Rassemblement dans la banlieue sud de Beyrouth le 1er mars 2026, à l'appel du Hezbollah, en hommage au défunt guide suprême iranien Ali Khamenei, et en soutien à la République islamique d'Iran. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Hezbollah a remercié mardi l'Iran pour son attaque de missiles lancée dimanche contre Israël, en riposte à une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, appelant dans la foulée les autorités libanaises à « corriger » leurs relations avec la République islamique.
Quelques heures après que l'armée israélienne a frappé la banlieue sud de Beyrouth dimanche, en réaction à une attaque du Hezbollah contre le nord d'Israël, l'Iran a tiré des missiles sur Israël, entraînant un échange de tirs entre Tel-Aviv et Téhéran qui a pris fin lundi à midi, sur impulsion notamment de Donald Trump.
« Ce soutien iranien à nos droits légitimes, et sa volonté d’en assumer les coûts matériels et politiques, confirme une nouvelle fois que l'Iran se tient aux côtés du Liban — et non l'inverse — sur la base de ses principes, de ses valeurs humaines, et des liens historiques profonds entre les peuples libanais et iranien », a indiqué le Hezbollah dans son communiqué. C'est en solidarité avec l'Iran, après l'assassinat dans des frappes américano-israéliennes sur Téhéran le 28 février, que le Hezbollah avait rouvert le front contre Israël, le 2 mars, en tirant des roquettes sur l'Etat hébreu. La guerre entre les deux se poursuit depuis, malgré des cessez-le-feu théoriques et jamais appliqués annoncés depuis Washington, et les Israéliens continuent de pilonner le Liban-Sud, dont ils occupent plus de 600 km2 ainsi que des positions hors de la « zone tampon » qu'ils ont décrété.
Le Hezbollah demande aux autorités de la « gratitude » pour Téhéran
La position « honorable » de l'Iran mérite, selon le Hezbollah, « la gratitude des autorités, et non le déni ou l’offense délibérée en réponse à des injonctions extérieures », a ajouté le mouvement, qui critique régulièrement ce qu'il dénonce comme une influence américaine sur les responsables libanais.
Vendredi, lors d'une interview accordée à la chaîne CNN, le président Joseph Aoun avait appelé l’Iran à cesser « d’intervenir » dans les affaires libanaises, après l’échec d’une nouvelle trêve annoncée à Washington à l’issue de négociations directes entre le Liban et Israël. Le Premier ministre Nawaf Salam avait de même demandé à l’Iran de ne plus utiliser le Liban comme « levier » dans ses négociations avec les États-Unis. Le Hezbollah avait déjà critiqué dimanche ces prises de position et dénoncé une « attaque injuste » contre l'Iran.
« Nous appelons les autorités libanaises à saisir cette chance et à corriger leurs relations officielles avec la République islamique afin de servir les intérêts des deux pays, et à bénéficier de ce soutien iranien pour réaliser nos objectifs nationaux — notamment à la lumière du parapluie régional émergent issu des négociations d’Islamabad » entre les États-Unis et l'Iran, a ajouté le Hezbollah.
Le parti chiite a également évoqué les menaces des houthis du Yémen contre Israël, et leur annonce d'un nouveau blocus des navires israéliens en mer Rouge, estimant que cela représente un « cadre d’action conjointe pour dissuader Israël et faire comprendre à l’administration américaine que son soutien à l’agression israélienne contre [le Liban] mettra en péril tous les accords qu’elle cherche à conclure ».
Téhéran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février, englobe la fin des hostilités sur le front libanais.
L'Iran et le Liban « ont un ennemi commun »
En parallèle au communiqué du Hezbollah, la porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, a affirmé lors d'un point presse que le Liban et l'Iran ne sont pas des « forces supplétives l'une de l'autre ». Les deux pays « ne combattent pas l’un pour l’autre », a déclaré Mme Mohajerani, selon des propos cités par l'agence Irna. « L’Iran et le Liban ont en revanche un ennemi commun ; un ennemi qui cherche à détruire le Liban et qui nourrit également le projet de fragmenter, d’affaiblir et de priver l’Iran de son identité », a-t-elle ajouté, en référence à Israël.
Fatemeh Mohajerani, a affirmé mardi que le Liban et l'Iran « ne sont pas des forces auxiliaires l’un pour l’autre et ne se battent pas en lieu et place l’un de l’autre », ajoutant qu’ils « partagent toutefois un ennemi commun ». Lundi soir, l’ambassade d’Iran au Liban a écrit sur X : « Le Liban est le cœur de l’Iran », accompagnant ce message d’une image représentant la carte du Liban dans un cœur, intégré dans une carte de la République islamique.
#لبنان هو قلب #إيران pic.twitter.com/xOON45UmE3
— السفارة الإيرانية- لبنان (@IranEmbassyLB) June 8, 2026


