Liban

Le Parlement bat un record : 23 séances et pas de président depuis un an

Place de l’Étoile

La Chambre doit tenir le 3 juin prochain sa 24e réunion, mais nul ne se fait d'illusions. Samir Geagea a accusé le Hezbollah de bloquer la présidentielle et Robert Fadel a appelé l'opinion publique à former une « force de pression » pour pousser à l'élection.

OLJ
14/05/2015

Sans surprise, le président de la Chambre, Nabih Berry, a annoncé hier, faute de quorum, le report de la 23e séance parlementaire consacrée à l'élection d'un chef de l'État. La 24e aura lieu le 3 juin prochain et marquera dans le même temps l'entrée du Liban dans la deuxième année sans président.
Même s'ils savaient pertinemment bien que leur déplacement sera inutile, 51 députés se sont rendus consciencieusement place de l'Étoile et ont attendu patiemment que le secrétaire général de la Chambre, Adnane Daher, annonce la formule d'usage, celle du report devenu routinier.
Les députés Sethrida Geagea et Robert Fadel ont tenu chacun à son tour une conférence de presse pour dénoncer une aberration imposée aux Libanais.
M. Fadel, qui a exposé à l'opinion publique les obstacles sur lesquels il a buté au cours de l'année écoulée « du fait de la paralysie de l'État et de l'absence de la notion d'État », alors qu'il essayait d'accomplir sa mission de député et de faire passer deux textes de loi, l'un devant régler le problème de l'électricité et l'autre celui de la pauvreté, a dénoncé les « surenchères politiques au détriment du peuple ». « Il m'est apparu que le fait d'œuvrer en dehors des institutions est plus utile que de travailler en leur sein », s'est-il emporté, avant d'estimer que les différentes parties politiques « ne sont plus capables de mettre en place des solutions ». « Chacune d'elles a hypothéqué une partie de l'État et se comporte comme si celle-ci lui appartient. Les partis se sont empêtrés dans leurs conflits en oubliant que la politique est au service de la population et non pas des hommes politiques », a-t-il encore dit, avant d'appeler la société civile, dans toutes ses composantes professionnelles, syndicales et institutionnelles à réagir « en formant une force de pression purement interne dans le but d'obtenir l'élection d'un président ».
Entouré des députés des Forces libanaises, Antoine Zahra, Fady Karam et Shant Jinjian, Sethrida Geagea a réaffirmé la détermination de son époux à rester dans la course à la présidentielle (face au général Michel Aoun) en précisant que la déclaration d'intentions entre les FL et le CPL est sur le point d'être annoncée, sans que les deux parties, a-t-elle ajouté, ne soient parvenues à une entente au sujet de la présidentielle. Un thème sur lequel le chef des FL, Samir Geagea, a rebondi au cours de la conférence de presse qu'il a tenue à Maarab, aussitôt le report de la réunion parlementaire annoncé. « Je vais continuer à tenir ces conférences de presse après chaque réunion en dépit des conseils de certains d'y renoncer à cause de leur caractère routinier et de l'absence de nouvelles données concernant la présidentielle. Mais je tiens à les maintenir en raison du symbole que représente la présidence », a-t-il expliqué d'emblée.

Un seul responsable
Concernant le blocage de la présidentielle, il l'a lié au facteur régional et imputé au seul Hezbollah la responsabilité du boycottage des 23 réunions parlementaires. « Pour le Hezbollah, c'est le jeu régional qui est prioritaire. Malheureusement, il sacrifie des jeunes Libanais pour défendre le régime de Bachar el-Assad et bloque la présidentielle pour l'insérer dans un compromis ou une équation quelconque au niveau de la région », a-t-il déploré, avant de rejeter les reproches selon lesquels ce sont les chrétiens qui bloquent la présidentielle. Il a rappelé, dans ce contexte, que les sunnites, « en dépit de leurs désaccords il y a trois ans, avaient réussi à s'entendre pour nommer Nagib Mikati à la tête du gouvernement, au terme de concertations qu'ils avaient menés ».
Dans le même ordre d'idées, M. Geagea s'est interrogé sur le point de savoir si jamais le Hezbollah acceptera de participer à la séance électorale au cas où les chrétiens s'entendraient autour de son élection à la tête de l'État.
Le chef des FL s'est en outre félicité de la progression du dialogue avec le Courant patriotique libre, en confirmant que la déclaration d'intentions entre les deux formations sera « bientôt annoncée ». « La dialogue avec le CPL ne sera pas voué à l'échec. Nous le poursuivrons jusqu'au bout, surtout que les résultats obtenus jusqu'ici ne sont pas maigres », a-t-il commenté.

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