Liban

Berry réaffirme la solidité de sa relation avec Aoun

Éclairage
21/06/2017

L'heure n'est décidément pas aux amendements de la nouvelle loi électorale, votée laborieusement et in extremis. C'est en tout cas ce qu'affirme le président de la Chambre, Nabih Berry, à ses visiteurs. Il refuse pour le moment tout amendement de fond qui aura été rejeté durant les pourparlers autour de la loi.
À l'heure qu'il est, les tractations concernant les alliances électorales n'ont pas démarré, les différentes composantes de la scène politique étant dans l'expectative. Mais certaines parties qui s'étaient opposées à la loi actuelle se demandent pour quelles raisons ceux qui ont œuvré pour son adoption veulent déjà en réclamer l'amendement, alors qu'ils ont presque élaboré la loi à eux seuls, que ce soit sur le plan de la formule ou du mécanisme électoral. L'encre de la loi est à peine sèche, soulignent ces courants politiques. Ils s'interrogent également sur la nature des changements qu'on voudrait apporter à un texte qui vient tout juste d'être voté par le Parlement, surtout à l'aune d'informations faisant état d'un éventuel retour à la formule de préqualification réclamée par le Courant patriotique libre mais qui ensuite a été rejetée par le tandem chiite Amal-Hezbollah.
L'opposition ne désire pas pour autant presser le pas et continue d'estimer que le mieux est de ne pas apporter de modifications au texte. Elle voudrait attendre sa mise en application pour en découvrir les failles a posteriori. Les visiteurs du président de la Chambre confient que ce dernier y a apporté des modifications matérielles avant qu'il ne soit validé par les députés. Du côté du Courant patriotique libre, on cherche à présent à minimiser la portée des propos récemment prononcés par le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil sur la formule de préqualification, la nécessité d'apporter des correctifs à la loi et d'y ajouter des garde-fous. Pour le CPL, cette position du ministre des AE n'est pas nouvelle, de même que sa revendication de valider, avec la loi, le fameux « package » qu'il avait proposé en tant que « complément de loi » et qui comprenait entre autres la création d'un Sénat. Un package qui avait d'ailleurs également été rejeté par le tandem chiite. Le CPL soutient toutefois que rien n'empêche aujourd'hui de revenir au fameux « package » et de discuter une nouvelle fois de cela car son objectif est bien d'apporter des garde-fous au texte voté et de l'empêcher de dévier de l'objectif politique pour lequel il a été adopté.
D'autre part, certains parient déjà sur les dissensions qui vont résulter de la loi une fois mise en application, arguant du fait que la proportionnelle a pour effet de détruire les alliances traditionnelles et d'assurer un certain pluralisme au sein de la représentation confessionnelle, contrairement au mode de scrutin majoritaire qui ne bénéficie qu'aux grands courants politiques. La proportionnelle assure quant à elle une certaine équité dans la représentation, mais elle est bien plus adaptée aux sociétés homogènes, ce qui est loin d'être le cas du Liban. Or tous ces critères sont censés être pris en considération dans l'élaboration d'une loi électorale.
Pour Nabih Berry, le mérite du vote de la loi selon la formule proportionnelle revient avant tout aux efforts fournis par le président de la République Michel Aoun. Le président de la Chambre salue dans ce contexte le travail de suivi que le président a entrepris et estime que sans lui, la loi n'aurait pas été votée. Il décrit désormais le président Aoun comme un fin stratège et un homme d'équilibre hors pair, et conseille à toutes les parties de ne pas « parier sur nos dissensions », selon ses propres termes.
Pour le parti des Forces libanaises, le vote de la loi est en soi une réalisation dont il convient de ne pas minimiser la portée. Le parti ajoute que ses prises de position parfois critiques du sexennat servent en réalité à « corriger le tir ». Dans le dossier de l'électricité et concernant la polémique qui oppose les FL au ministre de l'Énergie, César Abi Khalil, le parti affirme avoir demandé au ministre d'exposer chaque étape de son plan au Conseil des ministres, et la première phase sera abordée aujourd'hui au cours de la séance ministérielle. C'est à la lumière de ce débat que les FL prendront position sur ce dossier, et c'est là, selon le parti, une preuve de l'exercice d'une critique constructive et non gratuite. Le Premier ministre Saad Hariri considère quant à lui que ce dossier est prioritaire et qu'il convient d'assurer coûte que coûte l'électricité 24 heures sur 24, car il n'est plus possible que le citoyen continue de payer une double facture, l'une à l'État et l'autre aux fournisseurs privés d'électricité. L'atmosphère générale au sein du gouvernement est à la prise de décisions socio-économiques rapides, qui trancheront avec la longue phase de paralysie qui a précédé.

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué