Il est fascinant de constater l’évolution du principe même des batailles à travers les âges, depuis l’époque où le guerrier médiéval fracassait le crâne de son ennemi, se grattait le fion et mangeait sans changer de main, jusqu’au soldat d’aujourd’hui qui par sa console tient en laisse un drone dopé à l’intelligence artificielle, affalé dans son fauteuil en écoutant du rap, défoncé à mort.
De ce fait, depuis que le Trumpinator a choisi de faire face aux Gardiens de l’uranium enrichi et des Iraniens appauvris, il n’a pas trop l’embarras du choix : soit il les abreuve de vitamine B2 supplémentée en missiles de croisière, tout en faisant danser les médias à coups d’annonces farfelues d’avancées diplomatiques ; soit il fracasse carrément la bonbonnière en leur parachutant ses spadassins, ce qui permettra à son allié Bibi le bobo de se taper un orgasme avec force 7,0 sur l’échelle de Richter.
Seulement voilà, dans un cas comme dans l’autre le résultat n’est pas garanti. De nos jours, les militaires et les opinions publiques n’ont aucune appétence pour le combat au sol. Les états-majors préfèrent de loin la guerre presse-bouton-vidéo qualifiée pudiquement de « frappe chirurgicale », et les peuples plébiscitent le dégraissage des dépenses de guerre au profit des plaisirs et des loisirs. Dieu qu’ils sont loin, les gladiateurs romains amateurs de viande fraîche, applaudis par leur public assoiffé de sang !
Sauf, sauf… au Liban, où l’on ne fait jamais rien comme tout le monde. En se coltinant les pires espèces d’agresseurs, nous avons ainsi réussi le tour de force de nous faire cogner dessus à la fois par la seule armée au monde dont les soldats acceptent encore de se battre « à l’ancienne » en pratiquant la terre brûlée, et par les barbus les plus chtarbés du monde qui trouvent du plaisir à aller au casse-pipe, se font rétamer dans les grandes largeurs, et crient victoire à chaque fois encore plus loin des ruines fumantes de leurs villages désertés.
Bref, d’un côté les faux-culs qui ont laissé passer pendant des années la quincaillerie du Hezbollah au nez et à la kippa de leur population, de l’autre les faux-jetons qui se sont gavés des ors de la République en jouant aux grouillots déshérités. Les meilleurs de tout ce joli monde étant Benjamin le Nataniais, Premier ministre à vie qui n’a rien à cirer de la vie des autres ; Istiz Nabeuh, champion toutes catégories des aspirateurs d’emplois publics fictifs ; et le turban numéro un du parti milicien qui continue de mouliner les mêmes âneries, barricadé dans son armoire, seul meuble art-déco de son tunnel perso.
Le culte du néant provoque souvent des vertiges contagieux.
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