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Moyen Orient et Monde

Le flou persiste sur le sort de Douma

Syrie

Moscou aurait prolongé la trêve d’une semaine et une avancée « positive » devrait avoir lieu dans les prochains jours, selon des sources locales.

29/03/2018

Les informations contradictoires et les rumeurs continuent d’alimenter le flou autour du sort de Douma, dernière fief rebelle de la Ghouta orientale. Pour certains, ce pourrait n’être qu’une question de jours, sinon d’heures : un assaut du régime et de son allié russe serait imminent. « Toutes les forces engagées dans la Ghouta orientale se sont dirigées vers Douma, en prévision d’une vaste opération militaire qui sera lancée si les terroristes de Jaïch al-Islam refusent de céder la ville et de partir », a écrit hier le quotidien officieux al-Watan, citant une source militaire. Une menace grandissante alors que les pourparlers entre le groupe islamiste et les Russes piétinent.
 « Des avancées positives vont avoir lieu au cours des prochains jours et Moscou a prolongé la trêve d’une semaine », affirment toutefois à L’Orient-Le Jour des sources locales bien informées, selon lesquelles les rumeurs qui circulent nuisent aux négociations. « Il y a même des nouvelles du retrait de certains groupes de l’armée du régime et leur redéploiement vers d’autres fronts tels que Deraa, ainsi que leur remplacement autour de Douma par des jeunes de la région », c’est-à-dire de la Ghouta orientale, ajoutent ces sources, non sans enthousiasme.


(Pour mémoire : Jaïch al-Islam refuse de quitter la Ghouta orientale)


En journée, des informations ont également circulé selon lesquelles des centaines d’habitants de Douma se sont rassemblés dans la ville pour réclamer d’être informés du développement des pourparlers ainsi que du sort de leurs proches qui seraient détenus par les insurgés. « C’est une cellule dormante du régime qui essaie de faire comme Difdaa a fait à Kfarbatna », répondent ces mêmes sources, en référence à Bassam Difdaa, un cheikh soufi de l’institut al-Fath et originaire de Kfarbatna. Il a semblé épouser la cause révolutionnaire quand les violences ont commencé en 2011, mais dès le début de l’offensive du régime dans la Ghouta le 18 février, il a appelé le groupe Faylaq al-Rahman à capituler, avant d’organiser des négociations avec Damas et Moscou. Pour ces sources locales, le même scénario serait en train de se répéter à Douma.
Pendant ce temps, de nouveaux rounds de pourparlers sont prévus pour les prochains jours, indique Ammar* à L’Orient-Le Jour, avec entre autres au menu l’entrée d’aides humanitaires et la sortie de la ville de ceux qui le souhaitent. « Les civils veulent tous la même chose, affirme Ammar, à savoir une solution pacifique. Mais si l’armée gouvernementale entre en ville, ils craignent des représailles de la part des soldats, parce que les combats ont été plus que violents » depuis la mi-février.


(Lire aussi : Le régime renforce sa présence autour de Douma, ultime poche rebelle dans la Ghouta)


Moscou réclame le départ des combattants
D’après des informations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Jaïch al-Islam était supposé rester à Douma, en échange d’un déploiement de la police militaire russe, mais pas de l’armée loyaliste. Mais des exigences du groupe islamiste ont fait échouer les pourparlers et la Russie réclame tout de go le départ des combattants de la ville, à l’instar du reste de la Ghouta orientale, aujourd’hui reprise à plus de 90 % par les soldats du régime.

Une prolongation de la trêve, décidée hier par Moscou, doit accompagner les pourparlers et les évacuations qui se poursuivaient hier. Une cinquantaine de bus transportant plus de 3 000 personnes, dont quelque 800 combattants, ont rejoint les provinces d’Idleb et de Hama dans le Nord-Ouest syrien, selon les médias gouvernementaux. Depuis le 18 février, plus de 1 600 personnes ont été tuées, selon les services de secours et l’OSDH, et plus de 128 000 civils ont fui les territoires rebelles dans la Ghouta pour rejoindre les zones gouvernementales, selon les mêmes médias. Le coordinateur humanitaire de l’ONU en Syrie, Ali el-Zaatari, a précisé que 26 000 d’entre eux avaient quitté les centres d’accueil, dénonçant des conditions de vie « très difficiles », et ont préféré se rendre à Damas ou rentrer chez eux dans la Ghouta, malgré l’étendue des destructions. « Il y a des cas de malnutrition, chez les femmes enceintes ou chez celles qui allaitent », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Damas.


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