De gauche à droite : les drapeaux du Hezbollah, du Liban et de la Palestine flottent au-dessus du village libanais frontaleir de Kfar-Kila, le 4 décembre 2018. Photo AFP / Mahmoud ZAYYAT
Dans la nuit de lundi à mardi, Israël a lancé l'opération "Bouclier du Nord" pour détruire des tunnels souterrains du Hezbollah en territoire israélien. Cette opération est le dernier épisode en date de la confrontation entre Israël et la formation pro-iranienne, de part et d'autre de la Ligne bleue fixant la frontière libano-israélienne. Cette confrontation s'était, au cours des dernières années, largement déroulée sur le sol de la Syrie voisine, mais le discours israélien a évolué récemment pour dénoncer davantage les activités du Hezbollah et de l'Iran au Liban. Mardi soir, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, commentant l'opération, a affirmé agir "contre les agissements terroristes de l'Iran au Liban".
Au lendemain du lancement de l'opération israélienne, comment la presse libanaise évalue la situation?
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"Un message au Liban, au Hezbollah et à l'Iran"
Monalisa Freiha, du quotidien arabophone an-Nahar, estime que cette opération est "plus un message à l'Iran et au Hezbollah qu'un signe avant-coureur d'une guerre". "Israël cherche depuis des mois une excuse pour mener une opération contre le Hezbollah", affirme la journaliste. "L'opération Bouclier du Nord a été, à un certain degré, une surprise", reconnaît-elle toutefois. "Mais l'opération Bouclier du Nord, malgré son nom pompeux, semble être moins coûteuse qu'une opération (israélienne) en territoire libanais, et évite à Israël une escalade, sachant que cette opération se déroule sur son propre territoire", estime Monalisa Freiha. Pour elle, cette opération "envoie un message au Liban, à l'Iran et au Hezbollah consistant à dire qu'Israël répondra aux menaces posées par le Hezbollah, et derrière lui l'Iran". Mais la journaliste estime que "l'opération ne constitue pas, du moins pour le moment, un signe avant-coureur d'une guerre d'envergure".
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"Encore un faux israélien"
Le quotidien anglophone Daily Star va dans le même sens. Pour son éditorialiste Hanna Anbar, l'opération israélienne est "encore un faux". "La farce la plus flagrante se résume dans les propos de Benjamin Netanyahu qui affirme que ces tunnels sont une violation de la souveraineté israélienne, alors que le régime (israélien) viole à répétition l'espace aérien, maritime et terrestre libanais", écrit-il.
"Il est clair que, comme l'indiquent plusieurs rapports à Tel Aviv, l'opération militaire n'est rien de plus qu'un numéro de communication de la part de M. Netanyahu qui sent l'étau se resserrer autour de lui", affirme l'éditorialiste, en référence à la recommandation de la police israélienne dimanche d'inculper M. Netanyahu dans une troisième affaire de corruption présumée.
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"Pas de guerre !"
Le quotidien arabophone al-Moustaqbal, affilié au Courant du Futur du Premier ministre désigné Saad Hariri, partage le même avis que les deux autres titres. "Pas de guerre", titre son éditorialiste Ali Noun. " "Cette bataille est étouffée et ne mènera pas à une guerre bruyante... et Israël mène cette bataille par nécessité et non par choix", affirme Ali Noun. "Viser les tunnels du Hezbollah s'inscrit dans une suite logique des frappes (israéliennes) contre des convois et des positions du Hezbollah et de l'Iran en Syrie, et ces deux types de frappes répondent à une équation que nul ne veut briser : des batailles dispersées mais pas de guerre totale".
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"Le tunnel iranien"
Tony Issa, du quotidien arabophone al-Joumhouria, dans son éditorial intitulé "Le Liban harcelé par Israël dans le tunnel iranien", pose, lui, la question suivante : "Que veulent les Israéliens à travers cette opération politique et médiatique? S'agit-il uniquement de messages pour exercer une pression politique sur Washington afin d'obtenir son soutien au moment où le bras de fer entre les Etats-Unis et l'Iran se trouve dans une phase critique? Ou est-ce un véritable prélude à une aventure militaire contre le Liban? (...) Pourquoi tout ce silence jusque-là et pourquoi Israël a attendu tout ce temps pour laisser éclater cette crise, pourquoi ce timing?"
Tony Issa affirme enfin qu'"au moment où Israël envoie des messages à l'Iran au Liban et prépare l'obtention d'un soutien international, notamment américain, certains craignent que l'affrontement, s'il a lieu, ne soit plus contrôlé et ouvre les portes de l'enfer dans une région hautement inflammable".
Enfin, le quotidien arabophone al-Akhbar, proche du Hezbollah, s'est contenté d'une couverture factuelle de l'opération israélienne, tout en rapportant les échos de la presse israélienne à ce sujet.
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Les drapeaux quand même un peu du respect pour le drapeau Libanais et ne pas voir les deux autres , quelle honte
17 h 34, le 11 décembre 2018