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Dernières Infos - Liban

Le gouvernement approuve un crédit de 450 milliards de livres aux hôpitaux privés à la demande de Aoun

Le chef de l'Etat, Michel Aoun (c), présidant une réunion du gouvernement, le 16 avril 2020 au palais de Baabda. Photo Twitter/@LBpresidency

Le gouvernement du Premier ministre libanais Hassane Diab a approuvé jeudi un crédit de 450 milliards de livres aux hôpitaux privés, à la demande du chef de l'Etat, Michel Aoun, afin d'aider le secteur qui fait face à la crise du coronavirus qui frappe le pays depuis le 21 février. Le gouvernement est réuni depuis 11 heures en Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda. Selon le compte Twitter de la présidence de la République, "le président Aoun a demandé, en dehors de l'ordre du jour, d'allouer un crédit pour payer les montants dus par l'Etat aux hôpitaux privés, et le gouvernement a approuvé une enveloppe de 450 milliards de livres à cet effet". 

Le secteur hospitalier privé au Liban compte environ 10 000 lits, ce qui représente 85 % de l’offre hospitalière totale. Depuis 2012, la dette de l’État vis-à-vis de ce secteur a atteint des proportions énormes, s'élevant, selon le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, à plus de 2 000 milliards de livres dus au secteur hospitalier privé, alors que l’inflation des prix combinée à la dévaluation de la monnaie (le dollar se vendait dernièrement à plus de 3 000 L.L. sur le marché noir de change) a provoqué une hausse de 35 % du coût de fonctionnement des hôpitaux.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), le président du syndicat des propriétaires des hôpitaux privés Sleiman Haroun, a affirmé que "les problèmes financiers des hôpitaux se sont répercutés sur le personnel médical", rappelant que "certains hôpitaux ont déjà mis la clé sous la porte, alors que d'autres m'ont informé qu'ils comptaient faire de même si la situation ne changeait pas". "Nous avons un problème social, humanitaire et financier. Cette crise financière, ce n'est pas le gouvernement actuel qui en assume la responsabilité. C'est une crise chronique", a déploré M. Haroun. Il a toutefois affirmé avoir reçu "des promesses de paiement dans les prochaines semaines", qualifiant cela de "positif pour les employés" du secteur. Pour sa part, le député de Baabda, Fadi Alamé, a appelé à "un soutien exceptionnel et spécial au corps médical afin qu'il puisse poursuivre sa mission" dans la lutte contre le coronavirus. Il a ainsi demandé au gouvernement à aider ce secteur en "faisant pression sur le secteur bancaire afin de renouveler les facilités qui étaient accordées aux hôpitaux".

Plus tard en journée, le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a reçu Sleiman Haroun dans les locaux du ministère afin de discuter de la situation des hôpitaux privés. "La crise financière fait pression (...) mais le gouvernement et le ministère de la Santé tiennent à garder le secteur sanitaire loin des tensions", a promis le ministre. "Que ce soit en public ou en coulisses, tout le monde consent au paiement des montants dûs aux hôpitaux", a affirmé M. Hassan. Il a souligné que son ministère "est d'accord pour verser les droits qui remontent aux six derniers mois de l'année 2019".  Pour sa part, M. Haroun a expliqué que les hôpitaux privés tentaient d'"épargner aux citoyens et au corps médical les conséquences des problèmes auxquels est confronté le secteur". Il a enfin indiqué que les hôpitaux privés mettaient "tous leurs moyens à disposition du ministère de la Santé dans ces circonstances difficiles".


Crise économique
En Conseil des ministres, le président Aoun s'est en outre défendu contre les critiques ciblant le pouvoir et qui sont régulièrement émises dernièrement par plusieurs formations politiques se réclamant de l'opposition. "Il est notable de voir que certaines figures politiques qui s'en prennent dans les médias au travail de l'Etat sont celles-là même qui ont porté atteinte à l'Etat au fil des ans en commettant des violations financières et autres, ce qui a abouti à une hausse de la dette publique. Aujourd'hui, ces figures politiques nous réclament des comptes pour ce qu'elles ont commis (...)", a déploré le chef de l'Etat. "Il ne faut pas se taire face aux atteintes qui vont crescendo, et il est inévitable de dire la vérité devant l'opinion publique afin que le peuple soit arbitre", a ajouté le président Aoun.

Le président de la République a par ailleurs abordé la question de la crise économique et financière, la pire en trente ans, affirmant que le plan de réformes économiques que prépare le gouvernement Diab "doit prendre en considération la restitution des fonds volés et transférés à l'étranger, ainsi que la lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite, en parallèle d'une mobilisation de la justice". Le Conseil des ministres doit poursuivre durant sa réunion, aujourd'hui, l'étude du plan de réformes en gestation. Le Liban a fait défaut sur le remboursement de sa dette publique en dollars, une première dans l'histoire du pays. Les créanciers de l'Etat, et les bailleurs de fonds internationaux, réclament un plan de réformes économiques et financières afin d'aider le Liban. Il y a quelques jours, des informations sur la teneur de ce plan ont fuité dans les médias, provoquant une levée de boucliers de la part de plusieurs forces politiques et au sein de l'opinion publique, notamment en raison d'une possible ponction sur les dépôts de certains Libanais dans les banques du pays.


Le gouvernement du Premier ministre libanais Hassane Diab a approuvé jeudi un crédit de 450 milliards de livres aux hôpitaux privés, à la demande du chef de l'Etat, Michel Aoun, afin d'aider le secteur qui fait face à la crise du coronavirus qui frappe le pays depuis le 21 février. Le gouvernement est réuni depuis 11 heures en Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda....