Dans le feuilleton des discussions au sujet du projet de loi sur le budget, deux ministres sont en première ligne. Il s’agit du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil. Dès que le premier annonce la fin des discussions et l’adoption du projet final, le second s’empresse de le contredire et de présenter au gouvernement de nouvelles idées destinées à réduire le déficit et à augmenter les recettes du Trésor.
Indépendamment de l’absence d’atomes crochus entre les deux hommes, le conflit entre eux n’est pas personnel. Il résume en réalité les deux approches totalement différentes au sujet du budget.
Ali Hassan Khalil considère que le facteur temps est primordial, d’abord pour la situation interne, et ensuite pour la crédibilité internationale de l’État libanais face à ses bailleurs de fonds internationaux. Pour lui, l’essentiel est donc d’adopter le projet de budget le plus rapidement possible, tout en donnant des signaux positifs à la communauté internationale, en vue de l’obtention des crédits promis dans le cadre de la conférence de Paris, dite CEDRE. De son côté, M. Bassil estime que l’heure n’est plus aux petits arrangements provisoires et qu’il faut désormais prendre des mesures plus profondes et sérieuses. S’il n’a pas dès le début soumis ses propositions, c’est que le processus logique est d’attendre d’abord le projet préparé par le ministre des Finances. Tout au long des premières séances de discussions, le ministre des Finances promettait à chaque fois des modifications. Ce qu’il a d’ailleurs fait puisqu’il a changé le projet initial à plusieurs reprises, sur la base des débats en Conseil des ministres. Le chef du CPL a donc attendu jusqu’au bout avant de soumettre à son tour ses propositions, élaborées d’ailleurs avec la collaboration de plusieurs collègues du bloc du Liban fort, notamment le ministre de l’Économie, Mansour Bteich. Celles-ci se veulent équitables, c’est-à-dire ne touchant pas aux classes défavorisées, tout en apportant des sommes considérables aux caisses de l’État. M. Bassil a aussi pris soin de ne pas laisser les discussions au cours des séances gouvernementales prendre un tour politique ou personnel, même si, à ses yeux, certaines parties ont tenté et tentent toujours de l’entraîner, lui et son camp, dans des polémiques inutiles. En tant que ministre des Affaires étrangères, il sait aussi que les bailleurs de fonds internationaux attendent du Liban des décisions crédibles.
Toutefois, ce qui paraît étrange dans les discussions budgétaires, c’est que la plupart des composantes politiques du gouvernement se tiennent en retrait, laissant le chef du CPL seul, face au ministre des Finances. Est-ce une façon de dire que la bataille pour le budget ne les concerne pas ou une volonté de laisser le conflit s’aggraver entre Gebran Bassil et Ali Hassan Khalil ?
Les autres composantes du gouvernement ne sont en effet pas en train de participer aux débats de façon marquante. Les Forces libanaises affirment attendre la mouture finale avant de se prononcer, tout en précisant que la situation est trop délicate pour prendre position sans avoir suffisamment étudié le sujet. Le Premier ministre lui aussi se tient en retrait, soucieux de voir le projet de budget adopté le plus rapidement possible, mais ne voulant pas non plus créer un nouveau conflit avec le chef du bloc du Liban fort et son camp. Il préfère donc garder une position neutre, d’arbitre, tout en poussant les différentes parties à ne pas perdre de temps.
Les ministres du PSP adoptent aussi une position dite « de neutralité positive », ne voulant pas être accusés d’entraver l’adoption du projet de loi sur le budget, tout en donnant la priorité à la rapidité car, dans les circonstances actuelles, le budget est indispensable pour lancer enfin les activités du gouvernement dont les Libanais ont besoin. Même le ministre des Marada, Youssef Fenianos, n’est pas en train d’intervenir de façon marquante, en dépit du froid qui règne actuellement dans les relations entre ce courant et Gebran Bassil.
Plus étonnante encore est la position du Hezbollah, qui a fait de la lutte contre la corruption sa priorité sur le plan interne, après la fin des législatives et la formation du gouvernement. Le Hezbollah considère en effet que la corruption est, avec les sanctions économiques qui lui sont imposées, l’arme avec laquelle ses ennemis comptent réduire sa popularité au sein de sa propre communauté et le mettre en difficulté auprès de sa base populaire. Suivant cette logique, il devrait donc appuyer les propositions de M. Bassil qui sont en principe destinées à faire des changements réels dans les dépenses et les méthodes de l’État. Malgré cela, le Hezbollah reste très discret sur la question et évite de prendre clairement position. Des sources proches de la formation précisent que le Hezbollah est pris entre deux feux : d’un côté, il veut ménager son allié le président de la Chambre Nabih Berry à travers l’appui au ministre des Finances, qui a d’ailleurs fait des efforts réels dans le cadre de son projet de budget. De l’autre, il est favorable aux propositions de M. Bassil qui vont plus loin dans la lutte contre le gaspillage et la corruption institutionnalisés. Le Hezbollah se tient donc un peu en retrait et il ne compte intervenir que si le conflit s’envenime. Pour l’instant, il mise sur la détermination de Gebran Bassil qui est convaincu que la gravité de la situation exige des mesures plus sévères et fondamentales et sur la sagesse de Nabih Berry.
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Le gendre en veut encore au ministre des finances pour avoir refusé d’ajouter la TVA sur un contrat signé et qui était. peut être une commission que le parti voulait peut être On en saura rien sauf des rumeurs persistantes Mais c est évident que le courant ne passe pas entre eux Mais de la à se disputer pendant des jours c est honteux
21 h 55, le 24 mai 2019