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Liban

« Sans paiement de nos dus, la rentrée prochaine est compromise ! »

Associations

Des organisations pour les personnes souffrant de handicap ont observé hier un sit-in à Jounieh pour demander la clôture du budget de 2018 et la finalisation des contrats de 2019.


24/05/2019

Malgré la chaleur écrasante, ils étaient des dizaines, venus de plusieurs institutions pour personnes à besoins spéciaux, à avoir fait hier le déplacement pour plaider la cause de ces organisations qui subsistent partiellement grâce au financement du ministère des Affaires sociales, et dont les paiements sont régulièrement retardés depuis au moins deux ans. Les responsables des associations, mais aussi des élèves et leurs parents, se sont rassemblés en matinée devant le sérail de Jounieh pour exprimer leur inquiétude concernant l’avenir de ces institutions.

Ce sit-in s’inscrit dans un mouvement plus vaste lancé par la Fédération nationale pour les affaires de personnes à handicap (une centaine d’institutions), et qui s’est traduit hier par des sit-in dans plusieurs régions, dont Jounieh. L’idée est d’attirer l’attention sur la précarité de leur situation. L’Institut Père Roberts pour jeunes sourds, « al-Younbouh », Sesobel, Acsauvel et d’autres associations basées au Kesrouan étaient ainsi unis dans un même combat pour leur survie. Ces organisations font en effet face à un grave danger de fermeture, sachant que leurs bénéficiaires n’ont souvent pas d’autre option dans le système éducatif libanais, peu adapté à leurs besoins.

« Je ne veux pas de pitié ni de charité… je revendique simplement mes droits », « Où est la responsabilité sociale de l’État ? » « Je n’accepte plus d’être invisible dorénavant », « Si mon école ferme… où irai-je ? » « N’exploitez pas ceux que vous pensez être faibles » : autant de slogans brandis par les jeunes manifestants, autant de messages qu’ils veulent faire parvenir aux autorités.

« Les contrats avec le ministère des Affaires sociales pour l’année 2019 n’ont pas encore été signés, indique à L’OLJ Hoda Malaab, de l’Institut Père Roberts, drapeau libanais à la main. Sachant que plus de la moitié des dus de l’année 2018 ne nous ont pas encore été versés. Si la situation ne s’améliore pas, la rentrée prochaine est gravement compromise. Sans compter que les calculs des frais de scolarité à couvrir sont toujours effectués suivant les indices de 2011, sans tenir compte de l’inflation. »

Hoda Malaab exprime le refus des associations de voir le budget du ministère des Affaires sociales drastiquement réduit, sachant qu’il ne représente pas plus de 1 % du budget de l’État. Qu’en est-il des associations fictives, invoquées pour justifier les restrictions de paiement ? « S’il existe des associations fictives, ce qui ne fait pas de doute, qu’elles soient fermées une fois pour toutes ! s’insurge-t-elle. Nous sommes actifs depuis plus de 60 ans. Nos élèves sont avec nous aujourd’hui pour témoigner de notre action. Il faut faire la distinction entre les institutions. » Elle fait remarquer que le bilan des associations est en préparation au ministère depuis un an et demi à deux ans, « il est donc temps de faire la part des choses ». « Nous appelons même à la formation d’une commission d’enquête que nous accueillerons avec plaisir dans nos locaux », ajoute-t-elle.


(Lire aussi : Bassil continue de défendre l’option d’une baisse plus drastique du déficit)


« L’austérité ne doit pas s’exercer aux dépens des plus vulnérables »

Les députés Nehmat Frem et Farid el-Khazen ont rejoint les manifestants hier à Jounieh. « Ils ont promis de transmettre le message aux autorités, souligne Hoda Malaab. Une délégation a d’ailleurs remis nos revendications au caïmacam du Kesrouan, Joseph Mansour, qui a lui aussi promis de faire parvenir notre voix aux responsables concernés. »

« L’austérité budgétaire ne doit pas s’exercer aux dépens des plus vulnérables, a plaidé M. Frem. Les dus pour l’année 2018 doivent être remboursés, tout comme il est impératif de signer les contrats pour 2019. Chaque retard réduit encore plus les réserves de ces organisations, et les oblige à économiser sur la nourriture, l’enseignement et les soins médicaux. La situation est catastrophique. »

Pourquoi les associations choisissent-elles de transmettre leur message via des émissaires au ministère des Affaires sociales ? « Ce sit-in était une étape préventive, nous comptons nous adresser directement au ministère si cette situation se prolonge », assure Hoda Malaab.



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