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Politique - Décryptage

La colline de Ali Taher, enjeu central de la bataille entre Israël et le Hezbollah


Entre les affirmations israéliennes d’avoir pris la colline de Ali Taher et le démenti du Hezbollah, ce lieu reste un enjeu majeur de la bataille en cours. Certains experts militaires vont même jusqu’à dire que les Israéliens n’accepteront pas un cessez-le-feu avant d’avoir totalement pris le contrôle de cette colline, tant elle est importante pour déterminer le vainqueur de cet affrontement. Mais pourquoi cette colline est-elle devenue plus importante que les autres, au point que le fait de la contrôler a, du côté israélien, justifié deux violations d’un cessez-le-feu annoncé par les Américains eux-mêmes ?

Cette colline a une valeur à la fois symbolique et stratégique. Située au nord du fleuve Litani, elle est considérée comme importante parce qu’elle surplombe une bonne partie du sud-est du Liban, notamment le château de Beaufort et toute la vallée avoisinante, ainsi que le caza de Nabatiyé et même l'Iqlim al-Touffah et le Jabal Rihane dans le caza de Jezzine. Les Israéliens accusent le Hezbollah d’avoir fait de cette colline et de tout ce qui l’entoure le véritable centre de commandement militaire du Sud. Ils vont même jusqu’à dire, sans avoir encore apporté de preuves, que le tunnel Imad 4 que le Hezbollah a à plusieurs reprises montré dans des vidéos et qui serait l’un des plus perfectionnés y serait installé. C’est dire l’importance que cette colline pourrait revêtir. Mais nul ne saurait confirmer cette allégation, vu que, jusqu’à présent, ni la colline ni le tunnel supposé n’ont été pris par les Israéliens. Au contraire, ces derniers jours, des combats féroces se sont déroulés dans ce secteur et auraient causé, selon les médias israéliens, la mort d’au moins 4 soldats et auraient blessé près de 17 autres. Pour les Israéliens, c’est un bilan lourd, qui est en lui-même un coup porté à ce qu’ils considèrent comme leur puissance militaire, surtout dans une zone qu’ils sont censés bien connaître.

En effet, la colline de Ali Taher reste, pour beaucoup d’Israéliens qui ont suivi le retrait de leur armée du Liban-Sud en mai 2000, la dernière position évacuée par leurs militaires. En ce sens, elle est d’ailleurs devenue, dans l’esprit de nombreux militaires israéliens, le symbole du repli, voire de la défaite. Ce serait d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le commandement israélien tient tellement à s’en emparer, au point de prendre le risque de creuser davantage le fossé entre lui et l’administration américaine de Donald Trump. Le commandement militaire israélien estimerait en effet que la prise de cette colline est essentielle pour créer un fait accompli de poids sur le terrain, qu’il faudra prendre en compte dans tout accord futur.

Selon des sources proches du Hezbollah, les Israéliens auraient tenté, dans la nuit de jeudi à vendredi et jusqu’aux premières heures de samedi, de prendre Ali Taher en lançant leurs troupes sur trois axes entourant la colline, sous un tir nourri. Mais ils n’ont pas réussi à la prendre et le dernier cessez-le-feu, décrété samedi dans l’après-midi, a douché leurs ardeurs. Les Israéliens ont d’ailleurs accusé le Hezbollah d’avoir lui-même violé le cessez-le-feu en lançant plus de 50 attaques dans la nuit de vendredi à samedi contre leurs soldats. Mais le Hezbollah a assuré qu’il ne faisait que défendre le lieu face aux attaques israéliennes et selon lui, le fait d’avoir empêché les Israéliens de prendre cette colline est en soi une grande réalisation, en raison notamment de l’importance des forces mobilisées dans ce but par les Israéliens et du fait que ces derniers ont épuisé toutes leurs tactiques et ont utilisé à fond toute leur puissance militaire sans parvenir à un résultat concret. Sur le plan purement militaire, le Hezbollah considère que la bataille de Ali Taher a mis en échec la théorie qui dit que la couverture aérienne et les lancements d’obus et de missiles, autrement dit la tactique de la terre brûlée, permettent des percées sur le terrain, sans oublier le coup psychologique porté au prestige de l’armée israélienne qui s'estime invincible.

Pour cette raison justement, le Hezbollah s’attend à ce que le cessez-le-feu annoncé ne tienne pas longtemps. Mais, pour eux, la bataille de Ali Taher devrait compter dans les négociations entre l'Iran et les États-Unis qui se tiennent en Suisse et surtout dans celles (directes) entre le Liban et Israël qui devraient avoir lieu le 23 juin à Washington.

Entre les affirmations israéliennes d’avoir pris la colline de Ali Taher et le démenti du Hezbollah, ce lieu reste un enjeu majeur de la bataille en cours. Certains experts militaires vont même jusqu’à dire que les Israéliens n’accepteront pas un cessez-le-feu avant d’avoir totalement pris le contrôle de cette colline, tant elle est importante pour déterminer le vainqueur de cet affrontement. Mais pourquoi cette colline est-elle devenue plus importante que les autres, au point que le fait de la contrôler a, du côté israélien, justifié deux violations d’un cessez-le-feu annoncé par les Américains eux-mêmes ?Cette colline a une valeur à la fois symbolique et stratégique. Située au nord du fleuve Litani, elle est considérée comme importante parce qu’elle surplombe une bonne partie du sud-est du Liban,...
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