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À La Une - Liban

Mobilisation générale : Diab évoque une éventuelle prolongation de deux semaines

"Personne ne perdra son argent", affirme le Premier ministre dans un contexte de polémique sur un éventuel "haircut".

Le Conseil des ministres réuni le 16 avril 2020 au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a démenti jeudi que le gouvernement allait alléger les mesures prises dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus au Liban, évoquant la possibilité d'une prolongation de deux semaines de la période de mobilisation générale qui doit prendre fin le 26 avril prochain. Le Liban a enregistré durant les dernières 24h cinq nouveaux cas de coronavirus, tous au niveau local.

"Il n'est pas vrai de dire que nous sommes sur le point d'alléger les mesures de fermeture et celles prévues dans le cadre de la mobilisation générale. Nous pourrions même les renforcer si besoin pour empêcher la propagation du coronavirus. Nous pourrions également demander le 26 avril de les prolonger de deux nouvelles semaines", a déclaré M. Diab lors d'une discussion à bâtons rompus avec des journalistes à l'issue d'un Conseil des ministres, selon des propos relayés par notre correspondante Hoda Chédid.

Pour lutter contre la pandémie, le gouvernement a décidé de prolonger jusqu'au 26 avril la période de mobilisation générale, décrétée le 15 mars et renouvelée une première fois jusqu'au 12 avril. La mobilisation générale prévoit la fermeture de tous les commerces non-essentiels, de l'aéroport de Beyrouth et des établissements scolaires et universitaires. Le gouvernement a également imposé depuis le 26 mars un couvre-feu de 19h à 5h et, dernière mesure en date, la circulation alternée des véhicules a été instaurée. Ce renforcement des mesures a été décidé après qu'un certain relâchement du respect des consignes de confinement a été constaté dans plusieurs régions du pays.

Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères, Nassif Hitti, a annoncé que des vols de rapatriement de Libanais coincés aux Etats-Unis seront organisés après le 26 avril. Lors de la première phase de rapatriement, plus de 2.500 expatriés ont pu rentrer au Liban, en provenance de différents pays d'Afrique, d'Europe et du Golfe, sur des vols commerciaux et privés. Au total, 34 d'entre eux ont été testés positifs au Covid-19. Selon le ministère des Affaires étrangères, plus de 20.000 Libanais coincés à l'étranger ont exprimé le souhait de rentrer.

Sur le plan hospitalier, le gouvernement a approuvé un crédit de 450 milliards de livres aux hôpitaux privés, à la demande du chef de l'Etat, Michel Aoun, afin d'aider le secteur qui fait face à la crise du coronavirus. Le secteur hospitalier privé au Liban compte environ 10 000 lits, ce qui représente 85 % de l’offre hospitalière totale. Depuis 2012, la dette de l’État vis-à-vis de ce secteur a atteint des proportions énormes, s'élevant, selon le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, à plus de 2 000 milliards de livres.




(Lire aussi : « Il a fallu une épidémie de cette ampleur pour que notre travail soit reconnu à sa juste valeur »)



"Personne ne perdra son argent"
Lors de sa discussion avec des journalistes, M. Diab a également abordé la question de l'éventuelle ponction sur les dépôts bancaires des Libanais, dite "haircut", une mesure qui a suscité la colère d'une partie de la classe politique au sein du pouvoir et dans l'opposition, ainsi que parmi les Libanais. "Nous n'avons pas évoqué le 'haircut'. Personne ne perdra son argent, mais la possibilité pour les déposants d'utiliser cet argent dépend du plan de restructuration", a réaffirmé le Premier ministre.

Le gouvernement examine actuellement un plan de réformes économiques et financières qu'il est censé adopter afin de tenter de sortir le pays de sa pire crise économique en trente ans. Un passage de ce texte affirmant la volonté du gouvernement de "ne pas toucher à l’argent de 90 % des déposants dans les banques" avait suscité des craintes quant à un éventuel haircut, c’est-à-dire une possible ponction sur les avoirs des épargnants. Si le plan de sauvetage économique n’a pas encore officiellement vu le jour, ce passage a causé une véritable tempête politique, tant parmi les composantes du cabinet que dans les rangs de ses opposants.

Sur ce plan, la porte-parole du gouvernement, la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, a indiqué avoir évoqué en Conseil des ministres les négociations avec les organismes économiques qui ont débuté hier. "L'objectif est d'aboutir à une formule la semaine prochaine", a-t-elle souligné.

Le Liban a fait défaut sur le remboursement de sa dette publique en dollars, une première dans l'histoire du pays. Les créanciers de l'Etat et les bailleurs de fonds internationaux réclament un plan de réformes économiques et financières afin d'aider le Liban. Sur ce plan, le directeur général du ministère des Finances, Alain Bifani, a indiqué que la communauté internationale avait positivement accueilli le projet de plan de réformes.



(Lire aussi : La BDL donne de nouvelles précisions sur les retraits des « petits » dépôts)



Nominations judiciaires
Par ailleurs, M Diab et la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, ont annoncé qu'ils avaient signé les décrets des nominations et permutations judiciaires civiles et militaires, qui ont fait l’objet de polémiques ces dernières semaines, et à l'issue d'un parcours semé d'embûches.

Sur le plan judiciaire, Mme Abdel Samad a annoncé la création de 45 nouveaux bureaux de notaires sur l'ensemble du territoire.

En outre, le ministère de la Justice a été chargé de rédiger un rapport la semaine prochaine sur la corruption au sein de l'administration publique, ainsi que sur les projets de loi relatifs à l'enrichissement illégal.

Enfin, le Premier ministre a évoqué le plan de distribution d'aides sociales aux familles les plus démunies, qui a débuté aujourd'hui alors qu'il était censé être mis en œuvre mardi, mais avait été retardé en raison d'"erreurs" dans les listes des bénéficiaires. "Des listes ont été gonflées pour des raisons politiques et électorales. L'armée s'en est rendu compte et a corrigé le tir", a-t-il déclaré.


Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a démenti jeudi que le gouvernement allait alléger les mesures prises dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus au Liban, évoquant la possibilité d'une prolongation de deux semaines de la période de mobilisation générale qui doit prendre fin le 26 avril prochain. Le Liban a enregistré durant les dernières 24h cinq...

commentaires (3)

IL EN EST NECESSAIRE BIEN SUR.

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

19 h 49, le 16 avril 2020

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Commentaires (3)

  • IL EN EST NECESSAIRE BIEN SUR.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    19 h 49, le 16 avril 2020

  • Avec toute cette mobilisation les pertes sont lourdes pour tout le peuple libanais . Dieu seul peut nous aider en cette semaine sainte .

    Antoine Sabbagha

    19 h 04, le 16 avril 2020

  • Oui, jusqu'à finir les rapatriements. Et même plus loin.

    Esber

    17 h 55, le 16 avril 2020

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