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Politique - Cessez-Le-Feu

Les négociations Liban-Israël reprennent à Rome

Nabih Berry critique à nouveau l'accord-cadre et les « zones pilotes », estimant qu'un retrait selon ce processus prendrait « deux ans ».

Une femme fume une cigarette sur le balcon d'un immeuble endommagé par une frappe aérienne israélienne, tandis qu'un homme transporte des briques au milieu des décombres, tentant de reconstruire sa maison après son retour à Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juillet 2026. Photo Zohra Bensemra / REUTERS

Alors qu'a commencé à Rome un nouveau cycle de pourparlers entre le Liban et Israël, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui ne fait pas mystère de son opposition frontale à ces négociations et à l'accord-cadre qui en a découlé le 26 juin, a une nouvelle fois critiqué ce texte « piégé ». S'il est appliqué et que le retrait se fait progressivement à partir de « zone pilotes », où l'armée libanaise se déploiera pour désarmer le Hezbollah, parallèlement au retrait israélien, ce retrait « prendra deux ans », a-t-il fustigé mardi.

Ces nouvelles critiques sont émises alors que le palais présidentiel de Baabda avait annoncé lundi soir que « la délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion ». Les deux premières zones sont situées dans le caza de Bint Jbeil, dans le secteur central, au niveau des localités de Ghandouriyé et Froun, et Zaoutar, au nord du fleuve Litani, dans le caza de Nabatiyé. Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, citée par l'AFP, « l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait ». Une délégation militaire américaine avait entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces « zones pilotes ».

Retrait israélien par caza

Les négociations directes ayant abouti à l'accord-cadre « n'ont apporté aucun résultat réellement positif pour le Liban », selon le chef du législatif, qui a toutefois assuré qu'il sera heureux « si elles parviennent à mener à un retrait, au retour des déplacés du Sud dans leurs villages, à la libération des prisonniers libanais en Israël et à la reconstruction ». Dans une déclaration au quotidien al-Joumhouria, en citant les principaux objectifs des négociations pour l'État libanais, il a estimé que « en fin de compte, ce qui m'importe, c'est de manger le raisin, pas de tuer le gardien de la vigne ». Alors que, malgré son opposition au processus diplomatique en cours et aux premières discussions directes entre Beyrouth et Tel-Aviv depuis des décennies, M. Berry veille à ne pas tendre davantage ses relations avec le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam et s'efforce d'éviter toute dissension interne.

Pensez-vous que le transfert des négociations Liban-Israël à Rome puisse porter préjudice à Beyrouth ?

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Nabih Berry a réitéré son refus du projet de retrait via des zones pilotes, soulignant son opposition au « principe même » de cette stratégie et rappelant qu'il avait proposé d'obtenir un retrait sur base des cazas (division administrative régionale) dans le Sud. Il a critiqué le temps que pourrait prendre le retrait sur base de zones pilotes, « jusqu'à deux ans » selon lui, et le fait que les zones envisagées « ne sont même pas occupées ». Au niveau de Zaoutar, l'armée israélienne a établi, en contrebas de la région et au niveau du fleuve, un passage sur le Litani et occupe Zaoutar el-Charqiyé (la partie est). Elle a en outre effectué un dynamitage plus tôt aujourd'hui à Zaoutar el-Gharbiyé, la partie ouest, ce qui laisse supposer qu'elle a la possibilité d'y avancer même si elle n'occupe pas la localité. Dans le secteur central, les forces occupantes avaient avancé depuis l'est jusqu'à la périphérie de Ghandouriyé, mais elles ne sont pas arrivées jusqu'à Froun, qui se situe quelques kilomètres plus au nord.

Le « piège » de l'accord-cadre

« L'objectif » des dispositions de l'accord est « d'entraîner l'armée dans des affrontements internes et de provoquer une discorde qui ne servirait que l'ennemi israélien, lequel cherche à nous attirer dans ce piège », a dénoncé M. Berry. Concernant la réunion à Rome, le chef du législatif a estimé qu'il ne s'agirait que d'une « répétition d'un processus laborieux, sans réelle avancée ».

Les délégations ont entamé leurs pourparlers vers 11h30, à l'ambassade américaine dans la capitale italienne. Le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, en suit le déroulé depuis le palais présidentiel de Baabda. « La délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion », avait annoncé hier soir la présidence libanaise.

Ces discussions ont lieu alors que les hostilités ont repris dans la région entre Washington et Téhéran. Les deux pays, toujours en état de guerre, avaient conclu un accord-cadre en vue d'une « paix durable », à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington. À l'instar de M. Berry, le Hezbollah, armé et financé par l'Iran, rejette cet accord. Téhéran avait exigé le cessez-le-feu au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin. Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril. Dans la nuit de lundi à mardi, les États-Unis ont mené pour la troisième nuit consécutive des frappes contre l'Iran avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée un vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans cette guerre le 2 mars en bombardant Israël pour soutenir l'Iran. L'armée israélienne poursuit cependant des frappes dans le Sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, dans sa « zone tampon » de près de 620 km2. Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4 300 morts, selon les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

Alors qu'a commencé à Rome un nouveau cycle de pourparlers entre le Liban et Israël, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui ne fait pas mystère de son opposition frontale à ces négociations et à l'accord-cadre qui en a découlé le 26 juin, a une nouvelle fois critiqué ce texte « piégé ». S'il est appliqué et que le retrait se fait progressivement à partir de « zone pilotes », où l'armée libanaise se déploiera pour désarmer le Hezbollah, parallèlement au retrait israélien, ce retrait « prendra deux ans », a-t-il fustigé mardi. Ces nouvelles critiques sont émises alors que le palais présidentiel de Baabda avait annoncé lundi soir que « la délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes...
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