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L'insulte du président de la CGTL au patriarche Sfeir, "une lance plantée dans le coeur du Christ", souligne Raï

Liban

Une délégation du conseil exécutif de la Confédération générale des travailleurs du Liban assiste à la messe dominicale à Bkerké.

OLJ
19/05/2019

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a dénoncé dimanche "l'odieuse offense" faite au patriarche émérite Nasrallah Sfeir, décédé dimanche dernier, par le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, qui fait l'objet depuis samedi d'un mandat d'arrêt après la fuite d'insultes à la mémoire du cardinal Sfeir enregistrées lors de sa conférence de presse qu'il a tenue vendredi, provoquant depuis un tollé dans le pays.

"Nous avons été profondément peinés, comme tout le monde au Liban et à l'étranger, par l'odieuse offense faite au patriarche Sfeir, à sa dépouille reposant dans sa dernière demeure sur notre Terre et à son esprit qui emplit le ciel de bonheur. M'est alors revenue l'image du soldat romain qui a transpercé avec sa lance le coeur du Christ sur la croix", a déclaré Mgr Raï dans son homélie prononcée lors d'une messe à Bkerké à la mémoire du cardinal Sfeir et de l’ancien vicaire patriarcal maronite, Mgr Roland Abou Jaoudé, décédé le 2 mai dernier.

"Nous prions pour tous les responsables au sein de l'église, de la société et au sein de l'Etat, afin qu'ils prennent conscience des devoirs que leur confèrent leur pouvoir envers Dieu et les gens", a-t-il ajouté. 

"Ils en ont fait un saint", s’était moqué le président de la CGTL, provoquant des éclats de rire à gorge déployée des autres intervenants assis auprès de lui, avant de proférer de mauvaises plaisanteries insultantes sur la propension du patriarche défunt "à effectuer des miracles" désormais. L’Orient-Le Jour refuse de reprendre ces propos infamants. Ce que Béchara Asmar ne savait pas, c’est que ses propos avant la conférence de presse ont été filmés et diffusés sur certains sites web. M. Asmar, qui a d’abord essayé de démentir l’information dans un communiqué avant de se raviser (l’enregistrement vidéo de l’insulte étant devenu viral), et de présenter ses excuses, s’est immédiatement attiré les foudres de plusieurs personnalités et formations politiques hier.

Au sein des milieux politiques et syndicaux de tous bords, les appels à la démission de M. Asmar de ses fonctions et de poursuites en justice contre lui se sont multipliés ces trois derniers jours.

Samedi soir, Bkerké avait réagi aux propos tenus par M. Asmar, lesquels, selon Mgr Raï, "font perdre la capacité d'exercer une responsabilité publique", ajoutant que le chef de la CGTL est obligé de s'excuser auprès de tous les Libanais. "En dépit du fait que les portes du pardon demeurent ouvertes, celles du patriarcat resteront fermées devant lui jusqu'à ce qu'il ait expié son péché", conclut le communiqué du patriarcat maronite.




(Lire aussi : Macron à Aoun : L’esprit et l’héritage de Sfeir continueront d’inspirer le Liban)



Une délégation de la CGTL à Bkerké
Dimanche, une délégation du conseil exécutif de la CGTL, présidée par le chef du Bloc syndical indépendant, Georges Alam, ainsi qu'une délégation de la fédération générale des syndicats des travailleurs du Liban, ont assisté à la messe de Mgr Raï.

La veille, plusieurs fédérations syndicales avaient décidé de suspendre leur participation à la CGTL en réaction aux propos de son président. M. Alam avait annoncé une liste de dix fédérations syndicales qui se sont désolidarisées de la CGTL. Il s'agit de la Fédération libanaise des syndicats ouvriers, la Fédération libanaise des syndicats libres, la Fédération des syndicats indépendants, la Fédération des syndicats solidaires, La Fédération des syndicats unis, la Fédération des techniques modernes, la Fédération du secteur des transports, la Fédération du secteur commercial, la Fédération des syndicats du Mont-Liban Nord, et la fédération des syndicats du secteur des assurances. Tous ces syndicats se sont "mis à la disposition" du patriarche maronite, Béchara el-Raï.

Par ailleurs, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, à la tête d'une délégation de ministres CPL, de députés du bloc parlementaire du "Liban fort" et du parti aouniste, assiste aussi à cette messe et a présenté ensuite ses condoléances à Mgr Raï. "Nous nous tenons aux côtés de Bkerké et son message national pour préserver le message du Liban. Ce message, personne ne peut lui porter atteinte", a déclaré M. Bassil à l'issue de cet entretien. Réagissant à la polémique suscitée par les propos de M. Asmar, le leader du CPL a déclaré : "Cette insulte à Bkerké et aux Libanais est la preuve d'un problème de moralité au Liban. Il est naturel que nous ne reconnaissions plus la présidence du CGTL jusqu'à ce que la situation soit réglée".


Photo Ani


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Le point

Nous sommes tous d’accord que les propos de M. Asmar sont inacceptables.

Tous ceux qui prennent la parole en public savent que pour déjouer le trac, il arrive fréquemment aux orateurs de raconter des conneries avant le début de la conférence.

Il est tout aussi inacceptable, si ce n’est pas plus, que des représentants des anciennes milices et de leurs financiers, s’offusquent publiquement de la gravité de cette moquerie, avec véhémence exagérée, alors que pendant la guerre, certaines milices de tous les bords, ont organisé des tueries de masse, des assassinats, des enlèvements, des rapts, des bombardements de villes habitées, des déportements de population, posé des bombes à retardement, violé la paix civile, terrorisé des personnes non-armées, violé le repos des morts dans les cimetières, posé des voitures piégées, commis des vols à mains armées, contrebandes, cambriolages, destructions des biens et des usines, rançonné les commerces, condamné et liquidé des coreligionnaires sans jugement, menacé, inquiété, etc. et je ne parlerai pas ici de leurs usages des armes blanches pour ne pas dégoûter davantage les lecteurs.

Ça suffit !

Zahar Nicolas

Asmar fait des commentaires perso, comme dans une conversation entre amis ou en famille. Cela ne regarde personne. Ceux qui devraient être poursuivis sont ceux qui diffusent cela sans l autorisation d Asmar. Nous sommes tous en train de nous surveiller les uns, les autres, de nous dénoncer les uns les autres, un monde à la Soviétique, totalitaire... Marxiste somme toute, en tout cas pas très catholique, contrairement au patriarche catholique, qui peut-être aurait été bien davantage peiné par ceux qui diffusent ce genre de conversation privé que par ce pauvre Asmar pour qui tout est sujet à plaisanterie sauf ce qui est en train de lui arriver. Il n à plus qu à prier le "saint patriarche " pour qu'il fasse un "miracle" pour lui

MAKE LEBANON GREAT AGAIN

Techniquement Monseigneur Sfeir n'est pas un Saint tel que le reconnait le Vatican
En general c'est plusieurs annees apres la mort et apres une etude approfondie qu'une personne est nommee Saint

Devant la Justice Libanaise M Asmar pourra toujours dire qu'il a dit une verite et pour cela il devra etre acquitte
Les rires decevants et horribles ne sont pas une raison de poursuite

JE PENSE QU'IL A FAIT UNE BETISE GRANDIOSE VIS A VIS DU PATRIARCHE, QU'IL DOIT PRESENTER DES EXCUSES SINCERES A TOUS LES LIBANAIS ET DEMISSIONNEER DE SA POSITION MAIS DE LA A LE METTRE EN PRISON C'EST UN ACTE ILLEGAL QUELQUE SOIT LES JURISTES QUI ESSAIENT D'EXPLIQUER CERTAINS POINTS DE LA LOI LE PERMETTANT

Le pardon est ce que Monseigneur Sfeir aurait accorde a ce mal eleve indigne d'occupper le poste qu'il a
un point c'est tout

Le point

.....Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.....

Honneur et Patrie

"L'odieuse offense" des partisans de Michel Aoun fin 1980 envers le patriarche Sfeir... n'était pas "un insulte à Bkerké et aux Libanais" ?

salamé riad

Bonsoir Beyrouth
....."heureusement que le ridicule ne tue pas "avec tout le respect que je dois à Mgr Rai .
Qu'est ce que Jésus,Mahomet ou Moise ou bouddha viennent faire ds cette histoire que j'ai qualifiée de" bêtise infinie " dans un post du matin.
Si les propos de Mr Asmar, déplacés certes , sont pénalement condamnables ,(si tant est que ce soit le cas) au Pénal de décider!
cette surenchère verbale prend une forme très regrettable et risque de faire passer au second plan une indignation justifiée
justifiée des propos tenus.
A bon entendeur....

roger abdelnour

Et si le patriarche Sfeir pouvait réagir, il aurait probablement opté pour le Pardon comme il l'a fait tout au long de sa vie.
Celui qui a publié sur le web le contenu nocif de cette insulte, aurait mieux fait de s'abstenir et plutôt addresser ce contenu vers les instances concernées.

Sarkis Serge Tateossian

Bien sur que depuis le premier jour beaucoup se sont aperçu de la "disproportionnalité" des réactions de certains à cette impolitesse et manquement d'homme public crée par Asmar.

Mais qui écoute ....?

Dans les démocraties européennes on nous prendra bientôt pour des "fous fanatiques religieux"

Prendre du recul, apaiser la situation, remettre les choses à leur place ...est la meilleure solution.

Il y a faute OUI !
Mais n'en rajoutons pas par une autre !

Saliba Nouhad

Non mais, personne ne réalise les énormités de ce qui se passe?
Mais à quelle époque vit-on?
Ainsi donc, on va encore un peu lapider Mr Asmar, sortir les méthodes de l’inquisition, des chasses aux sorcières parce que ce Monsieur a osé donner une opinion déplacée sur la définition de sainteté de feu le cardinal Sfeir en plus en privé et qui aurait passé totalement inaperçue n’était-ce des gens malintentionnés qui vont utiliser les médias sociaux à des fins précises...
Non, cela n’excuse pas pour autant l’auteur qui aurait dû être plus discret, étant une figure publique de chef de syndicats supra confessionnels, mais de la à ce que le Patriarche ramène cela à « une lance plantée dans le cœur du Christ », il faudrait que notre clergé ne commence pas à fanatiser les foules avec un language pareil qui frise le blasphème et l’apostasie.
Le Cardinal Sfeir est vénéré surtout pour ses positions politiques nationalistes et de résistance à l’occupant, doublé de son prestige de chef de l’eglise maronite, tout en se rappelant les épisodes des guerres fratricides où il fut insulté et molesté par des groupes bien connus au pouvoir....
Et cela n’a rien à voir avec la dimension de la vie spirituelle de sainteté ou non du Cardinal!
Devrait-on rappeler au Patriache Rai, que même le Christ sur La Croix avait imploré son Père de leur pardonner, car ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient!

M.E

"une lance plantée dans le cœur du Christ": il ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît

Irene Said

A trop vouloir en dire et faire, le résultat en perd malheureusement de sa force et de sa valeur, et cela dans toutes les circonstances de la vie, tristes ou joyeuses !
Irène Saïd

Abichaker Toufic

Cette triste affaire aurait pu être l’occasion rêvée pour que le Patriarcat maronite se démarque des absolutismes ambiants et qu’il mette en avant le pardon et l’amour, piliers du christianisme. Dommage.

Wlek Sanferlou

D'une façon ou d'une autre, nos politiciens, en ayant recours à la justice pour régler le problème d'éthique et de bienséance que sont les propos d'Asmar, nous envoient ndirectement un message de ne pas les critiquer ou se moquer d'eux!

Espérons qu'ils noseront point se comparer à notre patriarche Sfeir, qui, lui, a subit bien pire quand il avait été attaqué à Bkerké, moralement et même physiquement, pour ces mêmes positions dont tout le monde l'honore aujourd'hui!

Batrak Sfeir n'aurait pas eu besoin de la police pour se défendre lui qui s'est tenu face à l'occupant par sa parole et sa ténacité.

Prions pour mr. Asmar pour qu'il apprenne à reconnaître et à respecter ceux qui le méritent.

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