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Nos lecteurs ont la parole

Responsables et coupables

Les crises mondiales bousculent l’ordre international malgré l’appel au calme de tout bord. Le droit international est tiraillé entre les belligérants. Comme au niveau individuel, chaque partie rejette la faute sur l’autre : le méchant, c’est l’autre.

La situation actuelle commence par le conflit et l’attaque par les États-Unis et Israël, d’un côté, et l’Iran, la Chine et la Russie, de l’autre.

Sur notre territoire, il y a une relance du conflit chronique entre Israël et le Hezbollah. Ce dernier réagit en accord avec la République islamique d’Iran. Le gouvernement du Liban semble mis de côté et n’arrive pas à décider ou appliquer ses décisions et agir.

Dans ce conflit, on est envahi par deux positions contraires.

D’abord, en Israël, l’influence croissante des mouvements messianiques, les membres de l’armée apprennent le sionisme religieux et le Talmud.

Un rabbin dit : « Nous réalisons aujourd’hui ce que nos pères ont rêvé. Ce n’est pas notre seule vision, c’est celle du peuple juif. » Le ministre Bezalel Smotrich a un « plan décisif » (nous annexons autant de territoires que possible, nous construisons autant de colonies que possible, avec trois options pour les Palestiniens : être citoyens de seconde catégorie, quitter leur terre, ou mourir s’ils résistent).

Du côté iranien, l’ayatollah Khomeyni n’a fait que proclamer qu’« Israël est l’ennemi de l’islam » et qu’il faut à tout prix l’éliminer. Ses acolytes vivent non plus de convictions, mais de certitudes. Cela conduit au fondamentalisme et à la radicalité. C’est un régime théocratique qui va entraîner une déviance extrême. Il impose une résistance qui soumet la réalité à la logique d’une idée, d’une vision. Il y a certes un droit à l’insoumission, mais il y a un droit à la paix aussi.

Dans le Liban meurtri, le triomphe de la passion sur la raison fait courir un grand risque à la démocratie.

C’est la haine contre la haine, les passions déviantes contre des passions déviantes. Nous assistons au Liban à un Parlement qui ressemble à la Loya Jirga (la grande réunion ou grand conseil en pachtoune, en Afghanistan, et qui réunit les seuls chefs de tribus des religieux et des politiques), c’est le chef du Parlement qui tire les ficelles et qui décide. Avec quel résultat !

Les autorités religieuses se réunissent en toute bonne foi. Elles échangent calmement et prêchent la bonne volonté. Quant aux politiques, ils sont égarés, ils hésitent entre un bonheur individuel et un malheur collectif. S’ils croient que les peuples suivent leurs intérêts plutôt que leurs passions, ils n’ont rien compris à la nature humaine.

Sur le terrain, il y a des combattants qui aspirent au martyre dans l’espoir de défendre la terre et libérer le pays. Dans le droit international, la résistance à l’oppression est à la fois compréhensible et légitime. Dans cette atmosphère anarchique, le Liban est ravagé : le Sud est à terre, tout le peuple est meurtri et disséminé, la structure de l’État est chancelante.

Ce qui reste est un semblant d’État. Il y domine la corruption, le banditisme et le trafic de tout genre.

Le Liban tout entier est victime de la politique défaillante des pays arabes. Faute d’un consensus global pour défendre la cause palestinienne, le Liban subit les agressions sauvages d’Israël. Le sommet arabe en 2002 a accepté le principe de « la terre contre la paix », proposé par l’Arabie saoudite, qui n’a pu être suivi.

L’État libanais doit réagir, les responsables doivent crier fort leur refus pour éloigner la lutte des deux camps sur notre territoire, la lutte entre Israël et l’Iran. Ces pays constituent des réseaux de gangstérisme qui se couplent avec la politique.

C’est le règne de la barbarie où les prophètes ne sont plus entendus, et souvent chaque groupe les interprète à sa manière. La terre ne semble pas assez large pour accueillir toute la masse humaine et pour vivre en paix. Les religions qui viennent de l’au-delà semblent mal s’accorder pour vivre en harmonie sur terre.

Les conflits sont multiples. Les belligérants se bousculent pour occuper un espace sur terre ou dominer une région ou dominer l’énergie sur la planète, car il y a une interdépendance de l’économie mondiale. Ils doivent savoir qu’ils finissent tous par se retrouver face au Créateur, dans un ciel accueillant, serein et sans limite.

En attendant, il faut actionner les règles sur terre et les lois dites internationales. Il faut activer le Conseil de sécurité de l’ONU et la Cour internationale de justice. Les peuples balancent entre des extrémismes qui secrètent des haines et de l’agressivité. On doit espérer retrouver des responsables éclairés qui s’inspirent des prophètes, des grands messagers et des guides éclairés de l’humanité, sans déviances et sans passions.

La majorité de nos dirigeants se complaisent dans l’industrie du flou et du mensonge. Ils sont responsables et coupables pour toutes les dégradations du pays. D’autres politiques doivent émerger pour soutenir l’action du président, du gouvernement et la structuration de l’armée.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui regardent sans rien faire.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Les crises mondiales bousculent l’ordre international malgré l’appel au calme de tout bord. Le droit international est tiraillé entre les belligérants. Comme au niveau individuel, chaque partie rejette la faute sur l’autre : le méchant, c’est l’autre.La situation actuelle commence par le conflit et l’attaque par les États-Unis et Israël, d’un côté, et l’Iran, la Chine et la Russie, de l’autre. Sur notre territoire, il y a une relance du conflit chronique entre Israël et le Hezbollah. Ce dernier réagit en accord avec la République islamique d’Iran. Le gouvernement du Liban semble mis de côté et n’arrive pas à décider ou appliquer ses décisions et agir.Dans ce conflit, on est envahi par deux positions contraires.D’abord, en Israël, l’influence croissante des mouvements messianiques, les...
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