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Moyen Orient et Monde

Défaire l’EI, seul objectif de Washington en Syrie

Entretien
C. H. | OLJ
29/03/2018

Le général américain Joseph Votel, chef du Central Command (Centcom) qui dirige les opérations militaires américaines en Asie et au Proche-Orient, revenait hier d’une tournée de deux semaines au Moyen-Orient. Alors que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient, particulièrement en Syrie, demeure assez illisible depuis l’accession au pouvoir du président Donald Trump en janvier 2017, et que de nombreuses questions restent en suspens, le général américain a pu répondre hier aux questions de journalistes de la région lors d’une téléconférence à laquelle L’Orient-Le Jour a participé.
Il a martelé que l’objectif premier des États-Unis en Syrie était la défaite totale du groupe État islamique. « Notre mission en Syrie est strictement concentrée sur la défaite de l’EI », a-t-il dit, semblant modérer les objectifs affichés par l’ancien secrétaire d’état Rex Tillerson en janvier dernier, qui avait assuré que le maintien des troupes américaines en Syrie visait à vaincre l’EI, contenir l’Iran et préparer la transition post-Assad.
Les États-Unis soutiennent toutefois les efforts de l’ONU en faveur d’un cessez-le feu durable et d’une gestion de la situation humanitaire qui périclite en ce moment même. Lors de l’attaque chimique sur Khan Cheikoun en avril 2017, Washington avait immédiatement réagi en envoyant des missiles sur la base aérienne d’où ont été lancées les attaques. Depuis, les États-Unis, tout comme la France, menacent régulièrement de frapper la Syrie en cas « d’utilisation avérée » d’armes chimiques. Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, alors en visite à Oman, avait averti il y a trois semaines que toute nouvelle attaque à l’arme chimique par le régime syrien serait « très mal avisée ». La position du Centcom reste sur la même ligne, le général Votel précisant que les menaces d’une nouvelle utilisation de ces armes par les différents acteurs sont prises très au sérieux.


(Lire aussi : Le flou persiste sur le sort de Douma)


La base US d’al-Udeid
Dans le Nord syrien, les Américains sont confrontés à une situation épineuse. Renforcée par la reconquête de Afrine, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, alliée des Américains au sein de l’OTAN, affirme que son prochain objectif sera de reprendre Manbij des mains des forces kurdes, soutenues par Washington. Les troupes américaines y sont déployées et ne comptent pas pour l’instant céder la place. Une confrontation entre les deux alliés par leurs proxys pourrait être envisagée. Le général Votel a affirmé que des discussions sont en cours au niveau des différentes chancelleries et qu’il ne pouvait pour l’instant apporter plus de détails sur la suite des événements. Cependant, il a admis que bien qu’étant conscient des craintes turques au niveau sécuritaire, l’armée américaine ne peut vraisemblablement pas se passer d’un « partenaire-clef sur le terrain », à savoir les forces kurdes, qui ont été « extrêmement efficaces pour contrer la menace de l’EI et se sacrifient depuis longtemps », a-t-il précisé. Ménager la chèvre et le chou ne sera donc pas une mince affaire pour Washington dans ce dossier.
Concernant les tensions constatées depuis des mois dans le Golfe, notamment depuis la mise au ban du Qatar par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte, le Yémen, Bahreïn et les Maldives, des rumeurs auraient circulé sur un éventuel transfert des bases aériennes américaines du Qatar et de Turquie vers l’Arabie saoudite. La base aérienne américaine d’al-Udeid est la plus importante dans la région. Malgré des liens importants entre Washington et Riyad, renforcés notamment depuis la visite du prince héritier Mohammad ben Salmane à la Maison-Blanche la semaine dernière, les États-Unis n’ont pas l’intention de rompre leurs liens avec le Qatar. Balayant d’un revers les rumeurs de transfert de la base militaire, le général Votel a souligné hier le rôle du Qatar, qui « comme d’autres pays de la région, a été un bon partenaire ». « Nous poursuivrons ces relations en espérant que les tensions au niveau de l’arène politique ne se répercutent pas sur la coordination militaire et sécuritaire », a-t-il insisté.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EN PAROLES... OUI ! USA ET RUSSIE JOUENT ENTRE EUX LA CARTE DE L,E.I. POUR LES MARCHANDAGES DE LA SECONDE PHASE DE LA GUERRE SYRIENNE QUI ARRIVE EN COURANT !

AIGLEPERçANT

Le jeune heritier prince bensaoud a déclaré au W.P à new York que le wahabisme avait été encouragé et exigé par les occidentaux pour que les bensaouds l'utilisent en Afghanistan contre les russes .

D'où l'explication mainte fois répétée que les wahabites bensaouds ne sont que des mercenaires occidentaux sous influence néfaste de qui on sait tous qui ils sont .

Sarkis Serge Tateossian

Ankara a profité très largement de l'indulgence de l'Occident envers elle, profitant au passage à massacrer des peuples ... Et vela continue...

Problème : Dans un monde ultra médiatisé... La barbarie et les mensonges de cette Turquie se dévoilent en plein jour, et ses alliances contre nature se fragilisent, et commencent à lâcher...

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