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La Dernière

Lamia Salhab, le chocolat noir entre désir et passion

Papilles
28/12/2017

De la passion, de l'authenticité et beaucoup d'amour. Lamia Salhab ne fait pas les choses à moitié et se donne à fond dans toute activité qu'elle entreprend. C'est ce qui est arrivé quand elle a décidé de confectionner du chocolat. L'initiative s'est transformée jusqu'à devenir « un atelier de goût » où des cours de cuisine sont également dispensés une fois par semaine par Lamia Salhab elle-même ou par d'importants chefs libanais comme Charles Azar, Eddy Diab, Rabih Fouany et Charbel Safi.

« Je me suis mariée jeune. J'ai attendu que mes enfants grandissent pour me lancer dans une carrière professionnelle. J'occupais mon temps en faisant des cours de danse orientale et en allant à l'Université Pour Tous jusqu'au jour où un ami, Wadih Haddad, qui avait un restaurant à la rue Monnot, m'a proposé de travailler avec lui. Je me suis occupée de la réception et des réservations. Puis il a eu l'idée de se lancer dans le chocolat », raconte-t-elle. « Je me souviens de la première fois où j'en ai fabriqué. C'était en 2004, toute la cuisine a été maculée de chocolat. J'ai pensé que plus jamais je n'en referai. Trois ans plus tard, pour Noël, j'ai confectionné 300 kilos de chocolat. Je travaillais dans ma maison d'été de Kléiate. Je tremblais de froid. Il faisait 7 degrés dans la cuisine. La température idéale pour le chocolat, mais pas pour moi ! » poursuit-elle.
Et voilà que Lamia Salhab prend goût à ce nouveau métier. Elle vend ses premiers 300 kilos à des amis et dans des expositions. Elle décide alors d'ouvrir un atelier et choisit un local non loin de chez elle à Biyakout, dans le Metn.
« Mon idée était nouvelle, je ne vendais que du chocolat noir non emballé, d'où le nom de "Désir noir", pour mettre en valeur la couleur du chocolat et sa texture », explique-t-elle.

L'émotion la rattrape quand elle parle de Chawki Srour, son parrain, « la personne qui m'a le plus encouragée à me lancer dans cette aventure. Il choisissait les boîtes de chocolat avec moi, achetais les invendus, me rassurait... Il est malheureusement décédé avant l'ouverture de l'atelier en 2009 », confie-t-elle. Elle baptise cet atelier « Désir noir », du nom du chocolat qu'elle confectionnait déjà et, sous le même label, assure un service catering, dispense des cours de cuisine et organise des soirées culinaires une fois par semaine. Elle suit des stages de cuisine à l'étranger, notamment chez Alain Ducasse, Lenôtre et auprès du chef-pâtissier Philippe Conticini, et s'embarque dans des voyages culinaires. Quand ce ne sont pas des chefs renommés qui dispensent des cours dans son atelier, c'est elle qui assure. « Depuis huit ans, nous donnons des cours une fois par semaine, deux fois par jour, à des adultes et des enfants, indique-t-elle. Pour les plus jeunes, c'est généralement dans le cadre de célébrations d'anniversaires. Les enfants sont sans cesse émerveillés, impatients de découvrir de nouvelles choses. J'aime participer et les aider à former leur goût, explique-t-elle. Je suis curieuse de tout. Si je vais au restaurant et qu'un plat me plaît, je rentre chez moi et j'essaie de le confectionner en devinant les saveurs et la recette. J'ai toujours aimé cuisiner et manger. J'ai pris 10 kilos depuis que j'ai ouvert mon atelier ! » avoue-t-elle.

Lamia Salhab aime aussi les défis. C'est ce qu'il lui permet d'accepter d'importants projets et de progresser. « Je ne refuse jamais une offre ou une proposition. À partir du moment où j'accepte de prendre un projet, je travaille d'arrache-pied pour le réussir », dit-elle. L'été dernier elle a été chargée, entre autres, du catering de la soirée d'ouverture du festival de Sourat.
« Tout a changé dans ma vie depuis que je me suis mise à travailler. Mes enfants sont devenus mes premiers supporters et aujourd'hui ils mettent la main à la pâte quand j'en ai besoin. Même mon petit-fils, âgé de deux ans, qui est devenu mon premier goûteur de chocolat », assure-t-elle.

 

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Wlek Sanferlou

Merci Lamia! Non seulement pour le succulent Désir Noir mais surtout pour le plaisir certain de voir une dame libanaise emmener une passion vers le succès! Un modèle à suivre par tous...

NAUFAL SORAYA

Oui, Désir noir... irrésisitible... un suicide... j'évite d'en approcher! Bravo Madame!

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