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LE LIBAN À TABLE
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Les ouvertures au Liban - RESTAURATION

À Badaro, Bistrot Lobo mise sur le bistrot français version beyrouthine

Le ticket moyen s’élève à 35 dollars par personne.

À Badaro, Bistrot Lobo mise sur le bistrot français version beyrouthine

Photo fournie par l'établissement

Badaro continue d’attirer de nouveaux projets de restauration. Depuis les bombardements israéliens dans les quartiers à proximité, les visiteurs se faisaient plus rares. Dans ce quartier à la fois résidentiel et commercial, Bistrot Lobo a ouvert ses portes récemment, prenant place dans un lieu chargé de mémoire : l’ancien Badaro Inn, fameuse enseigne restée ouverte pendant toute la guerre civile, puis Lina’s, bien connu des habitants du secteur. Un choix symbolique pour Sami Hochar, entrepreneur derrière plusieurs enseignes locales telles que Obi Sushi ou Abul’Sim, qui signe ici un projet différent, qu’il gère seul.

« Ce lieu est un endroit mythique à Badaro. On a voulu le transformer en véritable restaurant plutôt qu’en simple café, tout en gardant une ouverture du matin jusqu’au soir », explique-t-il. L’objectif est clair : proposer un bistrot accessible, capable d’accueillir une clientèle variée, des employés de bureaux environnants aux couples et groupes venus dîner.

Ouvert de 8h30 à minuit, Bistrot Lobo se veut un espace hybride. « On reçoit des gens qui viennent travailler avec leurs ordinateurs le matin ou en journée », précise Hochar. « À partir de 17 h, l’endroit prend une dimension plutôt afterwork, avant de devenir un restaurant à part entière le soir. »

L’établissement s’étend sur 200 m², avec une capacité d’environ 60 places à l’intérieur et 15 en terrasse, cette dernière ayant été rendue possible grâce à une licence municipale. Une large baie vitrée relie la salle à l’extérieur, tandis que la cuisine ouverte et le bar sont pleinement visibles des clients. « La cuisine fait 35 m², pensée pour que chaque poste soit bien séparé, tout en restant ouvert aux clients », affirme l'entrepreneur.

Pour confirmer cette proximité entre cuisine et clientèle, Sami Hochar a fait appel à Carl Olivier Abdo, jeune chef déjà apprécié du public, notamment sur les réseaux sociaux où il prend le temps d’expliquer ses plats. « Le contact avec le client fait partie de l’expérience », affirme ce dernier. « Voir comment on travaille, sentir les produits, comprendre les saveurs. Cela demande une adaptation constante. Toute notre cuisine est ouverte sur la salle, cela permet aux clients de vraiment voir la fraîcheur de nos produits. Mais on a dû s’adapter, notamment pour limiter le bruit. »

Sur le plan culinaire, le concept se résume en une formule : « Une cuisine française qui rencontre l’âme méditerranéenne ». Une cuisine française revisitée, enrichie d’influences méditerranéennes, pensée avant tout pour le partage. « Les gens aiment goûter à tout. On a construit le menu pour pouvoir partager les plats », explique le chef.

Parmi les entrées, le cromesquis, boule de béchamel au comté de 12 mois, garnie de champignons, panée au panko japonais et accompagnée d’une mayonnaise truffée, illustre cette volonté de mêler technique classique et touches contemporaines. Côté plats, le menu met en avant des produits travaillés avec précision : ballotine de poulet au comté, cuite en basse température avec moutarde de Dijon, ou encore le plat signature, Lobo, un filet de bœuf fondant servi avec purée truffée, sauce marchand de vin, toast brioché et foie gras poêlé.

Les produits sont majoritairement frais et locaux, y compris le foie gras. Le ticket moyen s’élève à 35 dollars par personne.

Le projet a nécessité un investissement estimé à près de 250 000 dollars. « On a quasiment tout démonté et refait », confie Sami Hochar. Le décor mêle tables rondes et carrées, tables hautes pouvant accueillir jusqu’à huit personnes, ainsi que des espaces lounge, afin de répondre aux différents usages de la journée.

Avec Bistrot Lobo, l’entrepreneur, qui a créé sa propre SAL pour devenir le gérant, opère aussi un recentrage stratégique. Après avoir mis fin à ses activités de catering et réduit ses investissements dans Lina’s, il concentre désormais ses efforts sur ce nouveau bistrot. « La situation économique n’est pas rassurante. Nous devons revoir le concept de Lina’s de fond en comble, entre-temps, je me concentre sur Bistro Lobo », explique-t-il.

Badaro continue d’attirer de nouveaux projets de restauration. Depuis les bombardements israéliens dans les quartiers à proximité, les visiteurs se faisaient plus rares. Dans ce quartier à la fois résidentiel et commercial, Bistrot Lobo a ouvert ses portes récemment, prenant place dans un lieu chargé de mémoire : l’ancien Badaro Inn, fameuse enseigne restée ouverte pendant toute la...
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