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Positive Lebanese

Paola Kaldany Macaron : Faire face à la lumière

Paola Kaldany Macaron. Photo DR

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Se retrouver dans les ténèbres fait toujours croire que la lumière est impossible, finie, avalée, anéantie. Et pourtant, l’aube n’est jamais loin. Chez nous, mais aussi ailleurs, le mot cancer résonne trop souvent à nos oreilles. Il n’épargne aucune famille, aucune tranche d’âge. Si aujourd’hui on le prononce de plus en plus pour le conjurer, l’abattre et le dépasser, il reste un mot lourd, qui fait peur, souvent encore tabou et travesti. Alors ces femmes et ces hommes autour de nous, tout près, qui se battent avec foi, espoir et énormément de courage, comment faire pour les soutenir, les aider, les relever et surtout les accompagner ?

Le sourire de Paola Kaldany Macaron est une douceur. Il est plein de lumière, mais surtout de cette sérénité qui va bien à ceux qui portent l’empathie en bandoulière. Atteinte d’un cancer du sein à 39 ans, détecté à temps grâce aux examens qu’elle effectuait régulièrement depuis l’âge de 30 ans, elle suit un traitement et se rétablit. Mais le cancer va changer sa perception de la vie à jamais. Impossible de reprendre la vie d’avant comme si rien ne s’était passé. Impossible de ne pas donner plus de sens au quotidien, impossible de ne pas mettre sa leçon d’espoir au service des autres. Petit à petit, la vie la rapproche d’une association formidable qui est un vrai espace d’écoute, d’échange et de solidarité. Fondée en 1994 par le Dr Michel Saadé et un groupe de femmes concernées, Faire Face est la première association ayant lancé une campagne de prévention contre le cancer du sein. Avec des femmes aussi lumineuses qu’Anne Frangié et Nicole Khayat, respectivement présidente et vice-présidente de l’association, Paola Kaldany Macaron se sent prête à consacrer tout son temps aux malades, à leurs familles et au programme de Faire Face. Entre les mammographies gratuites dispensées aux femmes, les participations aux frais des traitements, les campagnes d’éveil, les appels aux dons, l’organisation de conférences et de débats, la charge de travail est titanesque et les trente-cinq membres de l’ONG sont totalement dévoués à la cause. Il leur manque des bénévoles car la mission de l’association est aussi et surtout d’être auprès des malades et de leurs familles. Ne jamais laisser personne seul face à la maladie, face au désarroi, face à l’incompréhension et face à la douleur. Tous les mercredis, Paola Kaldany Macaron se rend à l’hôpital au chevet des hommes et des femmes qui combattent le cancer. Elle les écoute, leur parle, les distrait, les encourage, leur explique, leur prend la main, leur sourit. C’est cela, la dimension humaine de Faire Face, et c’est cela qui fera toute la différence. Auprès des familles également qui accompagnent leur malade et qui ont besoin d’un soutien moral tout aussi important. Et cet échange bienveillant est nécessaire et contribue à sortir le cancer de l’espace étouffant et sinistre dans lequel l’enferment les fausses croyances, les tabous de notre société et les peurs ancestrales.

Paola Kaldany Macaron décrit ces journées d’hôpital comme des puits de lumière, des prises de conscience, des échanges d’amour incroyables. Elle parle de son engagement auprès de Faire Face comme d’une mission extraordinaire, une élévation spirituelle certaine. Et, en filigrane, le désir, le besoin et la volonté d’offrir encore plus. À travers la page Facebook de l’organisation, les diverses expositions d’objets confectionnés par les membres, les gâteaux vendus au profit de l’association, les perruques et produits de maquillage offerts aux malades et tant d’autres gestes précieux, comme une nécessité aussi de dire qu’à travers la solidarité, l’entraide, l’amour et l’empathie, le cancer mais aussi les maux dont souffre la société aujourd’hui peuvent être guéris.

*Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative se tient une Libanaise ou un Libanais courageux, innovant, optimiste et plein d’amour pour son pays.




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La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Se retrouver dans les ténèbres fait toujours croire que la lumière est impossible, finie, avalée, anéantie. Et pourtant, l’aube n’est jamais loin. Chez nous, mais aussi ailleurs, le mot cancer résonne trop souvent à nos oreilles. Il n’épargne aucune famille, aucune tranche d’âge. Si aujourd’hui on le prononce de plus en plus...

commentaires (2)

J'aime bien tes articles Tania, Très instructifs. Mais aujourd'hui il y a une maladie pire que le cancer. L'Alzheimer !!! Il faut en parler ! Et trouver une association pour des réunions entre les parents qui aident ces malades. Ce n'est pas facile, il n'y a aucun traitement, et surtout pas d'espoir de guérison. Tout au contraire une régression.

Hind Faddoul

08 h 47, le 03 avril 2019

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Commentaires (2)

  • J'aime bien tes articles Tania, Très instructifs. Mais aujourd'hui il y a une maladie pire que le cancer. L'Alzheimer !!! Il faut en parler ! Et trouver une association pour des réunions entre les parents qui aident ces malades. Ce n'est pas facile, il n'y a aucun traitement, et surtout pas d'espoir de guérison. Tout au contraire une régression.

    Hind Faddoul

    08 h 47, le 03 avril 2019

  • Bravo Paola. Le Liban n'a besoin que de femmes et de personnes comme toi.

    bergqvist viviane

    08 h 15, le 03 avril 2019