
Chère lectrice, cher lecteur,
Farid a fait ses premiers pas dans une épicerie. C’était il y a plus de quarante ans. Depuis, l’épicerie, baptisée par son père « Abou Farid » évidemment, s’est transformée en un mini-market. Ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, l’endroit, au cœur d’Achrafieh, déborde de produits en tous genres.
Reprenant les gestes et mots de feu son père, Farid, en short et pantoufles même en hiver, y vit pour ainsi dire. Comme ses sœurs, aux fromages ou à la caisse, et sa mère, qui finit toujours par s’endormir sur sa chaise en osier. « Abou Farid » est comme une « seconde maison » pour cette famille. Ou la première. En fin d’après-midi, surtout en été, les amis se retrouvent pour commenter l’actualité non loin de l’écran de télévision qui diffuse la MTV en continu, ou pour faire une partie de tarnib sur le trottoir.
Chez Farid-le fils, on trouve tout : cigarettes, mouchoirs en papier, détergents, ampoules, serpillères, crème à épiler, sodas, alcool, pain arabe, fromages, produits laitiers, biscuits sucrés et salés, en passant par la glace Stick dès qu’il fait un peu chaud.
A l’instar de beaucoup d’autres qui, comme lui, se battent pour survivre devant la surenchère de supermarchés, Farid fait de son mieux pour rester compétitif. Il ne prend pas la carte de crédit, mais il livre à domicile, un employé se chargeant de le faire à vélo.
Chez lui, les légumes et les fruits, alignés par genre, couleur, fraîcheur, composent la plus belle des vitrines. Le seul étal beau et organisé au milieu du grand bric-à-brac.
Ce dimanche matin, le meilleur jour pour s’approvisionner selon lui - « jamais le samedi ! », dit-il -, les fruits de printemps volent la vedette aux intemporels concombres, laitues, persil et autres tomates. Des asperges ? « Trop chères pour mes clients », répond-il. « Prends plutôt ces belles courgettes et tu verras ce que tu pourras en faire ». J’ai donc pris mon temps pour choisir quelques belles courgettes, quatre tomates juteuses, un bouquet de persil et un autre de zaatar barré, un kilo de nèfles, en veillant à bien tâter et sentir chaque pièce. Puis je suis rentrée chez moi, heureuse, comme à chacune de mes visites chez Farid & famille, de savoir qu’il existe encore des lieux authentiques où l’on vous reçoit avec le sourire, on vous appelle par votre prénom, et on s’assure que tout le monde chez vous va bien…

(Cheffe) Carla Henoud
PS : Et si vous alliez chez l’épicier ou chez votre marchand de primeurs faire quelques emplettes avant de vous lancer dans la réalisation des cornes grecques sautées de Carla Rebeiz, de la salade de petits pois à la sarriette du chef Alan Geaam, de l’orzo aux champignons, thym et sumac de Dana Hallani et des atayefs bil achta d'Andrée Maalouf. Avec, en apéritif, le cocktail gin cardamome de Carla Rebeiz.


Coup de cœur : Avec Taolé et Kaaké, Toni Chidiac s’installe durablement sur les rives du Léman

À Lausanne, le chef Toni Chidiac a bâti son rêve. En 2022, il ouvre d’abord Taolé qui devient rapidement numéro un sur The Fork, devant une centaine de restaurants lausannois. Trois ans après, il lance également Kaaké, un fast-food artisanal consacré à la galette libanaise. Rencontre avec ce chef entrepreneur.
Sélection gourmande
👉 Cette semaine, direction Paris, à la découverte des adresses de lahm bi aajin, souvent surnommés « pizza du Levant ». Incontournable de la boulangerie libanaise, cette galette garnie de viande hachée dans un mélange de tomates, d’épices et d’oignons tient une place de choix dans les restaurants. L’Orient-Le Jour a sélectionné cinq lieux où savourer ce mets emblématique, en man’ouché ou en sandwich.
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