitre 7.

    Petrossou

    10 h 17, le 15 juillet 2026

  • Le hezbollah se plaint que l’évacuation prendra deux ans ? Il préfère peut-être vingt ans comme la fois dernière ? Même amputée et vaincue, la milice préfère l’occupation…pour justifier sa quincaillerie devenue inutile. Cette milice vendue sert l’Iran et seul l’Iran. Elle a été créée pour ça. Même si les girouettes traditionnelles comme joumblatt et gebran font semblant de ne pas le savoir, le Président et le juge salam le savent bien et l’ont souvent déclaré. Les objections du tandem c’est de la simple obstruction, comme d’habitude. L’intérêt du Liban il ne sait pas ce que c’est.

    NG

    10 h 17, le 15 juillet 2026

  • Ça n'est pas avec des zones pilotes qu'on va désarmer la milice. Après 4 ans de massacres, d'un génocide et de destruction totale de Gaza, israel n'a pas réussi à désarmer le hamas. Le désarmement de la milice est une question politique. Donc, d'un coté, Israel se retire du Liban car le Hb n'est pas une menace pour israel qui est une superpuissance nucléaire et l'état se chargera du désarmement de la milice. Israel utilise les zones pilotes pour s'ingérer dans nos affaires et empêcher le retour des déplacés. Excusez le terme mais l faut arrêter avec ces conneries.

    MeK

    09 h 55, le 15 juillet 2026

  • Selon Amal et le Hezbollah, si ce processus est adopté, cela signifie que le retrait israélien nécessitera au moins deux ans. LES POURPARLERS USA/VIETNAM -ont dure 4ans et 9 mois....sans une cessation d'hostilites... AVANT LE RETRAIT DES FORCES AMERICAINES. alors que la milice iranienne et n berri arretent leurs tergiversations qui ne menent qu'a faire durer les miseres que subissent leurs propres citoyens.

    L’acidulé

    09 h 30, le 15 juillet 2026

  • Ola, du calme, svp, n oublions pas que le tandem a empêché l armée de rentrer dans les maisons, alors même que celles ci regoegeaient d armes pour la plus part.

    Zampano

    08 h 45, le 15 juillet 2026

  • Rien à faire! Le Liban n'obtiendra rien de véritablement concret tant qu'il n'aura pas donné des gages de sa VOLONTE de mettre au pas le Hezbollah.

    Yves Prevost

    08 h 25, le 15 juillet 2026

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