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Interview

Aoun : Nous devons être remboursés pour les 25 milliards de dollars que nous a coûté la crise syrienne

Dans un entretien à la revue française Valeurs Actuelles, le chef de l’État confirme pour la première fois avoir reçu Carlos Ghosn, "un ami personnel", à son arrivée au Liban.

Le président libanais, Michel Aoun, 21 octobre 2019 au palais de Baabda. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir

Le président Michel Aoun a affirmé, dans un entretien paru samedi dans la revue française Valeurs Actuelles que le Liban n’a "pas besoin d’une aide extraordinaire" pour sortir de la grave crise économique et financière dans laquelle il est plongé, mais qu’il devrait être remboursé en partie pour les 25 milliards de dollars que lui coûté la crise syrienne.

"Notre situation est très mauvaise. Nous souffrons d'une crise économique très aiguë, très violente même. L’économie libanaise s’est transformée en économie de rente depuis que la Syrie est entrée au Liban, dans les années 1990. Nos budgets étaient nourris par l’endettement", déclare le chef de l’État. Selon lui, trois éléments ont aggravé la situation, tout d’abord la conjoncture mondiale, puis les guerres dans plusieurs pays arabes voisins et enfin la crise des réfugiés syriens.

Les réfugiés syriens "représentent aujourd’hui près de la moitié de notre population. C’est bien évidemment une situation intenable", poursuit M. Aoun. "Cette crise nous a coûté quelque 25 milliards de dollars, selon les estimations du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale", souligne-t-il encore.


(Lire aussi : Où sont les Libanais ? Le billet de Médéa Azouri)



Alors que des restrictions bancaires draconiennes sont imposées au déposants, au Liban, depuis des mois, le président, interrogé sur les moyens de rassurer les Libanais inquiets pour leurs comptes en banque, répond : "Nous allons prendre des mesures fiscales et financières très strictes pour le redressement. Pour cela, nous n’avons pas besoin d'une aide extraordinaire, nous avons plutôt besoin du remboursement des pays qui ont entamé cette guerre en Syrie. Nous avons le droit de récupérer une partie des 25 milliards de dollars que cela nous a coûté".

Comment récupérer cette somme ? "Il existe un groupe de pays qui veut aider le Liban, dont la France qui a manifesté son intérêt. Lors de notre dernière conversation téléphonique, le président Macron m’a félicité de la formation de notre nouveau gouvernement. Nous avons aussi évoqué la crise actuelle, mais il y aura certainement un autre entretien plus spécifique sur la question dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.


(Lire aussi : Lumière, lumière !l'éditorial de Issa GORAIEB)



Un rôle économique pour Ghosn ? "C'est tout à fait possible"
Le chef de l’Etat assure par ailleurs que le gouvernement de Hassane Diab "n’est pas dirigé par le Hezbollah. Celui-ci est un poids pour ce gouvernement, car beaucoup de pays boycottent le Liban à cause du Hezbollah (…)", selon le président Aoun.

A la question de savoir s’il appuie une levée des sanctions occidentales imposées à la Syrie, le président Aoun répond : "Certainement ! Beaucoup de problèmes sont liés à la situation syrienne et au blocus qui est imposé. Les pays occidentaux n’autorisent même pas de négociations directes avec la Syrie afin de permettre le retour des déplacés syriens vers leur pays. Ce ne sont pas des déplacés sécuritaires. La guerre a pris fin dans leur pays et ils ne peuvent toujours pas revenir chez eux. Nous ne comprenons pas la position occidentale à cet égard, qui est lourde de conséquences pour nous".


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Le chef de l’Etat confirme par ailleurs, pour la première fois, avoir reçu Carlos Ghosn le jour de son arrivée au Liban, le 30 décembre, soulignant que Beyrouth s’était mobilisé en sa faveur lorsqu’il était en détention au Japon. "Un jour, Carlos Ghosn a appelé, au petit matin, je dormais encore. Il voulait me parler. J’ai été très surpris de constater qu’il avait laissé un numéro à Beyrouth. Quand je suis descendu dans mon bureau, je l’ai rappelé pour lui donner une audience dans l’après-midi". Interrogé sur un éventuel rôle que l’ancien PDG de Renault-Nissan pourrait jouer dans le redressement du Liban, il répond : "C’est tout à fait possible. J’espère qu’il aura un rôle économique. Je le souhaite, d’autant que c’est un ami personnel. C’est quelqu’un de bien".


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Le président Michel Aoun a affirmé, dans un entretien paru samedi dans la revue française Valeurs Actuelles que le Liban n’a "pas besoin d’une aide extraordinaire" pour sortir de la grave crise économique et financière dans laquelle il est plongé, mais qu’il...

commentaires (19)

Super Mr le président alors demander à votre ami le boucher de vous rembourser

Bery tus

21 h 51, le 10 février 2020

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Commentaires (19)

  • Super Mr le président alors demander à votre ami le boucher de vous rembourser

    Bery tus

    21 h 51, le 10 février 2020

  • et par le meme Occasion de payer l Addition...

    Jack Gardner

    18 h 18, le 10 février 2020

  • Vous etes amis avec Bachar, dites lui de les reprendre

    Jack Gardner

    18 h 10, le 10 février 2020

  • Celui qui avait introduit le loup dans la bergerie et ce, en signant l'accord de Chiyah-Canossa, c'est à lui de réparer les dégâts en subissant toutes les conséquences.

    Honneur et Patrie

    19 h 55, le 09 février 2020

  • Si le but d'accueillir les réfugies syriens était d'empocher des milliards, c'est raté. Il y a des présidents qui sont là pour anticiper les problèmes à venir et assurer la protection de ses frontières en se montrant intraitable quand à la cohu que génèrent certaines guerres. Surtout qu'il y avait un précédent qui nous avait coûté cher celui des palestiniens. Le president de notre REPUBLIQUE à laisser faire obéissant aux appels des sirènes et vient accuser les autres pays de tous les maux alors que la solution était dans ses mains. Le Liban est un pays qui ne s'est pas encore remis de la guerre sur son sol et qui n'arrive pas à subvenir aux besoins de son peuple ne pouvait en aucun cas accueillir l'équivalent de la moitié de sa population avec leurs voitures et personne ne lui aurait reproché le refus de l'hospitalité puisqu'il était impossible de le faire dignement. Sans parler de la sécurité du pays qui pouvait en pâtir. Ça, tout le monde le savait sauf le président . Il vient pleurer dans les chaumières et réclamer de l'argent et l'accord des autres pays de voir ces réfugiés rentrer chez eux? C'est quoi alors le rôle d'un président? Laisser faire puis se plaindre? Pourquoi il se montre intraitable quand il s'agit de nommer un gouvernement sous tutelle et s'avoue incapable de protéger le pays contre des catastrophes annoncées? Cette mascarade a assez duré. Lorsqu'on est incapable de tenir un pays, on démissionne.

    Sissi zayyat

    12 h 40, le 09 février 2020

  • Ce Monsieur vit sur une autre planète, celle des bénis oui oui. En plus il n'a pas froid aux yeux d'accuser les autres pays des maux de notre pays et des pays en guerre que seuls leurs dirigeants pourris et la corruption ont fait que ces pays dont le notre sont plongés dans un marasme et un chaos évidents. Tous les milliards avancés depuis des décennies n'ont servi qu'à remplir leurs poches et fournir leurs comptes à l'étranger et ça les pays donateurs le savent et c'est pour ça qu'ils s'abstiennent dorénavant d'avancer le moindre centime. En d'autres termes, tant que la mafia dirige notre pays, personne ne mettra la main à la poche ne serait ce que pour étancher leur soif et leur cupidité d'engloutir tout ce qui rentre dans ce pays comme sommes avant même d'atterrir dans les tiroirs de caisse des ministères concernés. Le peuple ne leur tienne pas rigueur, bien au contraire, nous encourageons tous les pays donateurs à rester ferme et exiger des explications sur les sommes dilapidées avant de procéder à d'autres donations car elles finiront dans les mêmes poches et le Liban sera toujours privé d'eau de l'électricité et d'hôpitaux mais avec à sa tête des mafieux qui dépourvus de toute conscience réclameraient encore plus car personne de leur demande de comptes et ils se sentent légitimes de spoiler un pays où la justice et les banques sont de mèche. Partez Monsieur vous êtes à côté de la plaque. Il est temps que notre pays soit dirigé par un homme à sa hauteur.

    Sissi zayyat

    11 h 47, le 09 février 2020

  • Cher Phare Aoun vous donnez trop d'importance à le France qui n'est dans le fond qu'un serviteur de comploteurs beaucoup plus voraces que ce pays de moyenne importance mais de bas-relief. Si vous comptez vraiment sur cette petite France alignée à ce groupe de prédateurs, c'est vrai qu'on ira nulle part. Cherchons ailleurs.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 46, le 09 février 2020

  • À l’issue de la conférence de soutien au Liban tenue en avril 2018 à Paris (la CEDRE), le Liban avait réussi à obtenir une promesse d'aide internationale (conditionnée par la réalisation de réformes) totalisant environ 11 milliards de dollars. Mais cette aide, conditionnée à des réformes économiques et financières, ne s'est toujours pas concrétisée. C'EST COMPLETEMENT FAUX DE CONCLURE COMME CELA VOTRE TEXTE CAR C'EST UN BLAME DEGUISE CONTRE LES DONATEURS IL FALLAIT DIRE Mais cette aide, conditionnée à des réformes économiques et financières, N'A JAMAIS EU LIEU CAR DEPUIS AVRIL 2018 AUCUNE REFORME DEMANDEE N'A ETE FAITES ET LA CORRUPTION DES POLITICIENS LIBANAIS EST DEVENU TENTACULAIRE AUSSI ON PEUT AJOUTER AVEC CE MINISTERE RIEN NE CHANGERA : PREMIERE RESOLUTION" ON LAISSE TOUS LES PLANS DE L'ELECTRICITE TEL QUEL SANS AUCUN CHANGEMENT DANS LES PLANS DU CPL QUI A ECHOUE DANS CE DOMAINE DEPUIS 10 ANS CPL VOUS N'ETES PLUS CREDIBLE MALHEUREUSEMENT

    LA VERITE

    10 h 35, le 09 février 2020

  • De grâce, cessez de nous prendre pour des imbéciles ignorants, sourds et aveugles ! Les circonstances actuelles demandent de la dignité, le respect de soi-même et du peuple, et surtout de préserver l'honneur du pays que vous représentez. Ce n'est pas en accusant les autres ici et là à l'extérieur des maux que subit le pays dirigé par vous et vos alliés que vous pourrez le sauver de la déchéance dans laquelle vous l'avez plongé ! C'est à vous et votre gouvernement de prendre d'urgence les mesures pour sauver le Liban, car vous êtes les responsables de ce pays...en tous cas vous le prétendez en restant malgré tout à votre poste...!!! Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 25, le 09 février 2020

  • Vous dégagez et on aidera le Liban Nous sommes la Diaspora et sommes conscients que pour sauver nos mises nous devons avancer des fonds pour voir alors de grâce dégagez !

    PHENICIA

    07 h 22, le 09 février 2020

  • "... De nombreux pays, la France en tête, veulent aider le Liban ..." Pourquoi?

    Gros Gnon

    02 h 08, le 09 février 2020

  • IL DOIT PARTIR MONSIEUR AOUN. AUCUN PRÉSIDENT AU MONDE N'ACCEPTE DE RESTER ASSI SUR SA CHAISE EN REGARDANT D,EN HAUT UN PEUPLE SOUFRANT DANS LA RUE. IL FAUT ÊTRE INSENSIBLE COMPLÈTEMENT OU HYPNOTISÉ POUR RESTER LÀ OÙ IL EST. SHAME EN YOU .

    Gebran Eid

    01 h 21, le 09 février 2020

  • J'avoue ne pas comprendre un seul mot de ces propos. Les pays qui ont déclenché la guerre en Syrie... Des pays qui refusent le retour des réfugiés syriens... 25 milliards de dollars... De quoi et de qui parle-t-il? En tous cas, il est vrai que l'aide internationale serait la bienvenue, mais ce n'est pas- entre autres - la perpétuation de l'arnaque des bateaux turcs qui va contribuer à donner confiance aux pays occidentaux.

    Yves Prevost

    22 h 22, le 08 février 2020

  • Oui quand toi et ton gendre serez parti Tout Le monde aidera

    KARIM GHAZZAOUI

    22 h 04, le 08 février 2020

  • Aoun ose accuser les occidentaux de la guerre en Syrie et il pense qu ils vont donner des milliards au Liban ....vraiment incroyable....il ne lui reste plus qu accuser les occudentaux de la ruine du Liban..... Ce qui a provoque le drame syrien c est une dictature corrompue .....dans un pays democratique sans corruption,il n y a jamais de guerre !

    HABIBI FRANCAIS

    21 h 44, le 08 février 2020

  • RECLAMES A BACHAR ET A KHAMENEI QUI ONT TRANSFORME LES MANIFESTATIONS PACIFIQUES DU PEUPLE SYRIEN EN GUERRE CIVILE ET QUI EN ENVOYANT DES MERCENAIRES APPUYER LE REGIME ONT OUVERT GRANDES LES PORTES AUX ORGANISATIONS TERRORISTES. SANS REFORMES ET APPLICATION DE LA CONSTITUTION EN CE QUI CONCERNE LES MILICES PERSONNE NE SE HASARDERA A AIDER. IL FAUT ETRE REALISTE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    21 h 39, le 08 février 2020

  • Partageons pour une fois l'optimisme de notre président libanais ou tout est possible dans le pays des miracles .

    Antoine Sabbagha

    21 h 28, le 08 février 2020

  • Pas d'aide à l'aveuglette. Sous conditions précises depuis CEDRE en 2018. Les réformes que tout le monde connaît, mais qui sont ignorées. En tête des réformes, l'électricité.

    Esber

    21 h 06, le 08 février 2020

  • Personne ne veut aider un pays pourri politiquement...géré selon un modèle qui n’a plus cours en France depuis 100ans! Puisez dans vos poches d’abord... Ensuite les donateurs réfléchiront..

    LeRougeEtLeNoir

    20 h 48, le 08 février 2020