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Liban

Comme une volonté de coopération entre l’exécutif et le législatif...

La situation
Fady NOUN | OLJ
21/06/2017

Le pays revient de loin. Il se réveille d'une léthargie prolongée qui, sous divers prétextes, était une lutte ouverte ou larvée pour le pouvoir... et le partage d'influence. Une lutte qui entravait le travail du gouvernement et avait fini par le paralyser entièrement. La page qui vient d'être tournée, avec la promulgation d'une nouvelle loi électorale basée sur la proportionnelle, sera-t-elle marquée par une meilleure coopération entre les ministres de bords différents ? C'est la question que le chef de l'État cherche à régler.

Un Conseil des ministres est prévu aujourd'hui, à l'ordre du jour duquel figure la délicate question de l'approvisionnement du pays en énergie électrique. Elle servira de test à la nouvelle phase qui s'annonce.

Les ministres des Forces libanaises se sont concertés hier, en vue d'unifier leurs positions à l'égard d'un projet contesté du ministre de l'Énergie, César Abi Khalil (CPL), qui avait proposé la location de deux centrales flottantes pour assurer au pays du courant électrique 24 heures sur 24 cet été. Sauf que l'octroi de la concession à une société turque, sans passer par un appel d'offres, a paru suspect aux FL, qui n'ont pas mâché leurs mots à cet égard. La réunion d'aujourd'hui servira à tirer au clair cette affaire. Le ministre semble avoir admis que sa façon de procéder, quelles que soient ses intentions, paraîtra entachée de corruption et qu'il sera nécessaire de procéder à un appel d'offres en bonne et due forme.

Par ailleurs, le palais présidentiel de Baabda accueillera demain une réunion des chefs des partis représentés au gouvernement. Walid Joumblatt, en visite à Moscou, y sera représenté par Marwan Hamadé, croit-on savoir.
Quoi qu'on en pense, cette réunion représente un progrès, ne serait-ce que parce que des hommes qui refusaient de se parler, ou n'échangeaient leurs avis que par personnes interposées, se retrouveront face à face et seront obligés de se saluer. Il faudra observer l'intensité de la poignée de main qui sera échangée entre le chef de l'État et le chef des Marada, d'une part, le président de la Chambre et Gebran Bassil, d'autre part, pour dire si un vent de renouveau va réellement souffler sur les rapports individuels et politiques des hommes qui y seront engagés.

 

(Lire aussi : Les conférences de Baabda, une réaction ?)

 

 

Une réunion pragmatique
Sera-t-il question demain à Baabda des « réformes inachevées » de l'accord de Taëf (sénat ou décentralisation par exemple) ou de la question encore plus délicate des armes du Hezbollah ? Il ne semble pas. En fait, le but de la réunion serait plus pragmatique que fondamental. D'ailleurs, l'ouverture d'une session extraordinaire de la Chambre à partir d'aujourd'hui conforte une volonté commune de l'exécutif et du législatif d'aller de l'avant, d'éviter les chicanes, d'obtenir des réunions plus productives.

La volonté du législatif de coopérer avec le gouvernement s'est reflétée d'ailleurs dans une déclaration du président de la Chambre qui, recevant hier le conseil de l'ordre de la presse présidé par Aouni Kaaki, a jugé que la nouvelle loi électorale est « un pur produit de l'esprit de compromis et d'entente libanais », ajoutant qu'il n'y a « rien à craindre pour le Liban, tant que l'esprit d'entente y prévaut ».
Et de préciser que la seule raison qui l'empêche de se concerter régulièrement, à Baabda, avec le chef de l'État, comme le veut la coutume constitutionnelle, est d'ordre sécuritaire.

 

(Lire aussi : Les réformes, nouveau cheval de bataille du CPL)

 

 

Priorités
Dans l'esprit du chef de l'État, il s'agit en outre d'établir une liste des priorités socio-économiques du pays. Il s'y est mis dès hier, d'ailleurs, en approuvant le déblocage des crédits nécessaires au paiement des contractuels de l'Éducation nationale avant dimanche, date probable du début de la fête du Fitr.

Selon certains milieux parlementaires, l'un des sujets qui feraient l'objet d'une entente concernerait la grille des traitements et salaires dans le secteur public, qui serait finalement passée d'ici au mois de juillet. Selon des sources syndicales, la CGTL aurait accepté son paiement échelonné, ce que refuse le comité intersyndical (proche du Parti communiste).

Selon des sources au palais Bustros, le gouvernement s'attaquerait aussi, cet été, au dossier des nominations diplomatiques. Au nombre des capitales sans ambassadeur figurent Washington, Paris, Le Caire, la Ligue arabe, Pékin, le Vatican et Madrid, tandis que très prochainement, ce sera au tour de Nawaf Salam, notre ambassadeur à l'ONU, de prendre sa retraite.

D'autres sujets brûlants attendent aussi qu'on s'y attaque, à commencer par celui de la montée de la criminalité et de l'usage anarchique des armes individuelles. Ainsi, un homme a été tué hier « par erreur » à Sabra (au sud de Beyrouth) d'une balle tirée en direction du sol, qui a ricoché sur le béton et l'a atteint mortellement... Citons aussi celui de l'amnistie que réclament des détenus islamistes, ainsi que de la justice à rendre (rapidement) aux proches de victimes cyniquement tuées par des voyous...

 

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DANS LA PHOTO DES SOURIRES TROMPEURS... EN DEHORS, CHACUN CHEZ SOI ET CHACUN POUR SOI... ET LE THEATRE DES INTERETS PROPRES CONTINUE...

TYAN Georges

Si la perrénité d'un état se mesure à l'aune de l'intensité d'un serrement de mains, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.

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