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À La Une - Liban

"On ne se taira plus" : marche des femmes à Beyrouth pour faire entendre leur voix

Aoun plaide en faveur d'une "loi unifiée du statut personnel".

Vue générale de la marche à l'occasion de Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2020 à Beyrouth. Photo Joao Sousa.

Des Libanaises et des résidentes étrangères au Liban se sont rassemblées dimanche pour une marche, qui a finalement eu lieu, entre le Musée national et le centre-ville de Beyrouth à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

"On marche pour l'égalité des sexes, pour l'égalité salariale, contre le harcèlement sexuel, pour le droit des femmes à transmettre la nationalité, et pour l'égalité des droits, spécifiquement dans le contexte des tribunaux religieux qui régissent les lois personnelles", explique Lama Ramadan, 31 ans, experte en communication à la Lebanese American University (LAU), à notre journaliste sur place, Nada Maucourant Atallah. "C'est parce que nous nous sommes tues pendant des années que nous nous en sommes arrivées là. On ne se taira plus, on continuera de manifester, de faire entendre notre voix sur tous les sujets", a-t-elle promis.

Les manifestants, brandissant des pancartes et des drapeaux libanais, reprenaient des slogans et des chants du mouvement de contestation contre la classe dirigeante.



D'autres contestataires, notamment des employées de maison migrantes, réclamaient la fin du système du garant (kafala), qui les place sous la tutelle de leur employeur, favorisant ainsi les violations répétées de leurs droits.

"Je marche pour les droits des femmes, et contre le système de kafala qui nous contrôle depuis si longtemps. C'est ce système qui nous rend malade", explique une jeune travailleuse domestique éthiopienne tenant une pancarte où est inscrit "Le virus, ce n'est pas le corona, mais le système de la kafala".


"Le virus, ce n'est pas le corona, mais le système de la kafala", peut-on lire sur la pancarte orange brandie par une travailleuse migrante. Photo João Sousa.


Des manifestants réclamant des droits pour la communauté LGBT étaient également présents.


Photo AFP / ANWAR AMRO


Samedi, plusieurs organisations et collectifs qui devaient organiser des marches dans la capitale avaient annoncé l'annulation de ces événements en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus qui touche notamment le pays où 28 cas ont été enregistrés jusque-là.



(Lire aussi : Tous pour une, l'éditorial de Issa GORAIEB)



Aoun plaide pour une loi unifiée du statut personnel
Plusieurs personnalités politiques se sont exprimées à l'occasion de cette journée des droits des femmes. Ainsi, le président Michel Aoun a plaidé sur Twitter en faveur d'une "loi unifiée du statut personnel" pour les Libanaises.

Le Liban ne disposant pas de statut civil unifié, chaque Libanais est soumis au droit relatif au statut personnel de sa communauté religieuse, notamment en ce qui concerne le mariage, le divorce, la garde des enfants ou l'héritage. Chaque communauté ayant son propre droit, il existe de facto une inégalité entre Libanais à laquelle s'ajoutent des inégalités de traitement entre hommes et femmes.

Le président du Parlement, Nabih Berry, a, lui, souhaité une "bonne année" aux femmes libanaises, ainsi qu'à "toutes les mères". "Le 8 mars est l'occasion de renouveler notre engagement dans la lutte pour que le femme libanaise prenne toute sa part dans le développement du Liban et des Libanais", déclare M. Berry.

De son côté, le leader du courant du Futur, l'ex-Premier ministre Saad Hariri, a salué "la femme libanaise qui a prouvé sa valeur et son rôle moteur au sein de la société et de la construction de son avenir".

Le représentant du secrétaire général des Nations Unies au Liban, Jan Kubis, a rendu hommage aux femmes libanaises "catalyseur du progrès social", tout en affirmant qu'un long chemin devait être parcouru et que les Libanaises "continuent de faire face à de nombreuses formes de discrimination".

"Cette année, la commémoration de la Journée internationale de la femme a lieu à un moment charnière de l’histoire du Liban. Les femmes libanaises se sont, une fois de plus, révélées être un catalyseur du progrès social en prenant la tête des appels au changement et à la réforme. Leurs efforts pour protéger le caractère non violent du mouvement populaire libanais ont montré leur rôle essentiel dans l’édification de sociétés pacifiques", affirme M. Kubis. Selon lui, "un long chemin reste à parcourir. Au Liban, les femmes continuent de faire face à de nombreuses formes de discrimination, tandis que les inégalités dans différents domaines restent prédominantes, la violence sexiste n'est pas combattue de manière adéquate et leurs préoccupations, droits et intérêts ne sont que rarement prioritaires", a-t-il dénoncé.



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Des Libanaises et des résidentes étrangères au Liban se sont rassemblées dimanche pour une marche, qui a finalement eu lieu, entre le Musée national et le centre-ville de Beyrouth à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes."On marche pour l'égalité des sexes, pour l'égalité salariale, contre le harcèlement sexuel, pour le droit des femmes à transmettre la...

commentaires (4)

Bonne fête à la femme libanaise pour de jours meilleurs et des conditions de vie dines de ses ambitions .

Antoine Sabbagha

20 h 49, le 08 mars 2020

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Commentaires (4)

  • Bonne fête à la femme libanaise pour de jours meilleurs et des conditions de vie dines de ses ambitions .

    Antoine Sabbagha

    20 h 49, le 08 mars 2020

  • DES PAROLES EN L,AIR LES FEMMES ENTENDRONT BEAUCOUP. DES ACTES CONCRETS ELLES EN VERRONT TRES PEU.

    LA LIBRE EXPRESSION

    18 h 22, le 08 mars 2020

  • Bonne fête Mesdames.

    FRIK-A-FRAK

    16 h 33, le 08 mars 2020

  • Aoun plaide pour une loi unifiée du statut personnel Le président du Parlement, Nabih Berry, a, lui, souhaité une "bonne année" aux femmes libanaises, ainsi qu'à "toutes les mères". De son côté, le leader du courant du Futur, l'ex-Premier ministre Saad Hariri, a salué "la femme libanaise qui a prouvé sa valeur et son rôle moteur au sein de la société et de la construction de son avenir". des bonnes paroles c est gratuit, pour agir en faveur de la femme ils sont aux abonnés absents depuis des années, assez de mensonges et d hypocrisie : agissez…………...

    youssef barada

    15 h 43, le 08 mars 2020

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