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Présidentielle : retour sur les temps forts d'une vacance qui perdure

Chronologie

Déclarations, prises de position, candidatures, alliances, contacts...  les principaux développements qui ont ponctué la plus longue période sans chef de l'Etat de l'histoire de la République libanaise.

08/01/2016

Jamais le Liban n'aura connu une période de vacance présidentielle aussi longue, même au plus fort des quinze ans de conflit armé entre 1975 et 1990. Et la situation actuelle pourrait encore se prolonger dans le temps.

Si depuis l'indépendance, en 1943, les députés libanais avaient déjà échoué à élire un chef de l'Etat dans les délais prévus par la Constitution à deux reprises (1988 et 2007), la première magistrature n'était jamais restée aussi longtemps sans titulaire que depuis la fin du mandat de l'ancien président Michel Sleiman, le 25 mai 2014.

Bien qu'ayant perdu, après la fin de la guerre, une partie de ses prérogatives politiques, la présidence de la République n'en reste pas moins essentielle, notamment pour deux raisons : parce que la présidence, qui revient à la communauté chrétienne maronite, est importante dans le délicat partage des pouvoirs dans un pays multiconfessionnel ; et parce que la vacance a eu pour conséquence de causer de nombreux blocages dans l'appareil institutionnel.

Au delà de ce qui est devenue la sombre ritournelle des convocations vaines du Parlement pour l'élection d'un président, les 20 mois de vacance ont été ponctués par des initiatives, des déclarations et des contacts dont l'objectif était de sortir de l'impasse.

Retour sur les temps forts qui ont marqué ces 20 mois sans président.

 

-2014-

 

4 avril

Geagea lance la bataille pour la présidence de la République

Presque deux mois avant la fin du mandat du président Michel Sleiman, le 25 mai 2014, les Forces libanaises annoncent officiellement, lors d'une réunion des instances dirigeantes du parti, à Maarab, la candidature du chef du parti, Samir Geagea, à la présidence de la République.


Le chef des Forces Libanaises, Samir Geagea. Photo Aldo Ayoub

 

22 avril

Le Bloc du futur soutient la candidature de Geagea

A l'issue d'une rencontre avec une délégation des FL, le courant du Futur fait part de son "soutien total" à la candidature de M. Geagea. Un soutien de taille, le courant du Futur étant le plus important pilier de l'alliance du 14 Mars et le plus grand bloc parlementaire à l'Assemblée (37 députés).

 

18 août

Joumblatt-Frangié à Bnechaai, une rencontre "très conviviale, ni plus ni moins"

Une rencontre à Bnechaai entre le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, et celui du courant des Marada, Sleiman Frangié, en présence de leurs fils respectifs, Taymour et Tony, permet de rétablir les ponts entre les deux parties.


Plutôt des retrouvailles claniques qu'une réunion politique entre les Joumblatt et les Frangié à Bnechaai, le 18 août 2014.  Photo an-Nahar

 

10 novembre

- Rupture du dialogue sur la présidentielle entre Aoun et Hariri

Le chef du Courant patriotique libre à l'époque, Michel Aoun, candidat (non officiellement déclaré) à la magistrature suprême, annonce que le dialogue avec le courant du Futur sur la présidentielle est rompu. Pour le leader maronite, le ministre saoudien des Affaires étrangères a opposé un veto à son élection, en conséquence de quoi Saad Hariri n'est pas libre de ses décisions.

 

 

- Le Vatican sort de sa réserve et réclame un président

Par la voix du nonce apostolique, Mgr Gabriele Caccia, le Vatican prend publiquement le parti de demander à l'Assemblée nationale libanaise de faire en sorte qu'un nouveau président de la République soit élu le plus rapidement possible.

 

9 décembre

- Aoun : Geagea est le bienvenu à Rabieh...

Interrogé sur la possibilité d'une négociation avec le chef des FL, Samir Geagea, Michel Aoun répond : "S'il veut venir (à Rabieh), il est le bienvenu". Se rendrait-il à Maarab pour d'éventuels pourparlers avec M. Geagea ? À cette question, M. Aoun répond : "Pourquoi Maarab ne viendrait pas chez moi? Si (M. Geagea) vient, il est le bienvenu".

- Appui de la France à "l'élection proche d'un président de la République"

Le directeur du département Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d'Orsay, Jean-François Girault, se rend au Liban. Il transmet "l'appui de la France à l'élection proche d'un président de la République" et appelle les parties à "tirer profit de l'ambiance positive chez certains États influents".


Le chef du bloc du Changement et de la réforme, Michel Aoun, recevant le diplomate français Jean-Francois Girault, accompagné par l'ambassadeur Patrice Paoli, en présence des députés Alain Aoun et Simon Abiramia, et du responsable des relations extérieures du CPL, Michel de Chadarevian. Photo Ani

 

10 décembre

- Geagea répond favorablement à l'invitation de Aoun..."si elle est sérieuse"

M. Geagea appelle le général Aoun à conclure un accord sur la présidentielle, affirmant être prêt à se rendre à Rabieh à n'importe quel moment en cas de proposition sérieuse de son rival de trouver une solution à la crise.

- Les pôles maronites rencontrent séparément le patriarche Raï

Le quotidien al-Joumhouria rapporte que les quatre pôles maronites, Samir Geagea, Michel Aoun, Amine Gemayel et Sleiman Frangié ont rencontré séparément le patriarche maronite Béchara Raï qui reste loin des feux de l'actualité.

 

-2015-

 

13 mars

Kassem au 14 Mars : La seule solution est Aoun, sinon attendez encore...

"Quelle est l'alternative que vous proposez ?", s'interroge le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem. "Si vous campez sur votre position, l'attente pourra durer deux ans ou plus. Si, par contre, vous souhaitez atteindre une solution, le général Aoun est prêt".

 
Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem. Photo Ani

 

13 mai

Le Parlement bat un record : 23 séances et pas de président depuis un an

 

2 juin

Retrouvailles Aoun-Geagea à Rabieh : un premier pas vers une réconciliation chrétienne générale ?

Le CPL et les FL dévoilent leur déclaration d'intentions, un document qui constitue la base de leur dialogue à venir.


Le chef des FL, Samir Geagea (g.) reçu à Rabieh par le chef du bloc du Changement et de la réforme, Michel Aoun. Photo Aldo Ayoub

 

14 août

Nasrallah : Nous n'accepterons pas qu'un de nos alliés soit exclu ou isolé

Le secrétaire général du Hezbollah exprime son soutien au général Michel Aoun, ajoutant à l'adresse du camp adverse : "Nous n'accepterons pas que l'un de nos alliés soit exclu ou isolé, surtout ceux qui se sont tenus à nos côtés pendant la guerre de juillet 2006".


Le secrétaire général du Hezbollah au cours de son allocution télévisée. Photo AFP/al-Manar

 

19 août

Nasrallah : Nous soutenons toujours la candidature de Aoun

Le chef du parti chiite réaffirme le soutien de sa formation à la candidature de Michel Aoun.

 

31 août

Priorité à l'élection d'un président, affirme le sommet chrétien de Bkerké

"Les chefs des communautés chrétiennes appellent l'ensemble des courants politiques à se dépêcher d'adopter une feuille de route qui commence par l'élection d'un chef de l'État, conformément aux règles constitutionnelles", souligne le communiqué.


Photo-souvenir dans la cour de Bkerké. Photo Émile Eid

 

 

27 septembre

Nasrallah : "C'est Aoun, tant que Aoun est candidat"

"Nous soutenons certains critères qui s'appliquent au général Aoun", affirme le chef du Hezbollah. "(...) Ils savent que Michel Aoun n'est pas affilié à un camp politique. Il est clair que cet homme ne suit aucune ambassade ou axe régional, et prend ses décisions en fonction de ses convictions. On tente de dire qu'il est affilié au Hezbollah, à l'Iran, à la Syrie, mais cela n'est pas vrai. (...) S'il renonce à sa candidature, nous pourrons voir avec lui si ces critères s'appliquent à un autre candidat. Cette question ne se pose toutefois pas actuellement. Ces critères que nous réclamons peuvent s'appliquer à une autre personne. Mais aujourd'hui, ils s'appliquent clairement au général Aoun".

 

20 octobre

Moussaoui : "C'est soit Aoun soit des législatives anticipées"

"Un appel à l'organisation d'élections législatives anticipées est inévitable", estime le député hezbollahi Nawaf Moussawi.

 

19 novembre

Une candidature Frangié, réponse au rapprochement Geagea-Aoun ?

Première rumeurs sur une rencontre non confirmée à Paris entre le chef des Marada, Sleiman Frangié, et le chef du Courant du Futur, Saad Hariri.

 

25 novembre

Sleiman Frangié : Ma candidature éventuelle serait consensuelle... mais venant du 8 Mars

A une question sur la possibilité de défendre une candidature consensuelle en dehors des deux camps traditionnels du 8 Mars et du 14 Mars, la réponse de Sleiman Frangié est claire : "Non. Notre positionnement est connu."


Moment de grande complicité entre Sleiman Frangié et Mohammad Raad. A gauche, Ibrahim Kanaan. Photo Sami Ayad

 

30 novembre

Rencontre Frangié-Bassil : le chef des Marada réaffirme son soutien à Aoun

Sleiman Frangié réaffirme lors d'une rencontre avec le chef du CPL, Gebran Bassil, son soutien à la candidature de M. Aoun et sa volonté d'accorder le temps nécessaire afin qu'un consensus puisse se dégager sur cette candidature.

 

2 décembre

Frangié chez Joumblatt : "Si cette opportunité est perdue, nous allons vers une période encore pire pour le Liban"

"Nous sommes face à une opportunité historique. Que celui qui a une autre opportunité pour le Liban prenne une initiative. Seulement, si cette opportunité est perdue, je crains que nous allions vers une période encore pire que celle dans laquelle nous nous trouvons", affirme Sleiman Frangié depuis Clemenceau.


Les participants au dîner, à Clemenceau, réunis autour de MM. Joumblatt et Frangié.
Photo Ani

 

5-6 décembre

Raï presse les blocs parlementaires d'étudier "sérieusement" la proposition Hariri

Selon le chef de l'Église maronite, l'initiative lancée pour la présidentielle n'est pas l'œuvre d'un individu, et bénéficie du soutien des puissances.

 

9 décembre

Entrevue Frangié-Aoun à Rabieh : une réunion pour rien

L'entrevue entre Michel Aoun, et Sleiman Frangié à Rabieh tourne mal. Que ce soit dans la forme ou dans le fond, la rencontre entre les deux leaders chrétiens – tous deux candidats à la présidentielle – ne donne aucun résultat concret.

 

 

12 décembre

Joumblatt : Le compromis saboté ou retardé en raison d'une entente inattendue entre des pôles antagonistes

"Le compromis a été saboté ou retardé (...) en raison d'une convergence de vues inattendue entre des pôles antagonistes, du moins en apparence", estime le leader druze sur son compte Twitter.

 

 

17 décembre

Frangié : Je suis plus que jamais candidat

Prié de dire, lors du talkshow Kalam el-Nass, s'il est toujours candidat à la présidentielle, Sleiman Frangié répond en ponctuant ses mots : "Aujourd'hui plus que jamais", mais en précisant qu'il "n'entreprendra aucune démarche sans consultations préalables avec ses alliés".


Le chef du courant Marada, Sleiman Frangié, favori à la présidentielle. Capture d'écran LBC

 

26 décembre

Raï rappelle les responsables à leurs devoirs

Le patriarche maronite, Béchara Raï, rappelle les forces politiques à leurs devoirs en leur demandant à nouveau de "se pencher sérieusement sur l'initiative (Frangié) avancée pour l'élection d'un président". Un appel déjà lancé la veille dans son message traditionnel des vœux de Noël.


Photo Ani

 

27 décembre

"Nous distinguons entre l'initiative en tant que telle et le nom proposé", affirme Raï

"Lorsque nous disons que la nouvelle initiative visant à l'élection d'un président de la République est sérieuse, nous distinguons entre l'initiative en tant que telle et le nom proposé", nuance le chef de l'Eglise maronite.

 

28 décembre

Vers une revitalisation du compromis Frangié avant fin février ?

Le président de la Chambre, Nabih Berry, estime que le compromis Frangié est toujours une option viable, mais se heurte à des obstacles au plan intérieur.

 

29 décembre

Le Hezbollah à Bkerké : Notre appui à Michel Aoun relève de l'éthique politique

Le Hezbollah fait savoir, lors d'une visite au patriarche Raï à Bkerké, que son appui à la candidature à la présidentielle de Michel Aoun est une affaire "d'éthique politique" avec laquelle "il ne peut pas jouer".


Le patriarche Raï avec la délégation du Hezbollah.

 

2016

3 janvier

- De l'exécution de Nimr en Arabie saoudite... à la paralysie présidentielle au Liban

Selon un ambassadeur d'une nation appartenant au Groupe international de soutien au Liban, l'exécution du cheikh saoudien chiite Nimr Baqer el-Nimr, le 2 janvier, par les autorités saoudiennes est un facteur qui vient s'ajouter à tous ceux qui empêchent l'élection d'un président de la République au Liban, étant donné la violente réaction iranienne à cette mise à mort.

 

- L'attaque de Nasrallah contre Riyad étouffe les espoirs d'un déblocage de la présidentielle

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah s'en prend violemment à la famille saoudienne régnante, au lendemain de l'exécution du cheikh Nimr Baqer el-Nimr. Selon plusieurs observateurs, l'une des conséquences immédiates de l'exécution du dignitaire chiite saoudien, vue par le Hezbollah comme un acte de guerre, est le gel sine die de l'initiative proposée par le chef du courant du Futur, Saad Hariri, pour débloquer le dossier de la présidentielle.

 
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Entre le Hezbollah et le courant du Futur, le dialogue malgré tout, le décryptage de Scarlett HADDAD

Les leaders chrétiens pourront-ils proposer une alternative à l'initiative Hariri ?, l'éclairage de Philippe ABI-AKL

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