Deux Israéliens se tiennent près de la frontière entre Israël et le Liban, à Metula (Israël), le 27 juin 2026. Photo Amir Cohen / REUTERS
Une vidéo montrant quatre femmes appartenant au mouvement de colons israéliens Uri Tzafon se baignant dans le fleuve Hasbani, au Liban-Sud, a largement circulé sur les réseaux sociaux au cours des dernières 24 heures. Il s’agit de la deuxième incursion ce mois-ci de membres de ce mouvement d’extrême droite israélien, qui regroupe plusieurs familles de colons israéliens et prône l’établissement de colonies au Liban.
Le mouvement a affirmé mardi dans un communiqué, accompagné de la même vidéo qui a ensuite été reprise en ligne, que ses « militantes » étaient restées sur place pendant environ une heure, au cours de laquelle elles auraient déambulé dans les environs avant de se baigner dans le fleuve. Il affirme également que des soldats israéliens, arrivés à bord d’un véhicule militaire, leur auraient ensuite ordonné de quitter les lieux, ce à quoi elles se seraient conformées, avant d’être interpellées par la police israélienne. Ni la police israélienne ni l’armée israélienne n’ont commenté publiquement cet incident.
Dans la même publication, le mouvement justifie cette incursion en affirmant que « le fleuve Hasbani est situé à proximité du village de Ghajar, longtemps divisé par l’ancienne frontière, dont la séparation artificielle n’a été abolie que récemment ». Le groupe fait allusion au fait que la partie nord de Ghajar est située au-delà de la ligne bleue, bien qu’elle ait été annexée de facto par Israël en juillet 2023, après la construction d’une clôture la coupant du reste du Liban. La bourgade, qui est divisée par la ligne bleue des Nations unies, frontière de facto entre le Liban et Israël, ainsi que le plateau du Golan syrien annexé par Israël, a été occupée par l’État hébreu lors de la guerre de juillet 2006, qui l’a opposé au Hezbollah. La localité est contestée entre le Liban, la Syrie et Israël.
Uri Tzafon estime dès lors qu’« il est inadmissible que le fleuve adjacent ainsi que les sources du (fleuve libanais, NDLR) Wazzani, qui constituent une importante source du Hasbani, ne soient pas également ouverts et accessibles aux juifs ».
Cet incident a lieu alors que l’armée israélienne occupe actuellement plus de 600 km2 dans le sud du Liban, une superficie qu’elle qualifie de « zone de sécurité », alors qu’un énième cessez-le-feu fragile est en cours. Selon de récents propos du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, cette zone sera « débarrassée de ses habitants » libanais. L’objectif affiché d’Uri Tzafon (en hébreu « Réveille-toi, vent du nord ») est de repousser la frontière nord d’Israël jusqu’au niveau du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne bleue. Plusieurs figures de l’extrême droite israélienne plaident pour la création de colonies au Liban. En mai, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait ainsi affirmé qu’Israël disposait d’un « plan de colonisation pour le Liban ». Toutefois, cette tendance reste minoritaire, à ce stade, en Israël, alors que la plupart des dirigeants de l’État hébreu affirment ne pas avoir d’ambition territoriale au Liban et que l’occupation militaire dans le Sud servirait, selon eux, à assurer la sécurité des habitants du nord d’Israël.


