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Liban

Malgré les pressions, le Conseil de sécurité renouvelle le mandat de la Finul sans modification

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Dans une lettre rendue publique jeudi et datée du 1er août, Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, appelle le gouvernement à "désarmer tous les groupes armés afin d’être le seul à détenir des armes et à exercer son autorité dans le pays".

30/08/2019

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé pour un an, jeudi soir, sans amendement majeur le mandat de la de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), malgré des pressions américaines pour en réduire les effectifs. Mais en mettant néanmoins en garde contre la résurgence d'un conflit entre le Liban et Israël.

Le vote intervient en période de vive tension à la frontière entre le Liban et Israël, à la suite des attaques de drones israéliens sur la banlieue sud le week-end dernier et des tirs de l'armée libanaise sur des drones survolant le secteur frontalier mercredi soir.

Le projet de résolution, rédigé par la France, a été adopté à l'unanimité. Dans ce texte, le Conseil de sécurité avertit que "les violations de la cessation des hostilités pourraient mener à un nouveau conflit qu'aucune des parties ou la région ne peut se permettre". Il "condamne toutes les violations de la Ligne bleue" qui sépare le Liban et Israël, "aériennes et au sol et appelle fermement toutes les parties à respecter la cessation des hostilités". Dans sa résolution, le Conseil de sécurité exhorte "toutes les parties à ne ménager aucun effort" pour maintenir la paix, "à faire preuve d'un maximum de calme et de retenue et à s'abstenir de toute action ou rhétorique de nature à compromettre la cessation des hostilités ou à déstabiliser la région".

Le texte adopté comporte quelques différences par rapport à celui de la résolution de l'année dernière prolongeant le mandat de la Finul. Ainsi, le texte réclame, à la demande de Washington, que la Finul ait un plein "accès à la Ligne bleue". A ce jour, les Casques bleus n'ont toujours pas obtenu de pouvoir se rendre dans certains endroits situés au nord de la Ligne bleue où des tunnels avaient été découverts et dénoncés en décembre par Israël.

L'ONU appelle en effet "le gouvernement libanais à faciliter l'accès de la Finul (à tous les sites situés au nord de la Ligne bleue, y compris ceux en rapport avec les tunnels découverts en décembre dernier et dont l'édification a été attribuée par Israël au Hezbollah). Cela doit être fait "conformément à la résolution 1701, tout en respectant la souveraineté libanaise". Le texte précédent, adopté en août 2018, se contentait d'appeler "toutes les parties à faciliter l'accès de la Finul" partout, sans s'adresser directement à l'Etat libanais. Au sujet des tunnels, le nouveau texte appelle "les autorités libanaises à conclure rapidement toutes les enquêtes nécessaires sur la question".



(Lire aussi : Les trois raisons qui pourraient retarder la riposte du Hezbollah)



Pressions américaines
Sur l'insistance des Etats-Unis, selon des diplomates, le Conseil de sécurité demande dans sa résolution au secrétaire général de l'ONU d'effectuer avant le 1er juin 2020 "une évaluation" de la mission de la Finul et de ses effectifs. Washington n'a cependant pas réussi à faire baisser d'environ 15.000 depuis le dernier conflit israélo-libanais de 2006 à 9.000, le nombre maximum des Casques bleus autorisés à être déployés.

Mercredi, le New York Times rapportait que le Conseil de sécurité de l'ONU devrait revoir à la baisse les effectifs de la Finul, chargée de contrôler la cessation des hostilités entre le pays du Cèdre et Israël le long de la frontière. Le même jour, une vidéo d’une attaque imputée au Hezbollah contre un convoi de la Finul, datée du 4 août 2018, resurgissait dans les médias américains. Selon l'influent quotidien, "les Etats-Unis et Israël ne croient pas que les Casques bleus s'acquittent au mieux de leur tâche, ils ont donc réclamé moins de soldats, en partie pour réduire les coûts".

De son côté, Fox News, connue pour ses positions pro-Donald Trump, publiait mercredi une "vidéo exclusive" datant du 4 août 2018 dans laquelle apparaît "une patrouille de la Finul attaquée par le Hezbollah, désigné groupe terroriste par les Etats-Unis". "Une source de renseignement a confirmé à Fox News" que le Hezbollah était derrière l'attaque, ajoute la chaîne.

Sur Twitter, la vidéo a été reprise par le ministère israélien des Affaires étrangères, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, les ambassades israéliennes en Allemagne, au Canada ou même en Inde, et d'autres diplomates israéliens. Le tout pour faire pression et démontrer au Conseil de sécurité que la Finul "n'arrive pas à empêcher le Hezbollah de violer le cessez-le-feu de 2006", comme le relève un twitto pro-Israël. 

Avant le vote, M. Danon avait déclaré qu'Israël souhaitait un renforcement du mandat de la Finul. "La force onusienne doit prendre plus de responsabilités et agir conformément à son mandat", a-t-il déclaré, affirmant qu'Israël "tient le gouvernement libanais responsable des activités du Hezbollah sur son territoire".



(Lire aussi : Le Conseil supérieur de défense souligne "le droit des Libanais à se défendre par tous les moyens")



"Désarmer tous les groupes armés"
Dans une lettre rendue publique jeudi et datée du 1er août, Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, avait de son côté adressé une lettre au président du Conseil de sécurité, lui demandant le renouvellement du mandat de la Finul. Il y mentionne une lettre, datée du 7 juillet 2019, que lui a adressée le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil. Ce dernier demandait dans cette missive "que le Conseil de sécurité proroge d’une année supplémentaire le mandat de la Finul, sans y apporter de changement et sans modifier le concept des opérations et les règles d’engagement de la Force".   Dans sa lettre, le secrétaire général de l'ONU affirme qu'il "incombe aux autorités libanaises, dont l’armée libanaise, de veiller à ce que la Force ait les moyens de s’acquitter de son mandat sans entrave". Le diplomate appelle en outre le gouvernement libanais à "exercer une autorité effective sur l’ensemble du territoire libanais, le protéger contre tout acte hostile, veiller à la sûreté et à la sécurité de la population civile et du personnel des Nations unies, et désarmer tous les groupes armés afin d’être le seul à détenir des armes et à exercer son autorité dans le pays".

Il convient de mentionner que ni dans la lettre de M. Guterres ni dans la résolution du Conseil de sécurité il n'est fait mention du Hezbollah. 

La Finul, dont le nombre total de militaires s’élève aujourd'hui à 10.505 dont 551 femmes, avait été établie en 1978 par le Conseil de sécurité pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban. Après la guerre de l’été 2006, opposant Israël au Hezbollah, elle a été chargée par le Conseil de contrôler la cessation des hostilités.

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