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Politique - Liban

L’Arabie saoudite annonce la reprise des exportations libanaises vers le royaume

Une mesure saluée par le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, qui y voient un signe de confiance et un soutien au redressement économique du Liban.

L’Arabie saoudite annonce la reprise des exportations libanaises vers le royaume

Le président libanais Joseph Aoun et le prince héritier Mohammad ben Salmane, le 3 mars 2025, à Riyad. Photo X/agence de presse saoudienne

Cela faisait des années que Beyrouth attendait une telle annonce. Mercredi, l’Agence de presse officielle saoudienne (SPA) a annoncé la reprise des exportations libanaises vers le royaume d’Arabie saoudite. Selon l’agence, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane ben Abdallah, en a informé le Premier ministre libanais Nawaf Salam lors d’un entretien téléphonique. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une « directive du prince héritier Mohammad ben Salmane », précise la SPA.

L’agence indique que cette mesure fait suite à une demande du président de la République libanaise, Joseph Aoun, et du chef du gouvernement, Nawaf Salam. Elle intervient « en reconnaissance des mesures positives prises par le gouvernement libanais pour reconstruire les institutions de l’État, ainsi que des progrès réalisés par les équipes techniques au cours de l’année écoulée et de la coopération de la partie libanaise, notamment le respect des engagements requis ».

Soutien et confiance envers le Liban

En 2021, les États du Golfe, dont l'Arabie saoudite avaient rappelé leurs ambassadeurs à Beyrouth après les propos d'un ministre libanais critiquant l'intervention militaire de l'Arabie saoudite au Yémen. Riyad avait également suspendu les importations de fruits et légumes en provenance du Liban en avril de la même année, affirmant que les cargaisons étaient utilisées pour le trafic de drogue et accusant Beyrouth d'inaction.

L'agence de presse saoudienne indique aussi que le ministre saoudien des Affaires étrangères a « réaffirmé le soutien du royaume à la stabilité du Liban, à sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et au bien-être de son peuple frère ». « Il a également exprimé sa confiance dans la poursuite par le Liban de toutes les mesures nécessaires pour empêcher que son territoire ne soit utilisé comme plateforme pour porter atteinte à ses voisins », ajoute l'agence.

Les relations entre le Liban et l'Arabie s'étaient notamment tendues depuis 2016, lorsque l'Arabie saoudite avait interrompu son aide de trois milliards de dollars à l'armée libanaise, disant protester contre des prises de position inspirées selon elle par le Hezbollah. En novembre 2017, le Premier ministre de l'époque, Saad Hariri, avait annoncé à la surprise générale sa démission depuis Riyad, accusant le Hezbollah et l'Iran de « mainmise » sur son pays. Riyad avait démenti avoir forcé M. Hariri à quitter ses fonctions et l'avoir retenu contre son gré.

Depuis l'élection de Joseph Aoun à la présidence de la République en janvier 2025 et la nomination de Nawaf Salam à la tête du gouvernement, les relations entre Beyrouth et Riyad se sont nettement réchauffées. Le président libanais avait d'ailleurs choisi l'Arabie saoudite pour sa première visite officielle à l'étranger en mars 2025. M. Aoun, qui il y a cinq jours appelait encore l'Arabie à reprendre les importations des produits libanais, a exprimé « sa profonde gratitude et sa haute considération » à l’égard du prince héritier saoudien. Il a estimé que cette décision constitue « une expression sincère de la profondeur de la fraternité arabe » unissant les deux pays, et « une incarnation du souci de la sage direction saoudienne de soutenir le Liban et son peuple dans la phase de relèvement et de redressement qu’il traverse ».

Le chef de l’État a souligné que cette mesure aura « un impact tangible sur la relance de l’économie nationale » et le soutien des producteurs et exportateurs libanais. Il a ajouté que « l’ensemble du peuple libanais » accueille cette initiative avec « une profonde reconnaissance et une grande appréciation », la considérant comme « un geste renforçant le parcours des relations libano-saoudiennes, enracinées dans les liens de l’histoire et du destin commun ».

De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a adressé « au nom de l’État libanais et en son nom personnel » ses « plus hautes expressions de remerciement et de considération » au prince héritier saoudien. Il a estimé que cette mesure « reflète la profondeur des relations fraternelles et historiques » entre les deux pays, et « incarne la confiance du royaume dans le Liban » ainsi que la volonté commune de renforcer la coopération économique et commerciale au service des deux peuples.

Le chef du gouvernement a souligné que cette décision constitue « une étape importante » susceptible de soutenir l’économie libanaise et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux producteurs et exportateurs, contribuant ainsi à « renforcer les opportunités de croissance et de stabilité au Liban ». Il a également exprimé la volonté de l’État libanais de poursuivre la coordination avec l’Arabie saoudite afin de consolider les relations de partenariat dans divers domaines. Nawaf Salam a enfin remercié le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, pour son « suivi attentif » de ce dossier jusqu’à son aboutissement.

En soirée, l’Agence nationale d’information a rapporté que M. Salam a présidé une réunion sécuritaire consacrée aux exportations. Il a insisté sur la nécessité de « maintenir le plus haut niveau de vigilance et de prendre toutes les mesures préventives requises afin de préserver la confiance qui a été reconstruite, de renforcer la crédibilité de l’État libanais et d’assurer la fluidité des exportations vers le Royaume d’Arabie saoudite ». Il a également souligné que « toute négligence ou tout manquement dans ce domaine constitue une menace pour l’intérêt national supérieur », ajoutant : « Nous n’accepterons aucune forme de laxisme à ce sujet ».

Réactions

Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a estimé lors d’un entretien avec la chaîne al-Hadath que la décision de Riyad « reflète la confiance renouvelée dans les institutions libanaises » sous le mandat de Joseph Aoun et le gouvernement de Nawaf Salam. « Les manifestations de l’État souverain reviennent progressivement, notamment avec l’ouverture, il y a quelques jours, de l’aéroport René Moawad à Qleyaat, malgré la guerre », a-t-il ajouté.

Réagissant à cette décision, le ministère de l'Agriculture a souligné que « la réouverture du marché saoudien représente une opportunité décisive pour relancer le processus de redressement agricole, restaurer la position du Liban sur les marchés extérieurs, stimuler la production locale et renforcer la compétitivité des produits libanais ». Il a également indiqué que « les données montrent qu’avant 2020, les pays du Conseil de coopération du Golfe constituaient le principal marché des exportations agricoles libanaises, absorbant environ 45 % du total de ces exportations ». « Le volume des exportations libanaises de légumes, de fruits et de leurs préparations vers les pays du Golfe atteignait environ 200 000 tonnes par an, dont près de 60 000 tonnes à destination du royaume d’Arabie saoudite. Avec le recul de l’accès aux marchés du Golfe, et après l’arrêt des importations par le Royaume d’Arabie saoudite à compter du 25 avril 2021, (...) le total des exportations agricoles libanaises vers les pays du Golfe est ainsi tombé à environ 77 000 tonnes seulement, ce qui a eu des répercussions négatives sur la production agricole, les revenus des agriculteurs et la pérennité des chaînes de valeur du secteur », détaille le ministère.

De son côté, le Parti socialiste progressiste (PSP) a affirmé que « cette décision constitue une preuve supplémentaire de la volonté constante du royaume de se tenir aux côtés du Liban et de son peuple, et de soutenir le processus de redressement et de rétablissement de la stabilité, ce qui reflète un engagement arabe constant à appuyer le Liban face aux défis qu’il traverse ».

Le Courant patriotique libre (CPL) a salué « une nouvelle confirmation de la profondeur des liens entre le Liban et l’Arabie saoudite » qui devrait pousser à « davantage de coordination et d’intégration entre les pays arabes ».

Le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea a de son côté affirmé que la mesure saoudienne « reflète l’intérêt constant du royaume pour le Liban », saluant également le rôle joué par le duo Aoun-Salam en faveur de cette décision.

Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a affirmé à la chaîne al-Jadeed que « la décision saoudienne constitue un message de confiance envers l’État libanais et ses institutions, et reflète un soutien au peuple libanais ».

De son côté, le député Michel Moawad a affirmé que cette décision « reflète le retour de la confiance envers l’État libanais sous un mandat présidentiel et un gouvernement engagés à restaurer la souveraineté, à renforcer les institutions et à renouer les liens avec notre environnement arabe ».

Le président de la Fédération des syndicats du tourisme et président du Syndicat des hôteliers au Liban, Pierre Achkar, a aussi remercié l'Arabie saoudite et le prince héritier Mohammad ben Salmane, espérant que celle-ci soit bientôt étendue au tourisme.

L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) a « vivement remercié en son nom propre ainsi qu’au nom du secteur commercial libanais » le prince héritier « pour la décision historique prise de lever l’interdiction des exportations libanaises vers le royaume d’Arabie saoudite ».

Le Conseil d’affaires libano-saoudien a salué cette décision affirmant qu'elle constitue « une étape d’une importance majeure dans le processus de relance des relations économiques et commerciales entre les deux pays » et offre au Liban « une précieuse opportunité de retrouver sa place sur l’un des principaux marchés arabes et du Golfe ».

Cela faisait des années que Beyrouth attendait une telle annonce. Mercredi, l’Agence de presse officielle saoudienne (SPA) a annoncé la reprise des exportations libanaises vers le royaume d’Arabie saoudite. Selon l’agence, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane ben Abdallah, en a informé le Premier ministre libanais Nawaf Salam lors d’un entretien téléphonique. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une « directive du prince héritier Mohammad ben Salmane », précise la SPA.L’agence indique que cette mesure fait suite à une demande du président de la République libanaise, Joseph Aoun, et du chef du gouvernement, Nawaf Salam. Elle intervient « en reconnaissance des mesures positives prises par le gouvernement libanais pour reconstruire les institutions de l’État, ainsi...
commentaires (6)

C'est bien mais il ne faut pas que les agriculteurs favorisent l'export car il est plus rentable que la vente nationale. Dans les pays qui se respectent l'Etat controle les exportations agricoles: Fixe des quotas annuels d'export

Moi

13 h 17, le 11 juin 2026

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Commentaires (6)

  • C'est bien mais il ne faut pas que les agriculteurs favorisent l'export car il est plus rentable que la vente nationale. Dans les pays qui se respectent l'Etat controle les exportations agricoles: Fixe des quotas annuels d'export

    Moi

    13 h 17, le 11 juin 2026

  • Comme quoi, les armes sont inutiles dans la diplomatie. Mille bravos Messieurs Aoun et Salam !

    KHL V.

    10 h 14, le 11 juin 2026

  • Comme quoi, les armes sont inutiles dans la diplomatie. Mille bravos Messieurs Aoun et Salam !

    KHL V.

    10 h 14, le 11 juin 2026

  • Voila ce que la diplomatie peut réaliser! Que le Hezbollah en prenne de la graine!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 23, le 11 juin 2026

  • Grand bravo à Messieurs Joseph et Nawaf !

    Remy Martin

    06 h 55, le 11 juin 2026

  • Une bonne nouvelle pour nos agriculteurs honnêtes et un feu vert pour retrouver un marché important pour le made in lebanon. Par contre l’Iran n’achète rien de chez nous, mais y exporte ses voyous et sa quincaillerie militaire. Pour être juste, notre pays expédie vers l’Iran, obédience, soumission et poèmes de gratitude. Mais tout celà est gratuit.

    NG

    05 h 49, le 11 juin 2026

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