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Société - Liban

Elles avaient entre 16 et 32 ans : qui étaient les victimes de l'incendie dans une pizzeria de Beyrouth ?

Certaines victimes étaient des employés du restaurant, d'autres d'une compagnie de gaz livrant des bonbonnes. 
Elles avaient entre 16 et 32 ans : qui étaient les victimes de l'incendie dans une pizzeria de Beyrouth ?

Le lieu de l'explosion meurtrière dans une pizzeria de Beyrouth, le 30 avril 2024. Photo Zeina Antonios/L'Orient-Le Jour

Imad, Walid, Aya, Hussein, Hadi, Majd, Youssef, Abdallah, Ali se sont retrouvés coincés, mardi, dans l'arrière-boutique de Pizzeria Secrets, une pizzeria du quartier de Béchara el-Khoury, à Beyrouth, lorsqu'une explosion a retenti dans l'établissement, suivie d'un incendie incontrôlable. Bloqués, sans issue de secours dans la pièce où ils se trouvaient, ils ont suffoqué jusqu'à en mourir. 

Le plus jeune, le Syrien Abdallah Abdallah, n'avait que seize ans, le plus âgé, Hussein Harmoush, un Libanais, à peine le double. 

Des pères de famille

Parmi les victimes, Walid Dankour, qui a été enterré mercredi matin dans son village de Kfar Bebine, dans la région de Denniyé, au Liban-Nord, est d'ailleurs décrit comme étant « encore un enfant » par le moukhtar de cette localité, Ahmad Haïdar. « Il n'avait que 25 ans et avait à charge un enfant malade, qui a besoin d'un traitement médical urgent. Walid Dankour collectait des dons pour le soigner. Sa femme, enceinte de sept mois, attend leur deuxième enfant », ajoute le fonctionnaire local. « Sa dépouille a été ramenée mardi soir au village, il a été enterré ce matin », confie M. Haïdar à L'Orient Today, en racontant que « ses parents sont sous le choc, inconsolables. Sa mère n'a pas cessé de pleurer depuis qu'elle a appris que son fils avait trouvé la mort ».

Pour mémoire

Au moins neuf morts et quatre blessés dans une explosion causée par une fuite de gaz à Beyrouth

« Nous sommes sous le choc », affirme pour sa part Abou Rabih, l'oncle de Hussein Harmoush. L'homme de 32 ans, qui vivait à Beyrouth et était originaire du village de Hezine, dans la Békaa, était père de deux petites filles de deux et trois ans. L'aînée de ses enfants « est atteinte d'une maladie nerveuse ; son corps est très faible. Chaque semaine, elle est admise à l'hôpital ». Hussein travaillait pour Natgaz, une compagnie gazière, pour laquelle il faisait une « double journée de travail », se mobilisant « jour et nuit pour subvenir aux besoins de sa famille et couvrir les frais d'hospitalisation de sa fille ». L'explosion est survenue « alors qu'il encaissait » de l'argent d'un restaurant, pour sa livraison de gaz. La déflagration a également tué, selon Abou Rabih, un autre employé de la même entreprise. Cette dernière n'était immédiatement joignable pour donner plus de détails. 

La Fleur d'avril

Parmi les employés de Pizza Secrets, Imad Choucair « venait de commencer à y travailler », il y a à peine une semaine, relate Abdel Choucair, un parent et président de la municipalité de Meis el-Jabal, au Liban-Sud. Imad a grandi dans la banlieue sud de Beyrouth. et à ses funérailles, ce jeudi à Tayyouné, « tout le quartier était là ». Le jeune homme de 24 ans était diplômé en hôtellerie. 

Aya Marmar, la seule femme parmi les victimes, était, elle, « le pilier de la maison », selon sa tante maternelle Rima, qui déclare que la famille « fera tout pour lui rendre justice ».

« Maintenant, on l'appelle la Fleur d'avril », explique-t-elle à L'Orient-Le Jour. La jeune femme de 26 ans, qui sera enterrée vendredi à Ansar, dans le Sud, avait étudié le graphisme, mais elle travaillait chez Pizza Secrets « parce qu'elle ne trouvait pas de travail dans son domaine ». « Elle n'avait pas besoin d'un emploi, mais elle en avait envie, alors elle a trouvé ce travail qui ne lui ressemble pas » , poursuit Rima. Sa tante décrit Aya, qui a quatre frères et sœurs, comme le « pilier de la maison « . « Son père, qui est avec le Hezbollah, avait été blessé à l'œil (lors de l'occupation israélienne du Liban-Sud, avant 2000, Ndlr) elle est devenue ses yeux », raconte la tante. 

Incompréhension

Parmi les proches des victimes contactés par L'OLJ, certains témoignent de leur incompréhension face à ce qu'il s'est passé. Selon un employé qui a réussi à quitter les lieux, emmenant avec lui deux clients, « la tragédie aurait pu être évitée » si des mesures de sécurité appropriées avaient été prises, telles que l'existence d'une sortie de secours. « Le restaurant venait d'ouvrir. Il n'y a aucune excuse pour qu'il n'ait pas de sortie (de secours) » , a déclaré un membre de la Défense civile qui a requis l'anonymat, car il n'est pas habilité à parler aux médias.

Cette incompréhension est partagée par la mère de Hadi Chéhab, une des victimes. « Nous méritons de savoir comment ils sont morts. Je veux savoir ce qui s'est passé à l'intérieur, pas seulement à l'extérieur », s'est exclamée, au téléphone, Batoul Issa. Elle s'interroge notamment sur la raison pour laquelle la bonbonne de gaz avait été placée à l'entrée du restaurant. Parlant de son fils avec émotion, elle affirme que le jeune Libanais de 20 ans, qui vivait à Hay el-Sellom, « était aimé de tous ». La mère de famille, qui vivait avec Hadi et ses deux autres enfants, explique qu'il avait commencé à travailler à Pizza Secrets il y a environ deux mois, « pour préparer les pizzas ».  La brigade des pompiers de Beyrouth a publié mercredi un communiqué soulignant que la cause de l'explosion chez Pizza Secrets faisait toujours l'objet d'une enquête, contredisant les rapports antérieurs attribuant l'incident à la soudure de tuyaux de gaz.

Parmi les autres victimes, on dénombre également trois Syriens : Majd Ramadan, 25 ans ; Youssef Al-Abbas, 21 ans, et Abdallah Abdallah, 16 ans, ainsi qu'un Égyptien : Ali Jad, âgé d'à peine 19 ans. Mahdi, l'employé de Pizza Secrets avec qui s'est entretenu L'Orient-Le Jour a confirmé que Majd, Youssef et Ali travaillaient bien pour le restaurant. 

Imad, Walid, Aya, Hussein, Hadi, Majd, Youssef, Abdallah, Ali se sont retrouvés coincés, mardi, dans l'arrière-boutique de Pizzeria Secrets, une pizzeria du quartier de Béchara el-Khoury, à Beyrouth, lorsqu'une explosion a retenti dans l'établissement, suivie d'un incendie incontrôlable. Bloqués, sans issue de secours dans la pièce où ils se trouvaient, ils ont suffoqué jusqu'à en...
commentaires (4)

n'avait que 25 ans et avait à charge un enfant malade, qui a besoin d'un traitement médical urgent. Walid Dankour collectait des dons pour le soigner. Sa femme, enceinte de sept mois, attend leur deuxième enfant », ajoute le fonctionnaire local. Si vous avez les coordonnées de cette famille merci de nous les adresser pour prendre en charge le traitement de cette enfant Merci d’en avoir parler @01613636 @ les petits soleils

Noha Baz

15 h 00, le 04 mai 2024

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Commentaires (4)

  • n'avait que 25 ans et avait à charge un enfant malade, qui a besoin d'un traitement médical urgent. Walid Dankour collectait des dons pour le soigner. Sa femme, enceinte de sept mois, attend leur deuxième enfant », ajoute le fonctionnaire local. Si vous avez les coordonnées de cette famille merci de nous les adresser pour prendre en charge le traitement de cette enfant Merci d’en avoir parler @01613636 @ les petits soleils

    Noha Baz

    15 h 00, le 04 mai 2024

  • Que ces victimes reposent en paix.

    Vero M

    16 h 11, le 03 mai 2024

  • La negligence est exprimee dans le premier paragraphe de la constitution de 1943.

    M.J. Kojack

    15 h 56, le 03 mai 2024

  • Comme souvent au Liban, la négligence et le mépris des règles élémentaires de prudence (parler de sécurité est illusoire) expliquent souvent les circonstances d'un drame. Je garde un souvenir prégnant d'un livreur d'essence - accroupi sur le toit de la citerne de son camion - en train de prendre en photo le niveau de sa cuve toutes trappes ouvertes avec son iphone. Un geste de trop, une chute de l'appareil dans la cuve... et boum !

    Ca va mieux en le disant

    14 h 54, le 03 mai 2024

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