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LE LIBAN À TABLE
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Les ouvertures au Liban - RESTAURATION

À Beyrouth, Ma NiNou, steakhouse méditerranéen, mise sur l’intime malgré l’incertitude

Le steakhouse méditerranéen a ouvert ses portes il y a un peu plus d’un mois à Achrafiyé. L’objectif affiché est de conjuguer steakhouse, saveurs méditerranéennes et authenticité libanaise.

À Beyrouth, Ma NiNou, steakhouse méditerranéen, mise sur l’intime malgré l’incertitude

Photo fournie par l'établissement.

Dans la rue Mar Maroun, à Achrafiyé, un nouveau restaurant tente sa chance malgré la guerre, l’incertitude économique et sécuritaire. Ouvert il y a à peine un mois, Ma NiNou, steakhouse méditerranéen niché dans un ancien établissement bien connu des amateurs de viande (La Parilla), mise sur une formule intimiste, une cuisine de partage et une clientèle en quête de lieux chaleureux plutôt que spectaculaires.

À l’origine du projet, Karim Jaber, fondateur de Forked Hospitality, est actif dans la restauration depuis une vingtaine d’années. L’entrepreneur a ouvert ce nouvel établissement de 175 mètres carrés pouvant accueillir jusqu’à 80 personnes entre intérieur, terrasse et trottoir aménagé.

« Cette adresse avait un cachet particulier. Beaucoup de Libanais la connaissaient déjà, explique-t-il. Aujourd’hui, les gens recherchent des lieux plus petits, plus intimes. C’est une tendance qu’on voit aussi bien à Beyrouth qu’à l’étranger. »

Le restaurant joue justement sur cette atmosphère feutrée : hauts plafonds, salles séparées, cuisine ouverte et table de chef accueillant jusqu’à quatorze convives. À mesure que la soirée avance, le lieu se transforme. « Après 23 heures, l’ambiance devient plus festive du côté du bar tandis que le restaurant reste plus calme », décrit Karim Jaber.

Mais derrière l’ouverture, le calendrier raconte surtout la fragilité du secteur. Le projet avait été lancé il y a plusieurs mois. Puis la guerre a éclaté. « Le jour même où nous devions ouvrir, nous étions à dîner avec les partenaires et leurs familles. Le lendemain, la guerre commençait », raconte-t-il. Tout était pourtant prêt : le personnel recruté, les menus finalisés, la cuisine opérationnelle.

Un investissement avec prudence

L’investissement total s’élève à environ 750 000 dollars. Un montant conséquent dans un contexte où les investisseurs restent prudents et où les restaurateurs hésitent à lancer de nouveaux projets. Karim Jaber reconnaît lui-même avancer avec précaution. « D’habitude, je ne suis pas inquiet, mais aujourd’hui la situation est critique », affirme-t-il. On préfère attendre de voir où le pays va avant de décider de nouveaux développements. »

Le restaurant Ma NiNou repose sur un partenariat avec cinq associés, dont deux jeunes entrepreneurs de 27 ans particulièrement impliqués dans les opérations quotidiennes. Pour Karim Jaber, cette alliance intergénérationnelle constitue l’un des principaux atouts du lieu. « Ils apportent un sang neuf. Leur génération sort davantage, connaît les nouvelles habitudes de consommation. On peut voir au bar des clients de 30 à 70 ans. Les plus jeunes viennent boire un verre avant de sortir, tandis que les plus âgés cherchent davantage une expérience de dîner. »

En cuisine, Ma NiNou revendique une identité méditerranéenne tournée vers la viande, avec quelques plats signatures créés par le chef Youssef Doro. Karim Jaber cite notamment un toast au chili, caviar et saumon fumé, des gyozas aux fruits de mer ou encore un poulet mariné servi en quantité limitée. « On n’en prépare que douze par service », précise-t-il. Autre plat phare : des pâtes à l’ail noir et aux champignons.

Le ticket moyen oscille entre 40 et 60 dollars au déjeuner, et entre 60 et 80 dollars au dîner avec alcool. Le restaurant emploie actuellement une trentaine de salariés, mais continue de recruter face à une pénurie croissante de personnel dans le secteur. « Avec l’arrivée de l’été et l’ouverture des rooftops, il y a un vrai manque d’employés au Liban », souligne Jaber. Malgré ces difficultés, l’accueil semble pour l’instant au rendez-vous. « Le restaurant est plein tous les jours depuis l’ouverture », assure Karim Jaber. « Les retours sont excellents. »


Dans la rue Mar Maroun, à Achrafiyé, un nouveau restaurant tente sa chance malgré la guerre, l’incertitude économique et sécuritaire. Ouvert il y a à peine un mois, Ma NiNou, steakhouse méditerranéen niché dans un ancien établissement bien connu des amateurs de viande (La Parilla), mise sur une formule intimiste, une cuisine de partage et une clientèle en quête de lieux chaleureux...
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