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Le gouvernement trouve enfin un accord sur le texte du budget 2019

Liban

Conseil des ministres lundi à Baabda pour annoncer la finalisation du texte.

OLJ
24/05/2019

Le gouvernement libanais est enfin parvenu vendredi en fin d'après-midi à un accord sur l'avant-projet de loi de budget pour l'année en cours, au terme de 19 réunions marathon en trois semaines, et doit tenir une séance finale lundi à partir de 11h30 au palais présidentiel de Baabda pour approuver ce texte.

"Félicitations, nous en avons terminé avec le budget. Nous avons achevé les discussions et approuvé les chiffres, ainsi que toutes les dispositions du budget", a déclaré le ministre de l'Information, Jamal Jarrah. "La date du prochain Conseil des ministres qui se déroulera à Baabda sera fixée ultérieurement afin d'annoncer la finalisation du texte du budget", a-t-il ajouté, indiquant que le Premier ministre Saad Hariri a levé la séance à 16h30 et n'a pas pu s'exprimer à l'issue du Conseil des ministres "en raison d'un rendez-vous important".

"Un accord a été trouvé sur le budget et ses chiffres. Aucune opposition ou réserve sur le texte n'a été formulée aujourd'hui. Tout le monde a donné son accord", a confirmé de son côté le ministre des Finances Ali Hassan Khalil à l'issue du Conseil des ministres. "Saad Hariri a convenu avec le chef de l'Etat que la prochaine séance du Conseil des ministre se déroulera à Baabda", a-t-il ajouté, sans en préciser la date.

Le projet de budget a été l'objet ces derniers jours de dissensions entre le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui a exprimé à plusieurs reprises son insatisfaction par rapport à la dernière version du budget de 2019, et le ministre des Finances, qui a accusé le chef du Courant patriotique libre de de retarder l'adoption du texte.

Dans la soirée, M. Bassil a salué la finalisation du texte de budget. "Nous avons réalisé le premier budget garantissant la régulation financier. Nous avons lancé la trajectoire du contrôle et de la baisse du déficit, et nous la poursuivrons dans les budgets futurs jusqu'à ce que l'Etat puisse financer ses projets grâce à ses recettes", a déclaré le leader du CPL lors d'un iftar à Tripoli, au Liban-nord.

Jeudi, M. Bassil s'était défendu de retarder l'adoption du budget de l'année en cours. Mercredi, une dix-huitième réunion du Conseil des ministres s’était tenue au Grand Sérail et aurait dû être la dernière. Mais les dissensions entre Gebran Bassil et Ali Hassan Khalil ont empêché l'adoption du projet de budget, et une conférence de presse conjointe entre le Premier ministre Saad Hariri et le ministre des Finances a été annulée. M. Hariri avait donc donné 48 heures aux ministres pour examiner l’avant-projet du budget avant la réunion du jour.



(Lire aussi : Le bras de fer entre Bassil et Khalil appelé à se dénouer)



"Vision économique"
"Certains disent que le projet de budget ne comporte pas de vision économique", a déclaré M. Hariri à l'ouverture du Conseil des ministres selon M. Jarrah. "Or, la vision économique du gouvernement, en terme de développement et d'investissements, est présente dans la déclaration ministérielle, dans les recommandations de la conférence CEDRE et le plan de McKinsey".

Par ailleurs, a ajouté M. Hariri selon le ministre de l'Information, "il est faux d'expliquer que le retard dans l'adoption du budget ne coûte rien". "En réalité, nous en payons le prix depuis le retard pris par la formation du gouvernement, ainsi que le retard pris d'emblée par l'adoption du budget", a déclaré le Premier ministre.

Le budget aurait dû en principe être adopté avant son année d’exécution – ou au maximum à la fin du mois de janvier. L’autorisation accordée début mars par le Parlement pour permettre à l’État de se financer selon la règle du douzième provisoire expire, elle, le 31 mai.

Après avoir été approuvé par le gouvernement, le texte, qui prévoit un déficit de 7,5% du PIB, doit être transmis au Parlement.

Cet avant-projet de budget se veut conforme aux recommandations de la conférence de Paris (CEDRE) durant laquelle Beyrouth s'était engagé à baisser de cinq points de pourcentage le ratio déficit public/PIB sur une durée de cinq années consécutives. Le gouvernement avait présenté, à ce moment-là, un budget prévisionnel pour 2018 dont le déficit public ne dépassait pas les 9 % du PIB (alors qu’en réalité, il a fini par atteindre 11,2 % cette même année), ce qui signifie que celui de 2019 devrait baisser à au moins 8 % du PIB. Toutefois, les estimations du ratio déficit public/PIB pour 2019 reposent sur une prévision de croissance de 1,5 % pour la même année, alors que la Banque mondiale table sur une croissance de 0,9 %, et le Fonds monétaire international sur 1,3 %.

Depuis plusieurs jours, les fonctionnaires, les militaires à la retraite et de nombreux groupes et syndicats ont lancé des mouvements de grève et organisé des sit-in. Ils craignent en effet que les mesures d'austérité annoncées dans cet avant-projet ne portent atteinte à leurs avantages salariaux. Dans la journée, les enseignants et des étudiants de l'Université libanaise ont manifesté place Riad el-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, alors que se tenait la réunion du gouvernement, afin de dire non à une réduction du budget de l’université, une mesure démentie par le ministre de l'Education, Akram Chehayeb.

Les auxiliaires de justice libanais, qui observaient une grève ouverte depuis lundi pour protester contre d’éventuelles réductions de leurs salaires, malgré les garanties obtenues sur ce plan par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), ont, eux, décidé de suspendre leur grève "en attendant l'évolution de la situation".



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