Photo fournie par l’établissement.
Le 20 octobre, une nouvelle adresse a ouvert à Monnot : Levain, un bar à vin imaginé par Selim Yasmine, figure bien connue du monde viticole libanais. À la croisée de la convivialité et de la pédagogie, ce lieu souhaite célébrer le vin libanais sous toutes ses formes à la dégustation et à la vente. « Je suis plongé dans le baril de vin depuis vingt-cinq ans », sourit Selim Yasmine. En 2002, il participe à l’ouverture de Vintage. Puis, en 2015, il fonde 209lebanesewine.com, une plateforme de commerce en ligne dédiée à la promotion et à la vente de vins libanais, au Liban comme à l’étranger. « Levain est une continuité naturelle du concept de 209, explique-t-il. C’est un bar à vin spécialisé en vins libanais, un lieu où l’on promeut, déguste et découvre notre production locale. »
Situé à l’angle de la rue Abdel Wahab et de la rue Monnot, Levain veut devenir un bar de quartier chaleureux, avec ses grandes vitres ouvertes sur la rue et une quarantaine de places à l’intérieur, dont quelques-unes au bar. L’ambiance se veut détendue, centrée sur l’expérience. Quelque 389 références libanaises sont vendues, issues de 40 à 50 vignobles. « On a les classiques comme Ksara ou Ixsir, mais on essaie aussi de sortir des sentiers battus, précise Selim Yasmine. Par exemple, on propose d’anciens millésimes de grandes maisons libanaises, de 2001 à 2015, ou des magnums introuvables ailleurs. »
Le choix de ne proposer que des bouteilles libanaises et de l’arak est assumé. L’objectif est clair : créer un espace de découverte et d’éducation autour du vin local. « Chaque verre est une discussion, un message à partager », résume le fondateur. Des « masterclass » seront organisées sur les cépages, les méthodes de vinification et les terroirs, de la Békaa à Batroun, tandis que des coffrets « découverte » permettront de comparer un même cépage ou un même château sur plusieurs millésimes.
Le nom du restaurant ne doit rien au hasard : le pain au levain est fait sur place, et le menu a été pensé pour accompagner les vins. « On a voulu une carte méditerranéenne, ancrée dans le terroir libanais », explique Selim Yasmine. Les plats associent techniques françaises et saveurs levantines, avec un accent mis sur la saisonnalité. Parmi les exemples : un tartare de bœuf relevé d’épices du kebbé nayé, ou encore des dips inspirés de la mhammara et du romesco.
Le menu se divise en trois parties : les valeurs sûres, les plats faciles à partager et une sélection plus innovante. « L’idée est de garder la convivialité tout en surprenant les clients », confie Yasmine. Le ticket moyen tourne autour de 50 dollars, et une happy hour devrait bientôt être mise en place.
Deux projets en préparation
Au-delà du vin et de la gastronomie, Levain s’engage dans une démarche écoresponsable. « Ça me faisait de la peine de voir toutes ces bouteilles de verre jetées, alors qu’elles ont encore une valeur », explique Selim Yasmine. La majorité des verres, cendriers et porte-serviettes sont fabriqués à partir de bouteilles de vin recyclées.
Levain est une SAL regroupant six partenaires, dont deux déjà impliqués dans 209. L’investissement initial avoisine les 300 000 dollars et l’équipe compte une dizaine d’employés. Mais Selim Yasmine ne compte pas s’arrêter là : deux autres projets sont déjà en préparation, l’un dédié à la distribution B2B de vins libanais dans la restauration, et l’autre prévoit relancer l’exportation de vins libanais à l’étranger, qu’il avait arrêtée après la pandémie de Covid-19, pour raison d’augmentation de coûts de transport.

