Photo fournie par l'établissement
Installé dans un vaste espace de 120 places réparties entre plusieurs salles, un bar et une terrasse, Altero a officiellement ouvert ses portes en février après une première expérience beaucoup plus confidentielle. « Nous avions auparavant un petit lieu privé pouvant accueillir seulement 25 personnes, à l’intérieur même de l’unité de production de Fadi, explique Claude Saber, copropriétaire avec son frère Fadi Anid. Mon frère est né à Achrafieh. Il y a passé la majeure partie de son enfance. Pour lui, c’est la maison. Il a toujours voulu y vivre et y travailler », raconte-t-elle.
Le nom du restaurant reflète également les passions de ses fondateurs. « Nous aimons beaucoup l’Italie, sa gastronomie et ses vins. Dans les domaines viticoles italiens, le mot altero est utilisé dans certains contextes liés à l’univers du vin », explique Claude Saber.
Un restaurant sans menu
L’originalité d’Altero réside dans son concept. Ici, les clients ne reçoivent pas de carte traditionnelle. « Vous arrivez, vous discutez avec l’équipe, vous expliquez ce que vous aimez manger et le chef cuisine en conséquence. Il n’y a pas de menu », résume Claude Saber.
Le lieu s’articule ainsi autour de plusieurs univers. Les amateurs de gastronomie peuvent s’installer à la « table du chef », directement face à la cuisine ouverte, où un menu dégustation est proposé selon l’inspiration du chef. D’autres préféreront le bar, conçu comme un espace plus informel. Une terrasse extérieure complète l’ensemble. « Le bâtiment possède plusieurs niveaux et plusieurs entrées. Chaque espace donne l’impression d’être dans un lieu différent », souligne Saber.
Si l’inspiration est italienne, Altero ne se limite pas aux classiques de la péninsule. Le restaurant propose notamment poissons frais, viandes et produits de saison, avec une attention particulière portée à la qualité des ingrédients. « La qualité des produits n’est pas négociable pour nous », insiste Claude Saber.
Les prix restent toutefois flexibles selon l’expérience choisie. Le ticket moyen tourne autour de 70 dollars par personne, mais il est possible de dépenser beaucoup moins pour un repas simple, ou davantage pour la table du chef, dont le menu dégustation est proposé à 150 dollars par personne hors boissons.
Un lancement perturbé par la situation sécuritaire
Quelques semaines seulement après l’inauguration, la guerre a fortement affecté l’activité. « Nous avons profité des trois premières semaines, puis la situation nous a rattrapés, explique Claude Saber. Les gens hésitent à sortir. » Malgré la baisse de fréquentation, les associés ont fait le choix de maintenir l’activité. Cette décision répondait notamment à un impératif de ressources humaines. « Trouver des employés qualifiés est devenu très compliqué. Nous voulions conserver notre équipe et nous assurer que chacun soit payé à la fin du mois. » Aujourd’hui, Altero emploie une trentaine de personnes, un effectif qui pourrait évoluer en fonction de la reprise de l’activité.
Le projet a nécessité un investissement de plus d’un million de dollars de la part de ses deux associés, Fadi Anid et Claude Saber. Le financement du projet provient exclusivement des deux associés, qui ont investi leurs fonds propres. Avant les derniers événements, les projections financières tablaient sur un retour sur investissement relativement rapide. Mais les perspectives sont désormais plus difficiles à établir. « Nous travaillons, mais pas au niveau que nous attendions pour cette période de l’année. » Malgré ces incertitudes, les associés ont choisi de maintenir leurs tarifs. « Tout coûte plus cher aujourd’hui, mais nous n’avons pas augmenté nos prix. Ce n’est pas le bon moment pour les clients, même si nous refusons de faire des compromis sur la qualité. »
Dans une capitale où de nombreux établissements misent sur des concepts standardisés et une rotation rapide des clients, Altero défend une autre vision : celle d’une expérience gastronomique personnalisée, construite autour du temps, du produit et de la rencontre avec le chef. Un pari ambitieux dans un marché qui reste suspendu aux aléas de la conjoncture libanaise.

Je suis toujours sidéré de voir ce genre d'article dans vos colonnes, au moment où le pays est à feu et à sang, et où un million de Libanais sont déplacés et/ou ont perdu tout ce qui leur appartient.... Vit-on réellement dans le même pays ?
11 h 59, le 07 juin 2026