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Hariri accueilli par une foule de partisans à la Maison du Centre : "Je resterai avec vous"

Liban

Le Premier ministre libanais a insisté sur l'unité du pays.

OLJ
22/11/2017

Des milliers de partisans ont accueilli mercredi en début d'après-midi le Premier ministre libanais, Saad Hariri, près de la Maison du Centre, sa résidence privée à Beyrouth, pour saluer son retour au Liban.

Le chef du gouvernement libanais est brièvement apparu en tenue décontractée à la fenêtre de son domicile pour saluer la foule avant de s'exprimer depuis l'entrée principale du bâtiment.

 


Photo Philippe Pernot

 

"Merci, merci, merci à vous tous d'être venus pour exprimer votre loyauté", a lancé M. Hariri sous les vivats de la foule, affirmant que "cette rencontre est historique et inoubliable". "Je resterai avec vous pour que nous défendions tous ensemble le Liban, sa stabilité et son arabité", a-t-il ajouté, insistant également sur l'unité du pays. "Notre slogan est toujours le même : le Liban d'abord, le Liban d'abord, le Liban d'abord", a-t-il conclu, avant que l'hymne national libanais soit entonné par la foule. M. Hariri est ensuite descendu saluer ses partisans.

 


Photo Philippe Pernot

 

Agitant des drapeaux aux couleurs du courant du Futur, le parti de M. Hariri, et brandissant des banderoles à l'effigie de ce dernier, des militants venus de Beyrouth, mais également de Saïda, au Liban-Sud, de Tripoli, au Liban-Nord, et d'autres régions libanaises où la formation politique est populaire, ont fait le déplacement au son de chansons partisanes. Plusieurs pôles de la formation politique de M. Hariri étaient également présents.

 

Photo Philippe Pernot

 

Selon notre correspondante à la Maison du Centre, Patricia Khoder, les partisans présents lors de ce rassemblement, notamment venus du quartier beyrouthin à majorité sunnite de Tarik Jdidé, ont scandé des slogans virulents contre la communauté chiite.
D'autres militants interrogés ont pour leur part exprimé un certain ressentiment envers l'Arabie saoudite, déplorant les agissements de Riyad et la façon dont M. Hariri a été traité, mettant selon eux les sunnites libanais et le Liban en porte-à-faux.

Dès mardi soir, des partisans du Premier ministre étaient descendus dans la rue, en klaxonnant et en agitant des drapeaux aux couleurs du courant du Futur.

 

(Lire aussi : La dignité, mais ensuite ?, l'éditorial de Issa GORAIEB)

 

En fin de matinée, le chef du gouvernement avait déclaré qu'il suspendait sa démission, qu'il avait annoncée 18 jours plus tôt depuis Riyad, à la demande du président Michel Aoun, insistant notamment sur la nécessité d'appliquer une politique de distanciation.

Dans la matinée, Saad Hariri, rentré mardi soir à Beyrouth,  avait participé aux célébrations du 74ème anniversaire de la fête de l'Indépendance du Liban, dans le centre-ville de la capitale.

Le chef du gouvernement était arrivé la veille peu avant minuit à Beyrouth à bord de son avion privé, après une visite éclair en Égypte, où il s'était rendu depuis la France, et une brève escale à Chypre. Aussitôt après son arrivée à Beyrouth, M. Hariri s'est recueilli sur la tombe de son père, Rafic Hariri, avant de se rendre à la Maison du Centre, sa résidence privée.

 

La crise a débuté le 4 novembre dernier avec l'annonce surprise, depuis Riyad, par Saad Hariri, de sa démission. Alors qu'aucune date pour un retour de M. Hariri au Liban n'était avancée, suscitant d'intenses rumeurs sur la liberté de mouvement du Premier ministre, la classe politique libanaise avait rapidement, et de manière unanime, appelé M. Hariri à rentrer à Beyrouth.

 

(Lire aussi : Aoun : « Le Liban n’est pas un pays ouvert à tous les vents »)

 

Mercredi dernier, M. Aoun avait durci le ton en accusant l'Arabie saoudite de détenir M. Hariri, qualifiant cette détention d'"acte d'agression" contre le Liban. Des accusations rejetées par l'Arabie saoudite et démenties à plusieurs reprises par M. Hariri lui-même. La France, ancienne puissance mandataire du Liban, a alors endossé le rôle de médiateur dans la crise. Et c'est pour sortir de l'impasse, que le président Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille "pour quelques jours", affirmant néanmoins qu'il ne s'agissait "en aucun cas d'un exil politique".

En annonçant sa démission, Saad Hariri avait accusé le Hezbollah et l'Iran de "mainmise" sur le Liban, disant craindre pour sa vie. Téhéran a rejeté des "accusations sans fondement". Dimanche 12 novembre, alors qu'il s'exprimait pour la première fois depuis l'annonce de sa démission dans le cadre d'une interview accordée à Future TV, dont il est propriétaire, il avait néanmoins évoqué la possibilité de revenir sur sa démission, à condition que le Hezbollah cesse d'intervenir dans les conflits régionaux. Il avait mentionné le Yémen, où les forces saoudiennes luttent depuis mars 2015 contre les rebelles chiites houthis, soutenus par Téhéran, et la Syrie où le Hezbollah combat aux côtés des forces de Bachar el-Assad.

La démission de Saad Hariri intervient en effet dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite, qui soutient M. Hariri, et l'Iran chiite, qui accorde un appui important au Hezbollah. Les deux puissances régionales sont farouchement opposées sur des questions comme la Syrie, le Yémen et le Liban, où elles soutiennent des camps adverses.

 

 

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gaby sioufi

"Je resterai avec vous pour que nous défendions tous ensemble le Liban, sa stabilité et son arabité"
NOUVEAU Language: ARABITE ....... on ne l'entendait plus claironne depuis qqs decennies.
est ce un signal d'un changement quelconque ?

TYAN Georges

J'espère qu'il ne s'agit pas des 100 jours à la sauce Libanaise.

gaby sioufi

pour l'histoire heureusement que le drapeau saoudien etait souleve par qq'un du public , qu'on ne puisse accuser hariri de cela .


Zorkot Mohamed

Le Liban d'abord mais le drapeau saoudien hissé. On comprend tout ....

Talaat Dominique

déjà la première photo : drapeau libanais, du courant du futur, mais le drapeau saoudien ?
souverainiste, Liban d'abord ????

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