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Politique - Cessez-Le-Feu

Tensions sur le terrain autour des « zones-pilotes » en parallèle des pourparlers Liban-Israël à Rome

Les villages de Zaoutar et de Ghandouriyé ont été le théâtre de plusieurs dynamitages et explosions en amont d'un éventuel retrait de l'armée israélienne.

De la fumée émanant du village de Kfar Tebnit après un dynamitage de maisons perpétré par l'armée israélienne, dans le caza de Nabatiyé, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. Photo Abbas Fakih/AFP

À l'heure où débutait à Rome un nouveau cycle de pourparlers entre le Liban et Israël autour de la mise en œuvre de l'accord-cadre signé en juin dernier entre les deux pays, l'armée israélienne a multiplié les dynamitages et les frappes de drone autour des deux « zones pilotes » ce mardi, blessant au moins deux personnes. A Washington, qui supervise le processus, un responsable du département d'Etat américain a fait état de discussions « fructueuses, qui se sont déroulées dans une ambiance positive ». « Les deux parties sont désireuses d'aller de l'avant » et le dialogue reprendra mercredi, a-t-il ajouté.

Après avoir mené ses opérations de démolition pendant la nuit, en faisant sauter des habitations à Haddatha, Kounine, Tiri (caza de Bint Jbeil) ou encore (Tyr), les troupes occupantes ont détruit plusieurs maisons à Zaoutar el-Gharbiyé (caza de Nabatiyé) en les détonant ou en y mettant le feu, selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Les opérations israéliennes étaient jusqu'à présent relativement rares dans ce village qui, avec son voisin de Zaoutar el-Charqiyé, constitue la première « zone pilote » dont les forces israéliennes sont censées se retirer en vertu de l'accord-cadre, pour en céder le contrôle à l'armée libanaise, qui s'est dit lundi préparée à investir les lieux. Non loin de là, les troupes israéliennes ont mené en début d'après-midi d'autres dynamitages de maisons à Nabatiyé el-Faouqa, avant qu’un drone israélien y conduise une frappe, sans faire de victimes.

« Aller de l'avant »

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré mardi qu'Israël était prêt à « aller de l'avant » dans la mise en œuvre des dispositions de ces deux « zones pilotes » dans le sud du Liban, mais des manœuvres de troupes israéliennes ont été observées dans la zone de Zaoutar el-Gharbiyé, sans que l'on puisse authentifier l'effectivité d'un éventuel retrait de ce village situé au nord du fleuve Litani.

Quelques kilomètres au sud, deux personnes ont été blessées à la suite de l’explosion successive de deux mines sur une route du village de Ghandouriyé (caza de Bint Jbeil), voisin du village de Froun, inclus dans la deuxième « zone pilote », dans le secteur central. Les ambulances ont mis du temps à pouvoir accéder au lieu de l’incident pour en évacuer les blessés, faute d’autorisation de l’armée israélienne, positionnée à proximité de l'autre côté de la vallée de Wadi Slouki. Un incendie s'est également déclaré sur place en raison d'une des deux explosions.

Par ailleurs, des tirs d’artillerie israéliens ont visé une zone située entre les villages de Deir Seriane et Aadchit el-Qousseir (caza de Marjeyoun), tandis que des drones israéliens ont mené des frappes et largué des grenades assourdissantes dans les localités côtières de Mansouri et Bouyout al-Sayyad (Tyr).

L'opposition de Berry

À l'aune de ces développements sécuritaires, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui ne fait pas mystère de son opposition frontale aux négociations et à l'accord-cadre qui en a découlé le 26 juin, a une nouvelle fois fustigé ce texte « piégé ». S'il est appliqué et que le retrait se fait progressivement à partir de « zone pilotes », où l'armée libanaise se déploiera pour désarmer le Hezbollah, parallèlement au retrait israélien, ce retrait « prendra deux ans », a-t-il estimé.

Ces nouvelles critiques sont émises alors que le palais présidentiel de Baabda avait annoncé lundi soir que « la délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion ». Les négociations directes ayant abouti à l'accord-cadre « n'ont apporté aucun résultat réellement positif pour le Liban », selon le chef du législatif, qui a toutefois assuré qu'il sera heureux « si elles parviennent à mener à un retrait, au retour des déplacés du Sud dans leurs villages, à la libération des prisonniers libanais en Israël et à la reconstruction ».

Dans une déclaration au quotidien al-Joumhouria, en citant les principaux objectifs des négociations pour l'État libanais, il a estimé que « en fin de compte, ce qui m'importe, c'est de manger le raisin, pas de tuer le gardien de la vigne ». Alors que, malgré son opposition au processus diplomatique en cours et aux premières discussions directes entre Beyrouth et Tel-Aviv depuis des décennies, M. Berry veille à ne pas tendre davantage ses relations avec le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam et s'efforce d'éviter toute dissension interne

Le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, s'est d'ailleurs rendu mardi en fin de matinée au palais présidentiel de Baabda pour y suivre le déroulé des pourparlers qui doivent se tenir jusqu'à mercredi à l'ambassade américaine de Rome, en Italie.

Sur le terrain, Israël occupe toujours plus de 600 km² au Liban-Sud, dont le ministre israélien de la Défense Israel Katz a affirmé samedi que son armée ne se retirerait pas « avant très longtemps ».

Selon le dernier bilan officiel publié par le ministère de la Santé, au moins 4 324 personnes ont été tuées et 12 221 autres ont été blessées par les attaques israéliennes contre le Liban depuis la nouvelle escalade du 2 mars, contenue par un fragile cessez-le-feu annoncé le 19 juin entre le Hezbollah et Israël.

À l'heure où débutait à Rome un nouveau cycle de pourparlers entre le Liban et Israël autour de la mise en œuvre de l'accord-cadre signé en juin dernier entre les deux pays, l'armée israélienne a multiplié les dynamitages et les frappes de drone autour des deux « zones pilotes » ce mardi, blessant au moins deux personnes. A Washington, qui supervise le processus, un responsable du département d'Etat américain a fait état de discussions « fructueuses, qui se sont déroulées dans une ambiance positive ». « Les deux parties sont désireuses d'aller de l'avant » et le dialogue reprendra mercredi, a-t-il ajouté.Après avoir mené ses opérations de démolition pendant la nuit, en faisant sauter des habitations à Haddatha, Kounine, Tiri (caza de Bint Jbeil) ou encore (Tyr), les troupes occupantes...
commentaires (10)

Berry trouve le temps long lorsqu’il s’agit de faire la paix, deux ans pour un retrait complet? Notre pays a été sous occupation syrienne puis iranienne pendant plusieurs décennies, et on ne l’a jamais entendu se plaindre du temps long ni rejeter cette occupation puisque cela arrangeait ses affaires. Et puis s’il veut que ça se fasse vite, il n’a qu’à ordonner aux membres de son parti Amal de déposer les armes et faire pression sur ses alliés pour le faire en femme temps. On gagnerait beaucoup de temps et on perdrait moins de vie et de territoire pour le coup.

Sissi zayyat

16 h 56, le 15 juillet 2026

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Commentaires (10)

  • Berry trouve le temps long lorsqu’il s’agit de faire la paix, deux ans pour un retrait complet? Notre pays a été sous occupation syrienne puis iranienne pendant plusieurs décennies, et on ne l’a jamais entendu se plaindre du temps long ni rejeter cette occupation puisque cela arrangeait ses affaires. Et puis s’il veut que ça se fasse vite, il n’a qu’à ordonner aux membres de son parti Amal de déposer les armes et faire pression sur ses alliés pour le faire en femme temps. On gagnerait beaucoup de temps et on perdrait moins de vie et de territoire pour le coup.

    Sissi zayyat

    16 h 56, le 15 juillet 2026

  • SAIS PAS SI JE ME REPETE. le Liban doit prouver sa capacite a controler une region APRES en avoir deloge/desarme la milice iranienne, apres cela israel se retire d'une region qu'elle controle.LOGIQUE. MAIS le liban exige un retrait d'une region controlee par israel ou la milice n'existe pas. MAIS BON DIEU comment ds ce cas nous prouverions notre vouloir/pouvoir de desarmer la milice , C DINGUE OU QUOI ?

    L’acidulé

    09 h 44, le 15 juillet 2026

  • Bravo OLJ, un article sur les zones pilotes sans citer le chef d'état major du Liban: il faut le faire

    Dorfler lazare

    19 h 49, le 14 juillet 2026

  • Rien n’empêche les frustrés de cette négociation de prendre leur motocyclette au Sud et de tirer des fusées zelzal sur Israël. Ils ont le droit de résister, de faire des explosions, de se faire exploser eux-mêmes s’ils ont envie. Personne ne vous retient ! Bon vent. Mais non, ils sont trop lâches.

    Mago1

    18 h 45, le 14 juillet 2026

  • Les vendus peuvent continuer à jouer au plus malin en exigeant le retrait avant leur désarmement total et ils verront leurs fiefs rasés à mesure que leurs déclarations se font menaçantes sans rien changer au résultat. Israël restera et s’étendra sur notre territoire puisqu’ils lui offrent un alibi en or en ne déposant pas les armes. C’est ainsi, et ils devraient faire avec. Ils pourront dire adieux aux reconstructions et à la pacification de notre pays qui ne se relèvera jamais de leur culot mal placé, alors qu’ils sont aux abois et mordent la poussière.

    Sissi zayyat

    16 h 00, le 14 juillet 2026

  • Si on prend une perspective de longue durée on réalise que la paix a toujours été l’ennemi d’Israël. Il faut cesser de vivre dans l’illusion qu’on va vaincre Israël militairement. Avec la paix Israël devra s’adresser à ses problèmes intérieur qui sont encore plus graves que nos problèmes à nous et qui causeront l’effondrement du pays. Si les opposants à la paix pouvaient réaliser cela nous avons beaucoup.

    Vincent Makhlouf / ENHANCED FORM

    14 h 35, le 14 juillet 2026

  • Nabih Berry critique à nouveau l'accord-cadre et les « zones pilotes », estimant qu'un retrait selon ce processus prendrait « deux ans ». = Un retrait si on prete attention a Berry et Kassem, aux ordres de leurs seides perses, n,aura jamais lieu et le Liban perdra d,autres regions au controle d,Israel. L,accord cadre meme s,il lui faut deux ans pour voir le retrait total, et ca depend tres largement de nos gouvernants et armee a finir LE JOB dans les zones TEST, et la reconnaissance tacite de nos frontieres deja declaree, est le meilleur accord cadre pour le BON DEBARRAS du tandem diabolique.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 11, le 14 juillet 2026

  • Pourquoi L’Orient-Le Jour présente-t-il systématiquement Nabih Berri comme “le président du Parlement “ , sans jamais rappeler qu’il est aussi le chef du mouvement Amal , une milice armée alliée du Hezbollah ? Cette fonction est tout aussi importante, sinon davantage, pour comprendre son rôle et son influence au Liban. Un journal qui se veut indépendant et patriote devrait présenter le personnage dans toute sa réalité, au lieu de mettre uniquement en avant son titre institutionnel.

    Gebran Eid

    13 h 37, le 14 juillet 2026

  • Plus leurs mensonges sont beaux et stupéfiant plus ils sont crédibles…. Et NOUS vivons ces excès. - Aujourd’hui 2 résidences et 4 blesses ; à suivre …..ce soir...demain ....visite presidentiel ...a suiuvre ....

    aliosha

    13 h 13, le 14 juillet 2026

  • Il faut bien comprendre, pas de retrait israélien avant un désarmement du Hezbollah.

    Achkar Carlos

    12 h 42, le 14 juillet 2026

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